Menaces contre Charlie Hebdo : Edouard Philippe veut des poursuites contre les auteurs de menaces de mort en ligne

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PRISE DE PAROLE - Lors des questions d'actualité au gouvernement à l'Assemblée nationale ce mardi, Edouard Philippe a souhaité que des poursuites soient mises en oeuvre pour sanctionner les auteurs des menaces de mort en ligne, alors que Charlie Hebdo en a fait l'objet suite à sa Une sur Tariq Ramadan.

Au lendemain de l'ouverture d'une enquête préliminaire du parquet de Paris après les menaces de mort consécutives à la une de Charlie Hebdo sur l'islamologue Tariq Ramadan, contre lesquelles le journal avait porté plainte, Edouard Philippe est également monté au créneau. Lors des questions d'actualité au gouvernement à l'Assemblée nationale ce mardi, le Premier ministre a exprimé sa volonté de voir les auteurs des menaces de mort sanctionnés, y compris quand celles-ci sont écrites en ligne.

Prison ferme et lourde amende

"Twitter n’est pas en dehors de la République, monsieur le Président. Et cet anonymat souvent dérisoire, et souvent abject, derrière lequel se cachent un certain nombre d’individus pour proférer des menaces, ne peut jamais être un obstacle", a déclaré le chef du gouvernement en réponse à une question de Richard Ferrand, chef de file du groupe LREM à l'Assemblée. Et d'ajouter : "Je souhaite, monsieur le Président que, dès lors qu’une menace de cette gravité, est proférée quel que soit le média sur lequel elle est proférée, des poursuites puissent être diligentées afin que des sanctions puissent être prononcées."


A noter que ces faits, qui sont synonymes de harcèlement en ligne, sont déjà punis par la loi de 2 ans de prison et de 30.000 euros d'amende si l'auteur est majeur, d'un an de prison et 7500 euros si l'auteur est mineur. Mais comme le démontre notre documentaire "Cyber harcelées : chronique d'une impunité 2.0", ces peines ne sont pas forcément appliquées. Dans le cas spécifique des menaces reçues par Charlie Hebdo, ces faits sont punissables d'une peine de cinq ans d'emprisonnement et de 75.000 euros d'amende.

En vidéo

Cyber harcelées : chroniques de l'impunité 2.0

On ne peut pas mettre en cause la liberté de penser, de s’exprimer et même de caricaturer.Edouard Philippe à l'Assemblée nationale.

"On ne peut pas dans notre pays, impunément mettre en cause la liberté de penser, de s’exprimer et même de caricaturer" a-t-il conclu, applaudi par l'ensemble de l'hémicycle. Pour rappel, dans la une de Charlie Hebdo, le théologien Tariq Ramadan était représenté dans une posture suggestive, déclarant : "Je suis le 6ème pilier de l'islam". Après les accusations de viol et d'agressions sexuelles le visant, Ramadan a été mis en congé par l'université d'Oxford, où il enseigne, a annoncé mardi l'établissement.


Ces dernières années, les menaces de mort se sont accumulées à l'encontre du journal satirique. La dernière plainte déposée par ce dernier remontait au 11 août 2016, après avoir reçu des menaces de mort sur sa page Facebook, quelques jours après la publication d'une Une visant une nouvelle fois la communauté musulmane, avec le slogan suivant : "Musulmans. Dé-coin-cez-vous !"

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