"Monde d'après" : trois questions sur le remaniement que devrait décider Emmanuel Macron

"Monde d'après" : trois questions sur le remaniement que devrait décider Emmanuel Macron
Politique

GOUVERNEMENT - Emmanuel Macron consulte tous azimuts en vue d'un changement de cap consécutif à la crise sanitaire. Le casting de l'exécutif devrait également être revu pour incarner cette évolution.

Qui pour incarner ce "monde d'après" devant naître après la crise sanitaire, économique et sociale ? Emmanuel Macron, en quête d'un "nouveau chemin" pour les deux dernières années du quinquennat, consulte tous azimuts depuis plusieurs semaines afin de dégager les grands axes de la nouvelle politique qu'il devrait annoncer aux Français dans la première quinzaine de juillet. Partenaires sociaux, anciens chefs de l'Etat, responsables politiques et économistes se succèdent à l'Elysée à cette fin. 

Le nouveau cap devrait s'accompagner d'un nouveau casting gouvernemental. Une équipe qui devra se consacrer, dans les mois qui viennent, principalement à la relance d'un pays profondément marqué par l'impact de la crise du coronavirus, et traversé par des tensions sociales profondes depuis la crise des Gilets jaunes

Pourquoi faudrait-il changer de gouvernement ?

Deux raisons pourraient présider à ce changement de casting : l'usure des troupes, et la nécessité d'imprimer ce nouveau cap du quinquennat. Malgré les remaniements partiels qui ont jalonné les trois premières années du quinquennat, dont les plus marquants ont concerné la Transition écologique (départs de Nicolas Hulot puis de François de Rugy) et l'Intérieur (départ de Gérard Collomb), une partie de l'équipe gouvernementale est restée en poste depuis l'élection d'Emmanuel Macron, dont plusieurs ministres au cœur des priorités affichées par le chef de l'Etat (Travail, Economie).

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Dans ce contexte, plusieurs ministères pourraient être amenés à changer de patron. Les noms de Christophe Castaner (Intérieur), très contesté et en froid avec les syndicats de police sur le dossier des violences et du racisme, de Muriel Pénicaud (Travail), de Nicole Belloubet (Justice) ou d'Elisabeth Borne (Transition écologique) sont régulièrement cités, ainsi que celui de Franck Riester (Culture), critiqué pour sa gestion de l'impact économique de la crise sanitaire sur le monde culturel. 

Edouard Philippe peut-il rester ?

Pour l'heure, il semble difficile de mesure l'ampleur du remaniement qui sera annoncé. A commencer par l'éventuel remplacement du chef du gouvernement. Fin juin, le sommet de l'Etat semblait encore loin d'avoir tranché sur le cas d'Edouard Philippe. 

Aux manettes depuis l'élection d'Emmanuel Macron, le Premier ministre peut apparaître essoré par trois années marquées par des réformes au pas de charge au début du quinquennat, une crise sociale majeure (les Gilets jaunes), la très difficile réforme des retraites suivie d'une crise sanitaire et économique inédite. Peut-il poursuivre à ce pour les deux ans qui viennent ? 

Largement réélu à la mairie du Havre, le Premier ministre ne facilite pas la tâche du président. En effet, près de 6 Français sur 10 souhaitent que l'actuel Premier ministre reste au pouvoir et sa popularité, après la crise sanitaire, dépasse de 16 points celle d'Emmanuel Macron.

Quels chantiers pour une nouvelle équipe ?

Le "nouveau chemin" qui doit être annoncé en juillet par Emmanuel Macron sera marqué prioritairement par les politiques de sauvetage et de relance de l'économie et de l'emploi - avec la possible pérennisation des mesures de chômage partiel. Des chantiers pour l'heure incarnés par Bruno Le Maire (Economie), dont la popularité s'est envolée au rythme des plans d'urgence annoncés depuis avril, et Gérald Darmanin (Comptes publics), qui pourrait continuer de cumuler son poste ministériel avec son nouveau mandat de maire de Tourcoing. Des politiques de relance qui devront s'accompagner de délicats arbitrages sur le budget, fortement impacté par la crise, à l'automne prochain. 

Le "Ségur de la santé", qui fait suite aux promesses faites par Emmanuel Macron aux personnels de santé durant l'épidémie de coronavirus, est l'autre grand chantier qui démarre dès cet été et qui mobilisera une partie de l'exécutif, dont le ministre de la Santé Olivier Véran. Alors que les premiers échanges avec les syndicats hospitaliers s'avèrent particulièrement tendus, Emmanuel Macron doit annoncer le déblocages d'importants moyens financiers, mais également une réorganisation du système de soins à la française. 

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Le nouvel exécutif devra également assumer à moyen terme la réforme des retraites, objet d'un mouvement social d'ampleur fin 2019, qui pourrait être "repensée", mais qu'Emmanuel Macron souhaite mener à son terme durant le quinquennat. 

Enfin, alors qu'Emmanuel Macron est en quête de marqueurs pour la fin de son mandat, notamment auprès de la jeunesse, la question de la transition écologique est revenu sur le devant de la scène avec le carton des écologistes dans les grandes villes lors du second tour des municipales. Lundi, dans la foulée de cette vague verte, Emmanuel Macron a reçu les 150 membres de la Convention citoyenne pour le climat, à laquelle il avait promis d'apporter des "réponses fortes" et "à la hauteur des enjeux et des attentes" écologiques des Français. Il a notamment annoncé sa volonté de transmettre au gouvernement ou au Parlement, ou encore de soumettre à référendum "la totalité des propositions" de la Convention citoyenne, "à l'exception de trois d'entre elles". Certaines seront décidées dès la fin juillet, d'autres intégrées au plan de relance, mais la plupart feront l'objet d'un "projet de loi spécifique" en septembre, a précisé le chef de l'État. Un travail à mener par le prochain Premier ministre.

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