"Ce n'est pas aux élèves de choisir les programmes", assène François Bayrou

"Ce n'est pas aux élèves de choisir les programmes", assène François Bayrou

INTERVIEW POLITIQUE - Invité politique lundi 19 octobre, François Bayrou, haut-commissaire au Plan, a réagi au meurtre de Samuel Paty, professeur enseignant dans les Yvelines et commente l'action du gouvernement, décidé à mener des "actions concrètes, à court et moyen terme" lors du Conseil de défense dimanche soir.

Face à l'horreur, montrer l'unité de la Nation. Plusieurs associations et syndicats se sont rassemblés partout en France dimanche 18 octobre afin de rendre hommage au professeur de Conflans-Sainte-Honorine décapité vendredi après avoir montré des caricatures de Mahomet à ses élèves. 

Invité politique de LCI ce lundi, François Bayrou, Haut-commissaire au plan, "ne doute pas" que le gouvernement "va agir vite" faisant référence au Conseil de défense ayant eu lieu ce dimanche soir : le sentiment évoqué par les Français qui veulent des actes "s'est traduit hier par des dizaines de milliers de personnes présentes dans des manifestations spontanées, dans des appels à une présence, à une minute de silence pour manifester l'horreur insupportable ressentie, assure-t-il. C'est devenu pour les Français un moment d'horreur intime", voyant à travers ces rassemblements "une manière de dire 'on se tient tous debout ensemble' et à quel point l'événement était bouleversant".

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"Ce n'est pas aux élèves de choisir les programmes"

Au-delà de l'émotion, quel enseignement tirer de cette barbarie ? Paie-t-on pas la culture du "pas de vagues" ce sentiment qu'ont les professeurs d'être abandonnés, lâchés par leur hiérarchie au sein du monde enseignant ? Pour François Bayrou, "Oui, en partie, assure-t-il. Personne ne peut dire le contraire. Quand vous êtes ministre à la tête d'une administration importante, vous préférez toujours qu'il n'y ait pas de vague, parce que vous n'avez pas les réponses qu'il faudrait (...) Il y a des dérives et elles doivent être combattues et faire en sorte qu'elles ne se reproduisent plus (...) Ce n'est pas aux élèves de choisir les programmes, ce n'est pas aux parents d'élèves de faire pression sur les enseignants. C'est l'Education nationale qui choisit les programmes et impose les règles."

Sur la situation, le Haut-commissaire au plan, ne croit pas du tout que ce soit "irrémédiable" : "Je ne crois pas du tout que l'on ne puisse rien faire, lance-t-il. Je ne crois pas du tout que l'on doive se servir de cela pour les fins électorales que vous imaginez" en faisant référence à Marine Le Pen, cette dernière ayant répondu "Ils sont déjà là, jusque dans nos écoles !" à un tweet d'Emmanuel Macron disant "Ils ne passeront pas". "Ces groupes sont heureusement ultra-minoritaires et ce n'est pas irrémédiable" insiste François Bayrou.

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"On peut faire durcir les règles mais encore faut-il les faire appliquer"

Parmi les neuf personnes en garde à vue dans l’enquête sur la mort de l’enseignant décapité à Conflans-Sainte-Honorine, figure Abdelhakim Sefrioui, considéré comme une figure de l’islam radical, fiché S et bien connu des services de l’antiterrorisme français. Lui qui, depuis des années, appelle aussi à des actions violentes contre "l’islam de France". Son cas soulève des interrogations. Comment un fiché S peut-il rester aussi longtemps sur le sol français ? "Il y a des règles précises et il faut les faire respecter" assène François Bayrou. 

Mais faut-il les faire évoluer ? "On peut les faire durcir mais encore faut-il les faire appliquer, constate François Bayrou. Je trouve heureux que le gouvernement vienne de décider un certain nombre d'expulsions (plus de 200) et vienne de s'attaquer aux réseaux identifiés. Le discours que le président Emmanuel Macron a fait contre les séparatismes pour la défense de nos principes est une première dans l'histoire de la république, c'est la première fois qu'un responsable dit 'voilà ce que nous n'accepterons plus'. Heureusement que ce discours a été tenu et décidé de le mettre en valeur" dit-il, déplorant par ailleurs que face à cet extrémisme, "les musulmans sont des victimes collatérales de l'horreur que nous avons vécue".

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