Meurtre de Mireille Knoll : les deux suspects mis en examen, l'émotion" d'Emmanuel Macron

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ANTISÉMITISME - Le président de la République a exprimé son émotion concernant le meurtre de Mireille Knoll à Paris, qui suscite de nouveau une forte émotion de la communauté juive un an après celui de Sarah Halimi. Le parquet de Paris a retenu le caractère antisémite avant de mettre en examen les deux suspects.

L'enquête sur la mort de Mireille Knoll s'accélère. Quatre jours après la mort de cette femme 85 ans, dont le corps lardé de coups de couteau et en partie brûlé a été retrouvé dans son appartement incendié à Paris, les deux principaux suspects ont été mis en examen et placés en détention provisoire pour "homicide volontaire à raison de l'appartenance vraie ou supposée de la victime à une religion", ainsi que pour "vol aggravé"  et "dégradation du bien d'autrui par un moyen dangereux", selon nos informations. 

La veille, le parquet de Paris avait ouvert une information judiciaire pour "assassinat à raison de l'appartenance vraie ou supposée de la victime à une religion et sur personne vulnérable".

Un crime épouvantableEmmanuel Macron

"Un crime épouvantable". C'est en ces termes qu'Emmanuel Macron a qualifié lundi soir l'agression ayant entraîné la mort de Mireille Knoll, une octogénaire de confession juive ayant ait échappé à la rafle du Vel d’hiv en 1942. Un crime au caractère antisémite, a annoncé le parquet de Paris.


"Je réaffirme ma détermination absolue à lutter contre l’antisémitisme", a ajouté le chef de l'Etat dans une première réaction à ce drame ayant suscité de nombreuses réactions ces dernières heures. "Toute la lumière doit être faite sur ce crime odieux", a twitté le porte-parole du gouvernement, Benjamin Griveaux. En visite à Jérusalem, le ministre français des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian a fait part de son "émotion". Le ministre de l'Intérieur Gérard Collomb a également fait part dans un communiqué de "sa profonde tristesse et de son indignation", en dénonçant un "acte de barbarie". "S’attaquer à un juif, c’est s’attaquer à la France et aux valeurs qui constituent le fondement même de la Nation", a-t-il ajouté.

Une information judiciaire ouverte

Au-delà de la présidence, ce meurtre a suscité des réactions émues au sein de la communauté juive française, déjà mobilisée ces derniers mois après le meurtre de Sarah Halimi, une juive orthodoxe de 65 ans tuée à Paris par son voisin en avril 2017. La juge d'instruction en charge de cette enquête avait mis près d'un an à en retenir le caractère antisémite.


Le corps de Mireille Knoll avait été retrouvé en partie carbonisé vendredi peu avant 19h00 dans son appartement du XIe arrondissement où elle vivait seule. Les policiers se sont rapidement orientés vers la piste criminelle, après la découverte de plusieurs départs de feu dans l'appartement, puis de traces de coups de couteau sur son corps. Né en 1932 à Paris, Mireille Knoll avait échappé dix ans plus tard de justesse à la rafle des Juifs du Vel d'Hiv' de juillet 1942 en s'enfuyant de Paris avec sa mère. Le mobile, lui, reste pour l'heure inconnu. "Nous sommes vraiment tous sous le choc. Je ne comprends pas comment on peut tuer une femme qui n'a pas d'argent, et vit dans un HLM", a ajouté le fils de la victime. 

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