Migrants en Méditerranée : Castaner rejoint Salvini en estimant que les ONG "ont pu se faire complices" des passeurs

Politique
MÊME COMBAT - Le ministre de l'Intérieur a estimé que par le travail de secours fait par "certaines ONG" en Méditerranée, ces dernières "ont pu se faire complices" des passeurs. Des propos qui rejoignent ceux de son homologue Italien Matteo Salvini, mais aussi d'Emmanuel Macron.

Les ONG qui portent secours aux migrants en Méditerranée "ont pu se faire complices" des passeurs, a estimé vendredi 5 avril le ministre de l'Intérieur, Christophe Castaner. Le ministre s'exprimait lors de la conférence de presse finale des ministres de  l'Intérieur du G7 à Paris. 


Tout en assurant que "les ONG jouent un rôle essentiel pour apporter de l'aide aux migrants", le patron de Beauvau a dénoncé "une réelle collusion" ayant pu se produire avec les passeurs dans certains cas. "On a observé que certaines ONG étaient en contact téléphonique avec des passeurs", a-t-il notamment relevé, jugeant que "les ONG dans ce cas-là ont pu se faire complices des passeurs".

La "grande satisfaction" de Salvini

Ces déclarations rejoignent directement celles déjà faites par son homologue italien, Matteo Salvini, qui avait dénoncé la veille devant la presse, le rôle des ONG en Méditerranée et avait affirmé avoir reçu le soutien de ses collègues français, allemand et britannique et de l'ensemble du G7 sur sa position. "A ma grande satisfaction, je ne suis pas le seul à avoir des doutes sur les ONG en Méditerranée. Ce n'est pas une position léghiste (de son parti, La Ligue, ndlr) ou souverainiste", avait-il ajouté.


Christophe Castaner se défend de tout "soutien" à Matteo Salvini : "Ne cherchez pas à interpréter le fait que je vous rappelle cela comme un soutien ou un lien particulier qui existe avec Matteo Salvini." Selon lui "ces faits remontent à 2017", et argue que c'est "la majorité précédente en Italie qui avait établi que dans certaines circonstances et dans certains cas, certains bateaux d'ONG avaient des liens particuliers avec des réseaux de passeurs". Une référence à l'affaire du navire "Juventa", appartenant à l'ONG allemande "Jugend Rettet", dont un témoin présent à bord, policier sous couverture, avait relaté au "Corriere della Sera" son abordage par des canots pneumatiques transportant des migrants.

Colère des ONG

Ces propos ne sont pas tout à fait nouveau dans le clan du président de la République. Emmanuel Macron lui-même avait tenu des propos semblables en juin 2018, après que le "Lifeline" le navire d'une organisation humanitaire allemande, a secouru plus de 230 migrants en Méditerranée. "A la fin, on fait le jeu des passeurs en réduisant le coût du passage pour les passeurs. C'est d'un cynisme terrible", avait-il déclaré, alors qu'il s'était refusé à accueillir les migrants de l'Aquarius et s'était renvoyé des responsabilités avec Matteo Salvini sur le sujet.


Des propos qui n'avaient pas manqué de susciter la colère des organisations œuvrant au secours des migrants. Dans une tribune à Libération l'ONG Médecins Sans Frontières (MSF) avait notamment qualifié les propos d' "absurdes et inacceptables". MSF rappelait que "les ONG n’agissent en mer que sur instruction du centre de coordination des secours maritimes italien" et que "les opérations non-gouvernementales ne secourent qu’une minorité de celles et ceux qui sont sauvés en mer, la plupart l’étant par les garde-côtes italiens et des navires marchands."

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