MACRON : LES ILLUSIONS PERDUES ? - Posez toutes vos questions à Marie-Aline Méliyi et ses invités - 24 Heures en Questions

Politique

POLITIQUE - Ce soir, comme tous les soirs, dans "24 heures en questions", vous avez la possibilité de poser toutes vos questions à Marie-Aline Méliyi et ses invités sur le thème du jour : la chute vertigineuse du président dans l'opinion. Ils vous répondent dès 18h10.

À la fin des fameux 100 premiers jours, Emmanuel Macron apparaît dans une bien plus mauvaise posture qu’au soir de son élection. Le plus jeune président de la Vème République n’a pas dérogé à la règle, plongeant dès le 1er trimestre en dessous de la barre des 50% d'opinion favorable. La campagne d’Emmanuel Macron a capitalisé sur l’espoir d’un renouveau, d’un retour de la bienveillance et de l’optimisme dans une société qui a vision négative de son avenir. Aujourd’hui, le sentiment général est plutôt à la désillusion. Les reculades du président et de son gouvernement laissent de plus en plus planer l’ombre de François Hollande et de ses imprécisions, qui ont largement contribué à son impopularité record. Et en termes de records, Macron n’est pas en reste. Il est en effet le président le plus impopulaire de la cinquième République après 100 jours d’exercice, à 36% d’opinions favorables (sondage YouGov) – exception faite de Jacques Chirac en 1995. Le skipper Macron a une difficulté grandissante à maintenir à flot une galère à l’équipage si inexpérimenté et bigarré. On a vu à l’Assemblée Nationale une série de couacs révélateurs d’une désorganisation peu propice au travail parlementaire. Certains élus LREM seraient même prêts à quitter le navire pour retourner dans le privé, n’ayant pas anticipé la difficulté de la tâche. Certains dénoncent déjà par ailleurs un manque de démocratie et de liberté de parole à l’intérieur du groupe même. Les Français contestent aussi une pratique du pouvoir jugée autoritaire, descendante, verrouillée, loin du renouveau démocratique exposé lors de la campagne. Les élus locaux sont par ailleurs en rogne, notamment à cause de la baisse de 300 millions d’euros de leurs dotations et de la suppression de la taxe d’habitation pour 80% de leurs administrés. Les fonctionnaires sont aussi échaudés, après l’annonce du gel du point d’indice, du rétablissement du jour de carence, et des 100 000 suppressions de postes. Les différentes réformes menées par l’exécutif ont aussi généré du mécontentement : la loi confiance, dont de nombreuses dispositions, comme le casier judiciaire vierge, ont été enterrées, ou encore la loi travail, qui laisse un sentiment d’injustice dans l’esprit de beaucoup de Français. L’opposition semble quant à elle revigorée, avec d’un côté les communistes, la France Insoumise et la Nouvelle Gauche qui font front sur de nombreux dossiers, surtout sociaux, et d’un autre côté Les Républicains, et des élus comme Nicolas Dupont-Aignan, qui dénoncent l’amateurisme voire le côté « godillot » des élus d’En Marche. Enfin, les polémiques, sur des sujets aussi divers que la réduction des APL, la suppression de l’ISF, les démissions des ministres MoDem ou de Richard Ferrant, les affaires Business France, Pénicaud, le SMS de Sibeth N’Diaye… sont autant de boulets aux pieds d’un président qui voulait s’élever au-dessus de la mêlée. À la tête de l’Etat, on s’attend donc à une rentrée musclée… Alors, le président paiera-t-il comme Sarkozy et Hollande les espoirs suscités lors de sa campagne ? Le groupe LREM tiendra-t-il bon face à la critique et à ses propres contradictions ? La grogne des Français peut-elle exploser à la rentrée ?

Pour poser vos questions à Marie-Aline Méliyi et ses invités, rendez-vous sur Facebook ou sur Twitter avec le #24henquestions.

Les invités :

Alexandre DEVECCHIO

Journaliste au Figaro

Thomas GUENOLE

Politologue – Chercheur associé à l’IRIS

                                               

Benjamin MOREL

Docteur en sciences politique – ENS Paris-Saclay

Frank TAPIRO

Expert en communication 

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