VIDÉO - L’interview télévisée du président : une tradition depuis Valéry Giscard d'Estaing

Politique
ENTRETIENS – Emmanuel Macron donnera sa première grande interview télévisée ce dimanche soir sur TF1 et LCI. Un exercice qui vise à expliquer sa politique aux Français et auquel se sont pliés tous les présidents de la République depuis 1974. Retour sur ces grands moments du petit écran.

Depuis son élection, Emmanuel Macron a évité les interviews télé, zappant même celle devenue traditionnelle du 14 juillet. Partisan d'une parole présidentielle "rare", le président n’a accordé que cinq interviews, dont près de la moitié à des médias étrangers. Depuis son élection, il préférait jusqu’alors leur parler directement aux Français sur les réseaux sociaux ou lors de déplacements. Mais parfois cela ne suffit pas.


"Il y a des moments où il doit aussi échanger avec les Français dans des formes plus traditionnelles, et celle d'un 20 heures lui a paru la bonne", a expliqué Christophe Castaner, samedi au micro de RTL. Le président se pliera donc à l’exercice de l’interview télévisée, "un moment de pédagogie nécessaire", pour le porte-parole du gouvernement, mais aussi un rendez-vous devenu au fil des années une véritable tradition.

Valéry Giscard d'Estaing et les entretiens "au coin du feu"

Valéry Giscard d'Estaing est le premier président français à instaurer ce grand rendez-vous, six mois après son élection en 1974. Le présentateur Pierre Sabbagh n'hésite pas, à l'époque, à qualifier cet événment de "première mondiale". 


"Dans les difficultés que nous traversons, je sais que vous avez besoin d’explications et, puisque vous avez besoin d’explications, je viendrai vous les apporter tous les mois et, puisque ce sera l’hiver, je vous les apporterai au coin du feu pour que vous sachiez qui vous conduit et où vous allez", détaille le chef de l'Etat. Le président s'invite dans les foyers des Français, à travers leurs petits écrans. En direct de l'Elysée, ces interviews sont diffusées simultanément sur les trois seules chaines existantes à l'époque. Impossible donc de le rater.

François Mitterrand et les bons mots

François Mitterrand, le président "cablé", poursuit cette dynamique et se plie à l'exercice tout au long de son mandat. Les interviews se font aussi moins convenues. Un simple exemple : en 1985, en plein interview, Yves Mourousi n'hésite pas à couper la parole au président pour diffuser une publicité un peu osée, un moyen pour lui d'aborder le sujet des publicités sur les chaines privées … et de faire rire le chef d'Etat. 

Jacques Chirac, l'abracadabrantesque président

Jacques Chirac devient rapidement un habitué des plateaux de télévision. Pendant les neuf premiers mois de son mandat, il enchaîne six interventions télévisées, rien que ça. Mais à force de multiplier les rendez-vous, il a parfois laissé échapper quelques phrases non maitrisées, devenues des moments d'anthologie audiovisuelle. 


On se souvient notamment de sa punchline lors d'une interview face à Elise Lucet en 2000. Interrogé sur le financement occulte du RPR, il dénonce "une histoire abracadabrantesque". Un an plus tard, face à la même journaliste, il bottera en touche pour évoquer les sommes de ses voyages privées : "Ce n'est pas qu'elles se dégonflent, c'est qu'elles font pschitt" 

Nicolas Sarkozy, le showman

Nicolas Sarkozy aime faire le show et les entretiens télévisés font une parfaite arène. Il se fait plus incisif que ses prédécesseurs et n'hésite pas à s'en prendre à ses intervieweurs. En 2010, alors que Claire Chazal souligne que la Commission européenne a critiqué le gouvernement en raison de son attitude envers les Roms, il réplique sèchement : "Oui ou non, Mme Chazal, la Commission a-t-elle dit que ce qu'a fait la France est légal ? Oui ou non ?" Puis, il insiste : "Je n'ai pas entendu votre réponse". Laissant la journaliste quelque peu interloquée...

C'est aussi durant son mandat que les interviews se modernisent. Le chef d'Etat est notamment invité pour la première fois à répondre directement aux questions des Français et en direct. 

François Hollande face aux Français

Les interviews "face aux Français" se multiplient sous le mandat de François Hollande, mais le président peinera toujours à expliquer sa politique et à la faire accepter.

Avec François Hollande, c'est aussi parfois les intervieweurs qui prennent le dessus. En 2016, Léa Salamé, certainement échaudée par les précédentes expériences, cherche à obtenir de vraies réponses sur la question de la crise des migrants. Quand le président affirme que l'Allemagne et la France appliquent la même politque, elle lui lance : "c'est une plaisanterie?"

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