Marine Le Pen présente ses 12 premiers candidats aux Européennes et s'en prend à Macron

Politique

EUROPÉENNES - Marine Le Pen a lancé ce dimanche la campagne du RN pour les élections européennes. Elle a présenté les douze premiers candidats de sa liste, parmi lesquels "un tiers de sortants, un tiers d'entrants et un tiers de ralliés".

Le RN est entré dimanche en campagne pour les élections européennes, en dévoilant une partie de sa liste, dans le but d'en faire un référendum sur la politique d'Emmanuel Macron, empêtré dans la crise  des Gilets jaunes, tout en profitant de l'arrivée au pouvoir d'alliés en Europe.

La présidente du Rassemblement national Marine Le Pen a présenté lors  d'un meeting à Paris dans l'après-midi les douze premiers candidats de sa  liste, parmi lesquels "un tiers de sortants, un tiers d'entrants et un tiers de  ralliés". Elle sera conduite par son fidèle et jeune porte-parole, Jordan Bardella, 23 ans, dont ce sera le baptême du feu. A ses côtés, on retrouve Hélène Laporte, Thierry Mariani, Dominique Bilde, Hervé Juvin, Joelle Mélin, Nicolas Bay, Virginie Joron, Jean Paul Garraud, Catherine Griset, Gilles Lebreton et Christiane Delannay-Clara.

"Le 26 mai 2019, pour les électeurs, l'enjeu sera clair : il s'agira de battre Macron", a lancé à ses troupes la patronne du FN. Ava,t d'estimer que le scrutin sera "l’occasion de prendre Macron sur les deux fronts, en France et en Europe". "Le principal responsable de la situation (des gilets jaunes), c’est lui. Il n’incarne rien d’autre que la confusion, le tâtonnement et le désordre. Peut être demain, le chaos ?", a lancé Marine Le Pen. Pêle mêle, la dirigeante a tancé l'Europe actuelle, estimant par exemple qu'avec son Rassemblement, "l'Aquarius n'accostera pas sur les cotes européennes".

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Mariani en 3e position

Parmi les ralliés à la liste du RN, l'ancien ministre LR de Nicolas Sarkozy, Thierry Mariani, figure ainsi à la quatrième place, emblème du  rassemblement auquel aspire le RN (ex-FN) depuis qu'il a changé de nom en juin,  ainsi que l'ancien député LR de Gironde, Jean-Paul Garraud.  Reste à savoir si M. Mariani, ex-député du Vaucluse qui "regrette" d'avoir  voté pour le traité européen de Lisbonne en 2005, entraînera beaucoup de  militants LR dans son sillage. Son ralliement n'engage "que lui-même", a déclaré jeudi à l'AFP le maire de Villeneuve-Loubet (Alpes-Maritimes), Lionnel  Luca, au nom du courant de LR Droite populaire, cofondé par M. Mariani.

Thierry Mariani, qui prendra brièvement la parole, n'a en tout cas "pas  envie de faire de la figuration" au RN, dont il n'a pas encore pris la carte.  Il participera, ainsi que Jordan Bardella, au premier meeting en province de  Marine Le Pen samedi 19 janvier, à Le Thor, dans le Vaucluse.

Le RN a aussi désigné à la deuxième place, selon L'Opinion, une  nouvelle venue, Hélène Laporte, conseillère régionale de Nouvelle Aquitaine et  analyste bancaire, membre du bureau national (direction élargie).

Un représentant de la société civile, l'essayiste Hervé Juvin, partisan  d'une écologie civilisationnelle, occupera la 5e place. Parmi les sortants, l'eurodéputé et co-président du groupe du RN au  Parlement européen, Nicolas Bay, ne prendra que la 7e place. Parité oblige,  l'eurodéputée et mère du député Bruno Bilde, Dominique Bilde, aurait la 4e et  Joëlle Mélin la 6e.

En vidéo

L'interview de Thierry Mariani sur LCI

Un groupe qui a fondu depuis 2017

Le groupe des 24 élus RN à Strasbourg a fondu à 15, notamment après l'échec  de la présidentielle, qui a provoqué le départ de l'ancien numéro 2 Florian  Philippot, et d'autres élus partis chez Debout la France.    Sortir au moins en tête en France et former une coalition de partis  souverainistes pour "reconstruire une Union européenne différente", tels sont  les objectifs du RN, a rappelé M. Bardella, menaçant de quitter l'euro "si on  n'y arrive pas". "Nous avons toutes les raisons de faire mieux qu'en 2014", quand le RN  était arrivé victorieux avec 25% des voix et 24 élus, assure Philippe Olivier,  conseiller de Marine Le Pen.

 "Nos adversaires chez LR et au PS ne sont plus très fringants, l'UE n'est  pas glorieuse avec une chancelière allemande chancelante et un président  français pas en forme", soutient-il.

Des scores gonflés grâce au Gilets jaunes ?

Crédité jusqu'à 24% des intentions de vote, devant La République en Marche,  "le RN a un boulevard devant lui", avance le sociologue Sylvain Crépon, pour  qui le parti national-populiste est "aidé" par les "gilets jaunes" et "les  difficultés du gouvernement, de LR et de LFI". Aucun représentant des "gilets jaunes" ne sera pourtant sur la liste. "Nous sommes tous gilets jaunes", explique Marine Le Pen qui a gardé ses distances  à l'égard d'un mouvement défiant la représentation politique.

 Sa prudence semble avoir payé. Son parti ne cesse de progresser dans les  sondages et est devenu celui qui "incarne le mieux l'opposition" au chef de  l'Etat, devant La France Insoumise, selon l'Ifop.

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