Marlène Schiappa sur l'avis du Conseil d'éthique : "L'ouverture de la PMA à toutes les femmes est d'abord une question de lutte sociale"

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PMA POUR TOUTES - Invitée de LCI, Marlène Schiappa, secrétaire d'Etat chargée de l'égalité femmes-hommes, s'est dite "très heureuse et satisfaite" de l'avis favorable du CCNE sur la PMA rendu mardi. Elle estime qu'il s'agit d'abord d'une "question de lutte sociale" et de "sécurité sanitaire".

"Je suis très satisfaite et très heureuse de cet avis." Invitée de 24h en questions sur LCI mardi soir, la secrétaire d'Etat chargée de l'égalité femmes-hommes s'est enthousiasmée de l'avis rendu par le Comité consultatif national d'éthique (CCNE) un peu plus tôt, favorable à la PMA pour toutes les femmes. "C'est un engagement de campagne du président de la République et un combat que l'on a porté dans le débat public pendant la campagne présidentielle", a-t-elle assuré.


Cette pratique, qui désigne l'ensemble des techniques médicales consistant à aboutir à une fécondation, est aujourd'hui réservée en France aux seuls couples hétérosexuels dont l'infertilité est médicalement constatée. Pour justifier sa décision, le CCNE a estimé que "l'ouverture de la PMA à des personnes sans stérilité pathologique peut se concevoir pour pallier une souffrance induite par une infécondité résultant d’orientations personnelles". 

Aujourd'hui, des femmes ont recours à des techniques plus ou moins artisanales pour faire leur propre PMA, parfois au péril de leur vieMarlène Schiappa

Pour la secrétaire d'Etat, "l'ouverture de la PMA à toutes les femmes n’est pas seulement une question de PMA ou de lutte contre l’homophobie, c'est d'abord une question de lutte sociale". Et de s'expliquer : "Aujourd'hui, les femmes qui en ont les moyens peuvent avoir accès à la PMA à l'étranger, mais celles qui n’ont pas les moyens en sont exclues, non pas pour des questions juridiques mais pour des questions de moyens financiers. Donc je pense que c’est une mesure de justice sociale de permettre que toutes les femmes, quels que soient leurs moyens, puissent avoir accès en France à la PMA."


Mais ce n'est pas le seul enjeu. Pour Marlène Schiappa, c'est également une question de "sécurité sanitaire des femmes". "Ce qu’on constate avec la PMA aujourd'hui, c’est que, comme en son temps avant que l’avortement ne soit légalisé, des femmes ont recours à des techniques plus ou moins artisanales pour faire leur propre PMA, assure Marlène Schiappa. Parfois au péril de leur vie et parfois de la vie de l’enfant qu’elles vont porter".

Vers une résurrection de La manif pour tous ?

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L'invitée de 24h en questions du 27 juin 2017 : Marlène Schiappa, secrétaire d'état chargée de l'égalité hommes/femmes

Interrogée sur la possible résurrection des mouvements d'opposition au mariage pour tous et à la PMA, tels que La manif pour tous, Marlène Schiappa se veut rassurante : "L’idée est de faire en sorte qu’il y ait le moins de descentes dans la rue possible, voire pas de descente dans la rue". Comment ? En étant "pédagogique sur le sujet" et en "expliquant clairement ce qu'est la PMA". "Il faut aussi parler des risques qu’encourent certaines femmes qui, de toute façon, auront recours à la PMA d’une manière ou d’une autre."


Autre élément important : la rapidité. La secrétaire d'Etat souhaite que le passage de la loi se fasse "dans un véhicule législatif qui soit le plus efficace possible et qui permette d’avoir un débat le plus court possible". "L’idée n’est pas de recrisper la société avec des débats comme ceux qu'on a pu connaitre au moment du mariage pour tous, qui ont été peut-être longs, durs et crispants pour la société". Sur le calendrier exact, elle assure qu'il n'a pas encore été décidé si la PMA passerait "dans le cadre de la révision de bioéthique en 2018 ou via une loi à part".

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