Macron, McFly et Carlito et le "regret" de 2017 : Hollande distribue les punchlines sur Twitch

François Hollande et Samuel Etienne

SANS FILTRE - Invité de Samuel Etienne sur sa plateforme Twitch, l'ancien président s'est prêté au jeu des questions réponses avec les fidèles du journaliste pendant plus de deux heures. Tour d'horizon d'un live suivi par plus de 84.000 internautes.

Twitch continue de prouver sa popularité chez les figures politiques. Après Gabriel Attal et Jean-Luc Mélenchon, qui ont popularisé l'outil, l'ancien président de la République a fait son arrivée sur la chaîne de l'animateur et journaliste de France Télévisions Samuel Etienne. Un live de plus de deux heures qui avait été visionné plus de 620.000 fois en quelques heures seulement, avec un pic à 84.000 internautes au plus fort de son audience.

"On est en train de casser internet", a commenté, pas peu fier, le présentateur depuis son domicile, d'où il avait convié François Hollande. Lequel n'a pas boudé son plaisir en répondant à une ribambelle de questions, sur son mandat ou sur l'actualité plus récente. "Je ne savais pas très bien à quoi je m'exposais, mais c'est surtout le côté interactif qui m'a plu", a détaillé l'ancien chef de file socialiste. "Le fait que Samuel Etienne ait réussi à créer une ambiance que je retrouve ici, non pas que les questions soient complaisantes ! J'en vois beaucoup qui portent sur les critiques de mon mandat... et c'est nécessaire !" Il n'est pas le premier homme politique à avoir recours à Twitch, qui réunit à l'origine les amateurs de jeux vidéos.

"Une vie d'engagement"

Bien sûr, le mandat de François Hollande a éveillé les curiosités. Le président a ainsi livré quelques anecdotes sur ses rencontres avec le gotha mondial du temps de son mandat. François Hollande révèle ainsi avoir été marqué par les goûts culinaires de Barack Obama... "Il n'en avait pas et c'était bien le problème ! On essayait de lui présenter dans les meilleurs restaurants ce que la gastronomie française pouvait offrir. Je sentais, quand le fromage arrivait, une sorte d'inquiétude. Il y avait une négociation commerciale ouverte sur les fromages français avec les États-Unis, alors il avait peur d'être photographié avec les fromages français !"

Décontracté, François Hollande s'est laissé aller à quelques confidences sur son enfance : "Je rêvais d'être footballeur, artiste mais pas président ! Mais je m'intéressais déjà beaucoup à la politique, enfant, car mes parents en parlaient à la maison. [...] Je voulais faire de ma vie une vie d'engagement. Ma vocation était de représenter les autres." Ses conseils pour être un "président efficace" ? "Il faut dormir 5-6 heures" au minimum, a-t-il assuré. Difficile de ne pas y voir une perfidie présidentielle à l'attention de son successeur, dont on raconte qu'il dort rarement plus de quatre heures par nuit.

Macron et Sarkozy, McFly et Carlito

Interrogé sur l'actuel président de la République, Emmanuel Macron, François Hollande assure que les deux hommes n'ont pas échangé depuis juin 2020. Emmanuel Macron, qu'il a propulsé au sommet de l'exécutif, "consulte souvent Nicolas Sarkozy, mais moi non", constate-t-il. "C’est sans doute plus facile de consulter son lointain prédécesseur que son ancien employeur", a-t-il estimé. En verve, il poursuit : "Vous faites bien de rappeler [qu'Emmanuel Macron a été mon ministre de l'Économie], il ne s'en souvient peut-être pas".

Le Corrézien suit toutefois de près l'actualité du chef d'État et n'a pas manqué de visionner la vidéo des Youtubeurs McFly et Carlito pour promouvoir les gestes barrières dans le cadre d'un défi lancé par Emmanuel Macron. Je me souviens a fait plus de 10 millions de vues en seulement quelques heures sur YouTube. Pas de quoi émouvoir l'invité : "J'ai compris qu'il valait mieux faire des gestes barrières... y compris par rapport à la chanson".

Le grand regret de la présidentielle 2017

Hors de question, bien entendu, de prendre la parole sans parler de la prochaine élection présidentielle. Un scrutin dont les premiers sondages annoncent qu'il verrait un éventuel second tour entre Emmanuel Macron et Marine Le Pen, beaucoup plus serré qu'en 2017. Sauf à ce que les candidatures de gauche parviennent à s'unir. Ce que François Hollande a du mal à voir venir. "Soyons lucides, non. Il n'y aura pas un candidat unique de la gauche, sauf si les électeurs en décident. Ce n'est pas au parti politique ou au candidat de dire : 'Je vais m'écarter ou me rallier à tel candidat'. [...] Les sondages d'aujourd'hui indiquent que la gauche est dispersée." 

Et alors que les signes d'un renoncement des électeurs de gauche au "barrage républicain" prend consistance, François Hollande appelle les électeurs à se mobiliser dans les urnes pour éviter d'avoir à faire à choisir entre Emmanuel Macron et l'extrême droite. "Si on ne veut pas se retrouver dans ce scénario, faisons en sorte qu'il y ait deux grandes forces républicaines, droite et gauche, qui se retrouvent", s'est-il exclamé. "On a besoin de bons débats démocratiques et bons clivages." Manière de dire que celui introduit entre libéraux et nationalistes qui prévaudrait au second tour de la présidentielle n'est pas le bon. Autant d'évocations qui donnent des regrets à François Hollande, qui livre son plus grand regret : "ne pas s'être représenté" 

à l'occasion de l'élection présidentielle de 2017.

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