Justice : convoquée pour une expertise psychiatrique, Marine Le Pen refuse de s'y rendre

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JUSTICE - Mise en examen pour avoir relayé des images violentes de l'Etat islamique sur son compte Twitter fin 2015, Marine Le Pen s'est indignée jeudi que la justice réclame désormais son expertise psychiatrique. Elle a annoncé qu'elle refuserait de s'y rendre. Contacté par LCI, le porte-parole du RN Sébastien Chenu dénonce "une dérive totalitaire". La justice se fonde pourtant sur un article du code de procédure pénale visant le délit pour lequel elle est poursuivie.

Marine Le Pen a rendez-vous chez le psy. La présidente du Rassemblement national a annoncé jeudi, sur son compte Twitter, avoir reçu une convocation en vue d'une expertise psychiatrique, dans le cadre de l'instruction de l'affaire des tweets relayant des images violentes de l'Etat islamique fin 2015. Dans cette affaire, Marine Le Pen a été mise en examen en mars dernier pour "diffusion d'images violentes". 


"C'est proprement hallucinant. Ce régime commence à faire peur", a dénoncé l'intéressée sur son compte Twitter, publiant l'ordonnance d'expertise psychiatrique du tribunal de grande instance de Nanterre. "Je croyais avoir eu droit à tout : eh bien non ! Pour avoir dénoncé les horreurs de Daech par tweets, la 'justice' me soumet à une expertise psychiatrique !"

Plus tard, sur LCI, Marine Le Pen a indiqué qu'elle refusait de ce rendre à cette convocation. La présidente du RN aurait a priori le droit de ne pas s'y soumettre. 

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Marine Le Pen peut-elle refuser l'expertise psychiatrique ?

Evaluer son aptitude à comprendre les questions

Selon le document publié par Marine Le Pen, il est notamment demandé à l'experte d'évaluer la capacité de la présidente du RN à "comprendre les propos et répondre aux questions", à "dire si l'examen révèle des anomalies mentales ou psychiques", ou encore de dire "si l'infraction reprochée au sujet est en relation avec des éléments factuels ou biographiques de l'intéressée". L'expertise doit en outre préciser "si l'intéressée présente un état dangereux au sens psychiatrique ou criminologique". 


Depuis le début de la procédure, les soutiens de Marine Le Pen dénoncent un procès à visée politique. "C'est une mesure vexatoire et politique qu'aucun code de procédure ne rend obligatoire", a assuré le porte-parole du RN Sébastien Chenu, sollicité par LCI. "Il y a une volonté de criminaliser des opposants politiques. C'est une dérive totalitaire. Aujourd'hui c'est Marine Le Pen, demain ce sera Jean-Luc Mélenchon, puis des journalistes... Ce juge va au-delà de l'usage. Il agit en suppôt du système qui cherche à faire taire les opposants."


Dans la foulée de Marine Le Pen, la plupart des responsables du RN ont réagi en dénonçant des méthodes "soviétiques". La présidente du RN a reçu le soutien du ministre italien de l'Intérieur populiste Matteo Salvini. "Je n'ai pas de mots !" a lancé ce dernier, affichant sa "solidarité avec elle et ceux qui aiment la liberté". 

Dans un message publié sur Twitter, le député Insoumis Jean-Luc Mélenchon s'est également élevé contre l'ordonnance du juge. "Désaccord total avec la psychiatrisation de la décision politique", a-t-il lancé. "Madame Le Pen est politiquement responsable de ses actes politiques. Tous les moyens ne sont ni bons ni acceptables pour la combattre."

Procédure pénale

Dans son ordonnance, le juge se fonde toutefois sur l'article 706-47-1 du code de procédure pénale. Ce dernier stipule, comme l'ont rappelé plusieurs juristes jeudi matin, que les personnes poursuivies pour certaines infractions, "doivent être soumises, avant tout jugement au fond, à une expertise médicale. 


Parmi les infractions concernées figure précisément le délit de "diffusion de message violent ou pornographique susceptible d'être vu ou perçu par un mineur". 

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