Marceline Loridan-Ivens, déportée à Auschwitz avec Simone Veil : "Je perds une amie très chère, et toute la France quelqu'un d'important"

TÉMOIGNAGE - Marceline Loridan-Ivens a rencontré Simone Veil en 1944 au camp de concentration d'Auschwitz-Birkenau. Toute leur vie, les deux femmes sont restées liées. Ce vendredi, la cinéaste s'est confiée à LCI après la disparition de celle qu'elle considérait comme sa sœur : "Je perds une amie très chère. Et toute la France perd quelqu'un d'important" a-t-elle déclaré.

Marceline Loridan-Ivens a rencontré Simone Veil au camp d’Auschwitz-Birkenau en 1944. Très vite, les deux adolescentes ont sympathisé et se sont serrées les coudes. "Mon amitié avec Simone Veil est née dans un camp de concentration. C’est sûrement pour ça qu’elle a été aussi forte", explique-t-elle à LCI.

A leur libération, les deux femmes se perdent de vue avant de se retrouver par hasard en 1956. Depuis, elles ne se sont plus quittées. "Toute ma vie je l’ai connue et j’ai été proche d’elle", nous confie Marceline Loridan-Ivens, qui était auprès de Simone Veil il y a encore quelques jours.


La cinéaste a toujours été très admirative du parcours de celle qu’elle considère comme sa sœur : "Son combat pour la dépénalisation de l’IVG était nécessaire, fondamental. Il le fallait, trop de femmes en mourraient". "A l’intérieur du Parlement, tous les hommes étaient contre elle, c’était l’horreur. Elle disait que le combat était long, il n'est pas fini", nous livre la réalisatrice de "La petite prairie aux bouleaux", inspiré de sa propre histoire.

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"J'étais très fière d'elle"

Marceline Loridan-Ivens trouve également que Simone Veil "a été une a été une grande présidente du Parlement européen". "J’étais très fière d’elle", ajoute-t-elle.


La réalisatrice estime que Simone Veil a tiré sa force de son passé. "Pour revenir vivante d’un camp, il faut de la force. Elle a tiré sa force, sa compréhension du monde de l’horreur qu’elle a vécu." Pour autant, Marceline Loridan-Ivens assure que la magistrate n’a jamais été fière de son parcours. "Elle n’a jamais été fière de rien du tout, elle était modeste. Les gens importants ont beaucoup d’humilité."

"Aujourd’hui, j’ai beaucoup de chagrin. Je perds une amie très chère. Et toute la France perd quelqu’un d’important. Et la France en est consciente. Ce qui me fait chaud au cœur, c’est qu’on la reconnaisse pour ce qu’elle est, ce qu’elle a été, et ce qu’elle restera", conclut Marceline Loridan-Ivens.

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