Marine Le Pen : "S'il est prouvé que la chloroquine est efficace, il s'agira d'un scandale sanitaire majeur"

Marine Le Pen : "S'il est prouvé que la chloroquine est efficace, il s'agira d'un scandale sanitaire majeur"

INTERVIEW - Invitée politique mercredi 24 juin, Marine Le Pen, présidente du Rassemblement national, est notamment revenue sur l'audition du professeur Raoult à l’Assemblée, sur la crise économique, sur la dégradation de statues et l'affaire Fillon.

Alors que le professeur Didier Raoult, promoteur de l’hydroxychloroquine pour lutter contre le coronavirus, est interrogé ce mercredi par la commission d’enquête de l’Assemblée sur le Covid-19, Marine Le Pen soutient qu'il doit être entendu par les députés. A travers lui, se pose "la vraie question de la crise sanitaire", à savoir "si oui ou non l'hydroxychloroquine pouvait éviter l'aggravation d'un nombre important de cas" lorsqu'elle est "prise au début des symptômes" : "L'OMS nous a dit dès le début de la crise qu'il fallait tester, isoler, traiter". Or, constate-t-elle, "nous avons renvoyé des dizaines de milliers de personnes sans traitement chez eux avec du paracétamol." Ainsi, "s'il est prouvé que la chloroquine est efficace et que le gouvernement a fait en sorte de ne pas l'utiliser voire de l'interdire, nous avons là les éléments d'un véritable scandale sanitaire majeur".

Qui dit crise sanitaire, dit son corollaire, la crise économique, sur laquelle Marine Le Pen est longuement revenue, jugeant la situation "grave" : "Il va y avoir des milliers de chômeurs" souligne-t-elle. Et quelles solutions pour l'atténuer ? "Il faut tout mettre sur les TPE-PME, de manière massive" affirme-t-elle. "Il y a eu des aides, mais elles étaient très limitées (...) Les mesures d'aides immédiates ne suffisent pas : il faut revoir notre conception, le modèle. La mondialisation est une donnée, la souveraineté est notre volonté". 

Marine Le Pen propose pour les salariés de ces entreprises qui peuvent faire faillite "qu'on maintienne le chômage tel qu'il existe aujourd'hui" et, par extension, insiste sur la nécessité de "renoncer définitivement" à la réforme. Et d'ajouter sur Amazon : "Commençons par arrêter cette concurrence déloyale et après tout, que les vendeurs - aussi de la grande distribution - soient considérés comme responsables des produits qu'ils vendent, pourquoi pas !?".

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Elle dénonce une justice instrumentalisée par le pouvoir

Parmi les autres sujets abordés avec Marine Le Pen, l'épineuse affaire Fillon. Les avocats de l'ancien candidat LR à la présidentielle demandent un report du jugement, qui devait être attendu lundi, le temps de faire la lumière sur les éventuelles pressions qu'affirme avoir subi l'ex-cheffe du PNF : "Le vrai sujet c'est de savoir 'Est-ce que dans notre pays la justice est instrumentalisée par le pouvoir ?' La réponse est 'Oui'. J'ai subi exactement la même chose". Elle en profite pour dénoncer "des méthodes indignes d'une démocratie moderne" qui viennent "accessoirement" de François Hollande, "peut-être" du ministre de la Justice de l'époque, Jean-Jacques Urvoas. Elle demande en tous cas une enquête sur la façon dont les procureurs ont travaillé sur son dossier "et tous les autres", évoquant par ailleurs "l'affaire des tweets de Daesh" pour laquelle elle a été incriminée.

Enfin, Marine Le Pen, qui "croit être élue" lors des prochaines élections présidentielles en 2022, ne pouvait rester insensible aux convulsions socio-politiques qui agitent le monde, y compris en France. Alors que la statue de Colbert devant l'Assemblée nationale a été taguée, la présidente du Rassemblement national affirme qu'"il n'est pas question de revisiter notre Histoire" en vandalisant ou en déboulonnant des statues : "Si on fait ça, on va déboulonner tout le monde, le général de Gaulle en premier". Et face l'action d'Extinction Rebellion, dont des militants se sont enchaînés aux grilles du ministère de l’Intérieur pour appeler à une "société apaisée", elle a par ailleurs souligné un "énorme problème d'autorité" : "Il n'y a plus d'État, l'État est effondré, sur les plans sanitaire et de l'économie, où c'est le laisser-faire qui devient la règle". 

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