Marine Le Pen retire son tweet : "Je ne savais pas que c'était James Foley"

Marine Le Pen retire son tweet : "Je ne savais pas que c'était James Foley"

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BARBARIE - Au lendemain des trois photos atroces de victimes de Daech diffusées par Marine Le Pen sur son compte Twitter, les parents de James Foley, montré décapité sur l'une d'entre elles, ont demandé leur retrait. Jeudi matin, la présidente du FN a supprimé le tweet en question, ce qui ne l'exonère pas de potentielles poursuites judiciaires.

Si Marine Le Pen devait s'attendre à indigner le monde politique et de la twittosphère après la diffusion des sanglantes photos de victimes de Daech, cette réaction-là aura de quoi la surprendre. Les parents de James Foley, journaliste exécuté par décapitation en août 2014 en Syrie, ont en effet eu vent des tweets rageurs de la présidente du FN suite à ce qu'elle pensait être une comparaison du journaliste Jean-Jacques Bourdin entre son parti et l'organisation terroriste.

Les parents demandent le retrait des photos

Comme le relaie le journaliste spécialiste du djihad Nicolas Hénin (ancien otage de Daech), les parents Foley ont rédigé un communiqué où ils font part de leur affliction devant l'usage qui a été fait de la photo de leur fils. "Nous sommes très perturbés par l'usage sans autorisation de cette photo de Jim aux fins politiques de Le Pen et espérons qu'elle, comme les deux autres, seront immédiatement retirées."

Comme pour mieux se distancer et éviter toute récupération politique, John et Diane Foley continuent : "Les actions de Le Pen vont à l'encontre de tout ce pour quoi Jim et la fondation James W. Foley se battent." Jeudi matin, la patronne du FN a fini par supprimer le tweet en question. A l'AFP, elle a déclaré : "Je ne savais pas que c'était une photo de James Foley. Elle est accessible par tous sur Google. J'apprends ce matin que sa famille me demande de la retirer. Bien évidemment, je l'ai aussitôt retirée." Les deux autres photos sont, elles, toujours accessibles.

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Le droit à la dignité bafoué

En revanche, si Twitter a alerté sur la sensibilité des photos contenus dans les tweets de l'élue d'extrême droite, les autres micro-messages n'ont toujours pas été retirés de son compte. Mercredi, elle a même enfoncé le clou, comme le raconte Le Lab . Idem sur celui du député FN Gilbert Collard. Il n'y a pas eu davantage de réaction des deux responsables politiques à l'indignation des parents Foley.

C'est pourtant de là que pourraient venir les ennuis judiciaires de Marine Le Pen et Gilbert Collard. Si la diffusion d'images violentes est rarement puni dans le droit français, rappelle France Inter, l'entorse au droit à la dignité en est une. En d'autres termes, si le signalement du ministre Bernard Cazeneuve auprès de la justice a peu de chances d'aboutir, celui des parents Foley pourrait, en cas de suite, en avoir un peu plus. Quel que soit le nombre de tweets avec le hashtag #soutienMLP qui ont fleuri sur Twitter, mercredi.

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