Mélenchon : "Une nouvelle mobilisation le 8 février" contre la hausse de la TVA

Mélenchon : "Une nouvelle mobilisation le 8 février" contre la hausse de la TVA

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INTERVIEW - A la veille de la conférence de presse de François Hollande, le co-président du Parti de gauche Jean-Luc Mélenchon revient pour metronews sur les révélations d'une relation entre le président de la République, François Hollande, et l'actrice Julie Gayet. L'occasion aussi, pour lui, de définir ses enjeux pour 2014.

Après les révélations de Closer sur la relation de François Hollande et l'actrice Julie Gayet, vous avez regretté sur LCI que François Hollande ne soit pas davantage "habité" par sa fonction de président... Qu'est-ce que cela signifie ?

Je suis comme la majorité des Français : je suis très attaché au respect de la vie privée des gens. Mais on voit bien dans cette affaire qu'il y a un impact public. Je ne dirai rien de plus que ce que j'ai déjà dit. C'est-à-dire qu'il faut savoir hiérarchiser ses priorités dans la vie, même si cela est douloureux, pour ses sentiments, ses passions. Il me semble que l'on se doit, en toute circonstance, quand on accepte une tâche, d'en assumer les devoirs. Surtout quand on est président de la République.

A propos de cette histoire, vous avez pourtant ironisé sur votre blog ("Au moins, on sait pourquoi il a toujours l'air ravi"), avant de retirer cette petite phrase. Pourquoi ?

Tout simplement car j'avais écrit que je n'interviendrais pas sur le sujet. Et rien que cette petite phrase, c'était en parler. Je me suis dit que l'on n'allait retenir que cela, et que cela n'en valait pas la peine.

Hollande ne devrait donc pas, selon vous, clarifier la situation mardi lors de sa conférence de presse  ?
Non, je pense que tout est clair.

Qu'attendez-vous donc de lui mardi ?

Qu’il assume ce qu’il est au lieu d’usurper le drapeau de la gauche : il mène une politique économique de droite libérale. Il est l'homme qui fait passer la retraite a 66 ans, qui fait adopter l'accord national interprofessionnel sur la sécurisation de l'emploi et qui a refusé l'amnistie sociale... Et aujourd’hui, il augmente la TVA et va ponctionner dans les poches du peuple pour payer le cadeau de 20 milliards d'euros au Medef. En assumant son identité, il permettra au peuple de comprendre et de choisir en connaissance de cause.

Et vous, qu'attendez-vous pour 2014 ?

Pour moi l'enjeu en 2014, c'est l'émergence d'une vraie opposition de gauche qui ne se limitera pas au Front de gauche. Chez les Verts comme au PS, il y a des opposants ! J'appelle tout le monde à être capable de construire une alternative. On ne peut pas se contenter d’exprimer du mécontentement sans jamais rien construire. Sur la TVA, par exemple, un collectif s'est constitué. On a déjà fait une première marche que je considère comme un succès, et nous appelons à une nouvelle mobilisation le 8 février (avec le Collectif contre la hausse de la TVA, ndlr). Il faut mobiliser pour de bon maintenant.

Le Parti communiste va-t-il faire partie de cette "grande opposition" ?

Il est au pied du mur. Une partie de ses membres choisit de faire alliance avec les socialistes aux municipales dans les grandes villes, quand l'autre moitié choisit de diriger des listes au premier tour avec le Front de gauche. Donc c'est au PC de se poser la question : veut-il faire partie de cette large opposition de gauche? Il faut qu’il choisisse.

Interrogé sur ces désaccords, Pierre Laurent a dit regretter que vous ne lui parliez pas beaucoup...

Il ne s'agit pas d'une querelle personnelle ni d'une bataille d'ego entre lui et moi. Mais il y a un désaccord de fond qui ne pourra pas se régler : nous avons construit le Front de gauche pour être une alternative au PS, et que fait Pierre Laurent ? Il fait le choix d'allier le Parti communiste avec les socialistes à Paris. C'est le contraire de notre stratégie. Il faut que le PC assume ses choix sans nous impliquer dans ses volte-face. Sur ce sujet, il n'y a pas de compromis possible pour moi.

Etes-vous toujours partant pour entrer au gouvernement ?

Non. Je suis prêt à le diriger, c'est différent. Si je voulais faire une carrière personnelle, je passe un coup de téléphone et demain, je suis ministre. Au gouvernement, ils seraient ravis de se débarrasser d'un opposant. Mais pour moi, c'est non. Diriger une autre politique, en revanche, c'est oui.

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