Metronews vous raconte les coulisses de la Conférence de presse de Hollande

Metronews vous raconte les coulisses de la Conférence de presse de Hollande

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REPORTAGE - Nous étions parmi les 600 journalistes accrédités mardi pour la conférence de presse de François Hollande. Et le moins que l'on puisse dire, c'est que fébrilité et excitation étaient bien au rendez-vous.

Dans le faste de cette salle des fêtes de l'Elysée régnait, ce mardi, une inhabituelle ambiance d'avant-match. D'ordinaire, lors de la désormais traditionnelle conférence de presse semestrielle de François Hollande, les journalistes venus parfois des quatre coins du pays (ou du monde) se retrouvent et bavardent dans un brouhaha confus et bon enfant. Sauf que cette fois, fébrilité et excitation étaient bien palpables. Pour preuve, ces centaines de chaises, prises d'assaut plus d'une heure avant le coup d'envoi de la conférence. Ou encore ces chiffres : 600 journalistes accrédités, dont 200 venus de 46 pays étrangers. Inédit.

Ce rendez-vous avec le Président de la République ne s'annonçait en effet pas comme les autres : quatre jours plus tôt, le mandat de François Hollande s'est vu éclaboussé par un scandale privé, après les révélations du magazine Closer sur sa relation supposée avec l'actrice française Julie Gayet. Aussitôt baptisée "Gayetgate", l'affaire était sur toutes les lèvres. Presque assez pour éclipser les dossiers chauds, du fameux pacte de responsabilité aux entreprises au chômage. L’exercice, pour François Hollande, s'annonçait plus difficile que jamais. Et pour les journalistes, naturellement, exaltant.

Le précieux micro

Mais "qui va poser la question au président ?" Comme avant un match face à un adversaire inconnu, chacun a préparé sa stratégie. D'autres, plus résignés, se sont contentés de pronostics : "ce sera un média étranger qui va déminer le sujet, trop sensible ici", entendait-on beaucoup. Sauf que les habitués le savaient bien : rien n'est laissé au hasard à l'Elysée. Et le passage du précieux micro lors de la séance des questions n'échappe pas à la règle. 

Comme le voulait le protocole, c'est en effet au président de l’Association de la presse présidentielle à qui il revient de briser la glace. La question : "Valérie Trierweiler est-elle toujours la première dame" ? vient secouer la foule. Qui se fait vite doucher par la réponse du président, impassible, qui évacuera ensuite tour à tour les six relances qui se succèderont sur le sujet. En substance : ceci est du domaine de la vie privée. Fermez le ban.

A chaque question, des centaines de mains se lèvent. Avoir le micro est une vraie bataille, dont les clés sont un secret bien gardé. Interrogé sur ce secret plus tôt dans la journée par metronews, l'Elysée a d'ailleurs botté en touche - "pas de commentaire". Du coup, la frustration est d'autant plus palpable dans l'assemblée des journalistes. Au point que l'un d'entre eux lâche bruyamment, en plein de milieu de la séance aux questions : "tout est planifié dans l'ombre, comment font ceux qui veulent s'exprimer ?". Il sera aussitôt réduit au silence. Au suivant. 

Au bout de près de trois heures, la conférence reprend ses airs habituels. Un "tantinet longuet", résume une jeune journaliste belge reléguée au fond de la salle, et ce malgré quelques blagues tentées par François Hollande, plus à l'aise que prévu. A côté de moi, une journaliste japonaise a vite cessé de prendre des notes, visiblement déçue par le contenu de la conférence. Le clap de fin approche, François Hollande nous remercie pour notre "présence", notre "patience" et dit comprendre notre "frustration de n'avoir pu poser toutes les questions". Sans blague. 

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