Moreno a eu "une conversation de femme à homme" avec Darmanin : "s'il m’a menti, j’en tirerai les conséquences"

Moreno a eu "une conversation de femme à homme" avec Darmanin : "s'il m’a menti, j’en tirerai les conséquences"
Politique

GOUVERNEMENT - Dans une interview au Parisien la ministre déléguée à l'égalité femmes-hommes Elisabeth Moreno indique avoir eu une conversation avec le ministre de l'Intérieur, visé par une enquête pour viol. "Ce qu’il m’a dit me porte à le croire. (...) Si jamais il m’a menti, j’en tirerai toutes les conséquences."

Sa parole sur la nomination de Gérald Darmanin au ministère de l'Intérieur alors qu'il est visé par une enquête pour viol, était attendue. Elisabeth Moreno, ministre déléguée à l'égalité femmes-hommes, a évoqué son cas dans une interview au Parisien ce dimanche, sa première depuis son entrée au gouvernement. "Tant que vous n’êtes pas condamné par la justice, vous êtes considéré comme innocent", commence-t-elle, rappelant la présomption d'innocence de son collègue. 

"Je me garderai bien de commenter cette affaire de M. Darmanin parce que ce n’est pas mon rôle et que je n’ai pas tous les éléments. La France est un Etat de droit et nous pouvons lui laisser le bénéfice du doute. S’il est reconnu coupable, là, on en reparlera." 

"Ton sujet va être un boulet pour moi"

"J’ai parlé avec M. Darmanin. J’ai eu une conversation de femme à homme avec lui. Je lui ai dit : ‘Il faut qu’on se parle, là, parce qu’on est dans la même équipe. Ton sujet va être un boulet à porter pour moi, il faut que tu m’expliques ce qui s’est passé.’ Et ce qu’il m’a dit me porte à le croire. Maintenant, je me mets aussi du côté des personnes dont j’ai la responsabilité, les femmes, et si jamais il m’a menti, j’en tirerai toutes les conséquences", déclare la ministre au Parisien.

Interrogée sur le moyen de rassurer les femmes qui voudront porter plainte contre des violences sexuelles et qui pourraient ne plus avoir confiance en la police, elle répond : "C’est un vrai sujet. Si je rencontrais Mme Dati (auteure d'une tribune dénonçant la nomination de Gérald Darmanin, ndlr), je lui dirai : 'Les femmes peuvent porter plainte. Elles seront entendues, on s’occupera d’elles. On ne les laissera pas tomber'. J’ai récemment attrapé notre ami garde des Sceaux, Eric Dupond-Moretti, pour lui dire : 'Je vais être un gros caillou dans ta chaussure. Pas une victime ne doit s’interdire ces démarches, il va falloir suivre'."

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Dans cette interview, Elisabeth Moreno s'engage aussi à faire baisser le nombre de femmes victimes de féminicides en France. "S'il y a une chose que je laisserai de mon passage au gouvernement, ce sera celui-là. Dans 600 jours, on aura réduit le nombre de femmes victimes", promet la ministre qui dit ne pas être "là pour briller". "Ce que je veux c'est que les féminicides passent de 170 actuellement identifiés à 10 par an. Alors, je pourrai mourir tranquille", affirme-t-elle.

Enfin, elle se dit "à fond pour" rallonger le congé paternité de 11 jours à un mois : "Ce serait une vraie révolution. Il faut que l'homme et la femme partagent les mêmes charges à la maison". Enfin à la question "ne craignez-vous pas de servir de caution 'diversité' au gouvernement ?", la ministre, qui décidément ne manie pas la langue de bois (voir le reportage que nous lui avions consacré le jour de sa nomination, cf vidéo ci-dessus) répond : "Est-ce que j'ai une tête de caution?"

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