Modulation des allocations familiales : ''C'est une réforme de gauche''

Politique

INTERVIEW - Jeudi soir, alors que le budget de la Sécurité sociale débute au Parlement, Marisol Touraine a annoncé la mise en place, à compter de l'année prochaine, de la modulation des allocations familiales. ''Une mesure de justice sociale'', se justifie la ministre de la Santé, interrogée par metronews.

Vous avez fait le choix de moduler les allocations familiales. Le gouvernement a-t-il plié face à sa majorité à l'Assemblée nationale ?
Non, c'est en lien avec la majorité parlementaire que nous engageons une réforme de justice sociale qui tient compte de la diversité des familles et de la réalité sociale. La modulation des allocations familiales préserve les familles moyennes et modestes. Concrètement, entre 6.000 et 8.000 euros nets par foyer, avec deux enfants, les allocations familiales seront divisées par deux. Au-delà de 8.000 euros, elles seront divisées par quatre. Ces revenus seront majorés de 500 euros par enfant supplémentaire. La mesure entrera en vigueur le 1er juillet 2015 - le temps que les caisses d'allocations familiales adaptent leurs outils de gestion - et, en année pleine, elle rapportera 800 millions d'euros à la branche famille de la Sécurité sociale.

EN SAVOIR+ >> Les allocations familiales seront bien modulées

Suffisant, donc, pour abandonner d'autres pistes d'économies comme la division par trois de la prime de naissance pour le second enfant.
Exactement. La prime de naissance restera inchangée, tout comme le complément de mode de garde. Nous ne relèverons pas non plus l'âge de majoration des allocations familiales, qui reste fixé à 14 ans.

"L'immobilisme n'est pas un gage d'avenir"

A droite, mais aussi à gauche, on vous accuse de porter atteinte au principe d'universalité des allocations familiales.
Mais il n'y a pas d'atteinte au principe d'universalité ! Chaque famille continuera de percevoir les allocations familiales. Elle sera seulement diminuée pour les 12% de familles les plus aisées du pays. C'est tout de même une étrange conception de la justice sociale que de considérer que les familles les plus aisées doivent toucher les mêmes sommes que les plus modestes. J'ajoute que la quasi-totalité des prestations familiales dépend déjà des revenus. Avec cette réforme, les principes fondateurs de notre pacte social sont non seulement respectés, mais ils sont renforcés. L'immobilisme n'est pas un gage d'avenir et il n'est pas la meilleure manière de reconnaître la force et le dynamisme des familles.

Sur les allocations familiales, mais plus généralement depuis 2012, le gouvernement a plusieurs fois donné l'impression d'hésiter sur la politique familiale à mener. Comment l'expliquez-vous ?
La modulation des allocations familiales est une réforme de gauche, que je porte moi-même depuis longtemps. Quant à la politique familiale du gouvernement, sa perspective est claire : elle repose sur des idées simples, tournée vers les parents qui travaillent et qui favorise l'égalité entre les femmes et les hommes, comme la réforme du congé parental, désormais mieux partagé au sein du couple.

D'ici la fin du mandat de François Hollande, d'autres réformes des prestations sociales sont-elles à prévoir ?
Ce n'est pas notre perspective. Nous proposons une réforme profonde qui marque une évolution. Même dans une période contrainte, nous avançons en réformant. C'est le choix du gouvernement de Manuel Valls : de faire de la réforme une manière de surmonter les difficultés que connait notre pays aujourd'hui. 

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