Macron sur TF1/LCI : SNCF, retraités, universités... comment le Président a-t-il répondu aux mécontentements ?

RÉPONSES - Cinquante ans après mai 68, ce printemps 2018 est lui aussi très mouvementé sur le plan social. Cheminots, étudiants, retraités : le président de la République a répondu aux mécontents lors de son interview dans le JT de 13H, jeudi 12 avril.

A part quelques discussions en marge de déplacements officiels, Emmanuel Macron ne s'était jamais exprimé sur la protestation sociale qui prend corps dans le pays. Interviewé par Jean-Pierre Pernaut jeudi 12 avril, le président de la République a répondu aux mécontents, que ce soit en raison de la réforme de la SNCF, de la loi sur la sélection à l'université ou de la hausse de la CSG pour les retraités les plus aisés.

SNCF

A part rassurer un retraité qui lui demandait de tenir face aux cheminots, Emmanuel Macron n'avait pas encore pris la parole sur le conflit social qui perturbe la SNCF depuis début avril. Face à Jean-Pierre Pernaut, il a assuré que l'exécutif irait "au bout de [...] cette réforme, elle est indispensable. Il y a une hypocrisie collective à ne pas le faire." Il a répété que les bénéficiaires actuels du statut de cheminot conserveraient leurs avantages, mais que celui-ci serait supprimé pour les personnes nouvellement embauchées. Il a aussi tenu à rassurer syndicats et cheminots sur leur crainte de voir l’entreprise être privatisée : "Ce sera une entreprise publique à capitaux 100% publics. Je le garantis. Ce sera dans la loi : 100% de capitaux d’Etat."


Le président de la République a dit respecter les syndicats et leur action, mais leur a demandé de ne pas avoir de "craintes illégitimes".

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Emmanuel Macron sur les grèves de la SNCF : "Nous devons aller au bout de cette réforme (...) Il n'y aura pas de privatisations"

Hôpitaux

Le personnel hospitalier et les salariés des Ehpad dénoncent régulièrement leurs conditions de travail et le manque de moyens dont ils disposent. Le Président, pris à partie par des soignantes lors d'un déplacement à Rouen la semaine dernière, a ce jeudi pointé du doigt le manque d'adaptation et d'organisation des services actuels pour expliquer les difficultés. "Le système de soins aujourd'hui n’est plus assuré comme hier. Beaucoup plus de gens vont aux urgences comme premier accès aux soins. On va essayer de mieux organiser les choses, avec aussi des maisons de santé pour que tout le monde n'aille pas aux urgences dès qu’il y a quelque chose. […] Il y a des services et des hôpitaux où il n’y a quasiment plus de patients et qui doivent fermer. On doit se réorganiser sur notre territoire".


"On va mettre plus de moyens sur l’hôpital mais ça ne sert à rien de mettre de l’argent sur un système qui n’est plus adapté.

On doit avoir un système de soin et d’urgences où on enlève du stress, où on met plus de moyens et où on permet aux gens de bien faire leur travail." Emmanuel Macron a promis trois choses aux personnels de santé : "Un, on va plus investir dans l’hôpital. Deux, ça veut dire qu’on va réorganiser. Et trois, on va faire plus pour les personnels."

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Emmanuel Macron sur les hôpitaux : "Nous devons réorganiser"

Retraités

Ils sont descendus dans la rue et ne décolèrent pas. Les retraités ne comprennent toujours pas pourquoi le président de la République a choisi d'amputer leur retraite avec la hausse de la CSG (pour les retraités touchant une retraite supérieure à 1200 euros mensuels). Emmanuel Macron a tout de suite souhaité leur dire "merci" pour l'effort accompli et assuré qu'il avait "besoin" d'eux.


Une sollicitation qu'il justifie par le fait que les retraités d'aujourd'hui vivent plus longtemps et que, dans le même temps, le nombre d’actifs en baisse ne permet pas d'assurer le même niveau de cotisation nécessaire à financer leurs retraites. "Donc, j’ai des millions de gens qui ne participent pas à payer votre retraite", a-t-il expliqué.


Il est ensuite revenu sur tout le cheminement de sa réforme : "Je demande un effort aux actifs. Donc, pour cela, j’ai besoin que le travail paye mieux. Et donc, la réforme que j’ai faite c’est qu’on a supprimé 20 milliards de charges que payaient les salariés. Et je l’ai remplacé par, en effet, 1,7 point de CSG en plus. Alors, pour tous ceux qui travaillent, c’est de l’argent en plus. Mais le retraité n’a pas ça puisqu’il ne paye pas les cotisations. Donc je lui demande un effort. Je le sais, je le remercie, j’en ai besoin."

80 km/h

"Notre sang s’est échauffé" sur cette affaire, a commencé le Président, en référence aux grognes d'association de défense des automobilistes. Il a justifié ainsi le souhait du gouvernement de baisser à 80 km/h la limitation de vitesse sur les routes secondaires : "Il y a des petites expérimentations qui ont été faites. A chaque fois, elles ont montré que c’était efficace" pour faire baisser la mortalité sur les routes.


Il a ensuite expliqué quel calendrier il voulait mettre en place : "Au premier juillet, pour deux ans, on va limiter ces routes à 80km/h. […] On le fait pendant deux ans […] Si ça ne marche pas, on ne continuera pas. Si c’est inégal, on dira aux départements : 'Pour vous, c’est contrasté, reprenez la main, décidez.'"

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Limitation à 80km/h : "Si ça ne marche pas, on ne continuera pas"

Notre-Dame-des-Landes

Alors que les gendarmes interviennent depuis le 9 avril pour évacuer la Zad toujours occupée malgré l'abandon du projet d'aéroport, Emmanuel Macron a fermement justifié la position de l'Etat : "Les gens qui aujourd'hui manifestent, sont présents, créent du trouble, ce sont des gens qui occupent illégalement des territoires publics ou privés. Ils n’ont plus aucune raison de le faire, il n’y aura pas d’aéroport. Donc, depuis le début de la semaine nous faisons ce que nos concitoyens attendent de l’Etat : nous rétablissons l’ordre républicain."

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Notre-Dame-des-Landes : "Tout ce qui est évacuable a été évacué", assure Macron

Universités

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Blocage des Universités : "Ce ne sont pas des étudiants mais des agitateurs professionnels"

Là encore, le président de la République s'est montré ferme face à la contestation de la loi ORE, destinée à réformer le mode d'accès à l'université.  "Qu’il y ait du débat, c’est une très bonne chose. Je constate quand même que, dans beaucoup d’universités occupées, ce ne sont pas des étudiants mais ce sont des agitateurs professionnels. Les professionnels du désordre doivent comprendre que nous sommes dans un Etat d’ordre". Puis il a ajouté : "Les étudiants, ils doivent comprendre une chose : s’ils veulent avoir leurs examens en fin d’année, c’est mieux de les réviser parce qu’il n’y aura pas d’examen en chocolat dans la République."

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Fronde sociale : Macron à l'heure des explications

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