Quenelle d'or et gâteau nazi : le conseiller municipal Djamel Boumaaz accusé d'antisémitisme

Politique

POLITIQUE - Le conseiller municipal de Montpellier Djamel Boumaaz, anciennement FN, a été épinglé par une ONG de lutte contre l'antisémitisme pour un post Facebook impliquant un gâteau d'anniversaire... décoré d'une croix nazie. L'élu n'en est pas à sa première polémique.

Gâteau nazi, quenelle d'or et "contre le militantisme LGBT" : le conseiller municipal Djamel Boumaaz n'en est pas à sa première provocation. Anciennement FN, désormais sans étiquette, l'élu siège au conseil municipal de Montpellier et s'amuse sur Twitter des articles mentionnant ses frasques. La dernière en date : une photographie du gâteau d'anniversaire de ses 40 ans décoré d'une croix gammée, publiée sur sa page Facebook. En légende, l'élu explique avoir passé une belle journée entouré de sa famille, puis être allé au restaurant chez "un ami SS", lui ayant offert ce gâteau. "Je l'ai remercié pour ce geste d'amitié..." enchaîne Djamel Boumaaz. 

Des propos épinglés par une ONG de lutte contre l'antisémitime

La capture d'écran du post Facebook, faite par l'ONG de lutte contre l'antisémitisme Simon Wiesenthal, ne montre pas la suite du texte. Impossible de retrouver l'original, publié il y a deux ans, il a depuis été supprimé par Facebook. Interrogé par nos confrères du Parisien, l’élu municipal assure qu'il mentionnait juste après "avoir refusé ce fameux gâteau". Avant d'ajouter "Je ne suis pas facho mais fâché, comme de nombreux Français..." Djamel Boumaaz explique ensuite avoir déjà été convoqué et auditionné au commissariat pour cette affaire, il y a deux ans. "L'affaire a évidemment été classée sans suite", affirme le conseiller.

Dans un communiqué, le centre Simon Wiesenthal a pourtant relancé le débat en s'offusquant de tels propos de la part d'un représentant politique français et en demandant à la Coalition européenne des villes contre le racisme de "condamner Boumaaz et urger le maire de Montpellier de prendre les mesures nécessaires pour que ses fonctions municipales lui soient retirées".

Des "quenelles" mimées en plein conseil municipal

Si l'actualité de Djamel Boumaaz est surveillé par les associations de lutte contre l'antisémitisme, c'est qu'il n'en est pas à sa première polémique sur le sujet. En mars, affublé d'un gilet jaune, il avait effectué plusieurs "quenelles" en plein conseil municipal. Il détient depuis la "Quenelle d'or 2019", remis par l'humoriste Dieudonné en personne, à l'initiative de ce geste très largement connoté. Un titre dont Djamel Boumaaz est très fier, vu le contenu de son compte Twitter : une photo de profil avec la statuette et une vingtaine de post font étalage de sa victoire.

A propos du récent "buzz" sur le gâteau nazi, Djamel Boumaaz estime que cela lui vaut une "nomination au #Baldesquenelles 2020, pour une 2ème #Quenelle d'or". En commentant un autre article sur le même sujet, il écrit : "La grande Classe. Voici l'équation de ma popularité ! #Quenelle + #Quenelledor = #Antisemite". Humour douteux ou pure provocation, il ne précise pas. En 2016, les procureurs de la ville de Montpellier avaient d'ailleurs ouvert une enquête concernant son compte Twitter, pour des publications où il avait écrit "Interdit aux chiens et aux juifs" et où il niait la Shoah.

Dans les colonnes du Parisien en revanche, Djamel Boumaaz se montre plus mesuré. "Je ne suis pas antisémite, encore moins judéophobe", assure-t-il. "Je suis seulement lobbyphobe".

Derrière sa "peur des lobbys", Djamel Boumaaz assume "combattre d'une certaine façon le militantimse LGBT".  Le 18 mai 2016, il avait démâté le drapeau arc-en-ciel LGBT hissé devant l'Hôtel de ville de Montpellier pour la Journée internationale contre l'homophobie. Le conseiller municipal l'avait ensuite "enterré symboliquement", assurant vouloir "alerter l'opinion publique sur le lobby gay et lesbien qui envahit nos institutions". Un acte fermement condamné par le maire de Montpellier Philippe Saurel et pour lequel Djmael Boumaaz avait été condamné par le tribunal correctionnel à six mois de prison avec sursis et à cinq ans d'inéligibilité. Une sanction finalement cassée en appel pour nullité.

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