35 heures, islam, impôt sur la fortune... Valls, la ligne droite

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POLITIQUE - Premier ministre sous François Hollande, Manuel Valls a bousculé les codes du Parti socialiste depuis son arrivée au gouvernement en 2012. Quelle est sa ligne, souvent jugée à droite du PS ? Réponse.

Avec sa ligne sociale-libérale, Manuel Valls a chamboulé le parti socialiste durant ses quatre années passées au pouvoir. Le premier ministre, qui a annoncé sa candidature à la primaire de la gauche ce lundi soir à Evry assume ses opinions - parfois jugées trop à droite -, s'attirant les foudres des membres de son parti avec des phrases-choc. Et pour cause : comme il l’affirmait à L’Obs en 2014, Manuel Valls souhaite casser cette gauche trop à gauche pour lui, qu’il juge "passéiste" et attachée "à un passé révolu et nostalgique" des Trente Glorieuses. 


Favorable à la TVA sociale proposée par Nicolas Sarkozy, hostile aux 35 heures hebdomadaires et à l’Impôt sur la fortune, Manuel Valls s'est démarqué dès la campagne de la  primaire de 2011. Cleui qui fut député-maire d'Evry (54 ans) jusqu'en 2012 a souvent divisé au sein de son camp lors de son entrée au gouvernement en voulant mettre fin à ce qu'il appelle au "politiquement correct"… au point de provoquer le mouvement des frondeurs et la démission d’Arnaud Montebourg, alors ministre de l’Economie, du Redressement productif et du Numérique. Pour certains, Manuel Valls crée du désordre.

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Ce qui singularise davantage Manuel Valls, c'est sa conception de la République. Le Premier ministre défend les arrêtés interdisant le port du burkini sur les plages, fait de l’islam radical son ennemi après les attentats du 13 novembre 2015, a recours à l’article 49-3 de la Constitution pour passer en force la loi Travail puis décrète et prolonge à de nombreuses reprises l’état d’urgence. 

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J'aime l'entreprise"Manuel Valls face au Medef en 2014

En août 2014, le bras droit de François Hollande fait le buzz en déclarant à deux reprises lors de l’université d'été du Medef et devant le patronat "j’aime l’entreprise". En novembre dernier, il annonce le début des travaux pour la construction d’un aéroport à Notre-Dame-des-Landes en Loire-Atlantique, malgré la vague de contestation des opposants au projet. 


Si sa ligne est perçue comme dure, elle fait de lui un homme un peu plus apprécié que le président de la République François Hollande. Du moins au début. En novembre dernier, la cote de popularité de Manuel Valls s’élevait à 30% (sondage BVD-Orange), avec 5% d’opinions en hausse du côté des sympathisants socialistes pour qui il est le candidat favori devant Emmanuel Macron. Alors qu’il se lance dans la course à la primaire, le socialiste adopte aujourd’hui un discours plus modéré en appelant au rassemblement. Une dynamique indispensable pour gouverner.  

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Manuel Valls en route pour l'Élysée : arriveras-t-il à rassembler ?

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