Marine Le Pen interdite de séjour en Ukraine après ses déclarations sur la Crimée

Politique

PROMISCUITE - A trop flirter avec la Russie, le Front national et la Russie se font taper sur les doigts. A commencer par l'Ukraine, qui a fait savoir ce mercredi que Marine Le Pen allait être interdite de séjour dans le pays après ses propos sur la légalité de l'annexion de la Crimée par la Russie.

Marine Le Pen est désormais interdite de séjour en Ukraine. C'est ce qu'a fait savoir ce mercredi le ministère ukrainien des Affaires étrangères, qui reproche à la présidente du Front national d'avoir approuvé l'annexion de la Crimée par la Russie. 

La Russie toujours sanctionnée pour l'annexion de la Crimée

"En tenant des propos qui relayent la propagande du Kremlin, la responsable politique française a manqué de respect à la souveraineté et à l'intégrité territoriale de l'Ukraine, et a totalement ignoré les principes fondamentaux du droit international", dit-il dans un communiqué. "A ce propos, nous rappelons que les déclarations et les actes de ce type auront nécessairement des conséquences", ajoute le ministère, anticipant une nouvelle sortie sur le sujet de la patronne du FN.

La candidate d'extrême droite à la présidentielle avait jugé mardi 3 janvier sur les antennes de RMC BFMTV que l'annexion de la Crimée par la Russie en mars 2014 n'était "pas illégale", dans la mesure où elle a été approuvée par référendum. Pour le gouvernement ukrainien et les Nations unies, en revanche, la population de la péninsule rattachée à la Russie avait été consultée illégalement. Pour rappel, cette annexion avait valu à la Russie de lourdes sanctions économiques de la part de l'Union européenne, appuyées par François Hollande et qui viennent d'être prolongées.

Un prêt de 9 millions d'euros à rembourser ?

Ce n'est pas la première fois que le FN se félicite publiquement du rattachement de la Crimée à la Russie. Déjà en mars 2014, Marine Le Pen s'était fendue d'une déclaration à ce sujet. Un soutien qui, selon Mediapart, lui aurait valu en retour un geste financier de la part de l'ami russe, avec l'accord d'un prêt de 9 millions d'euros par la First Czech-Russian Bank. 

Patatras, en 2016, cette banque a fait faillite. Conséquence : l’Agence d’assurance des dépôts bancaires russes (ASV) réclame au parti frontiste le remboursement de ce prêt et a lancé pour cela une procédure judiciaire, comme le rapporte Le Monde.fr.

Une nouvelle qui tombe mal à l’heure où le Front national est en quête de financements pour la présidentielle de 2017. La déclaration sur la Crimée n'est donc peut-être pas si anodine que ça. Marine Le Pen, qui rappelait à l'occasion de son passage chez Jean-Jacques Bourdin avoir besoin de six millions d'euros, a plus que jamais besoin de se refaire bien voir auprès du géant russe.

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