VIDÉO - "La maison brûle et nous regardons ailleurs" : le jour où Jacques Chirac a pris un virage écologique

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La mort de Jacques Chirac

POLITIQUE - L'ancien président de la République, décédé ce jeudi 26 septembre à l'âge de 86 ans, avait pris conscience des enjeux climatiques au début des années 2000. En particulier durant une conférence de l'ONU, au cours de laquelle il a prononcé un discours resté dans les mémoires.

"La maison brûle et nous regardons ailleurs" : c'était en 2002, à Johannesburg durant une conférence annuelle de l'ONU. Ce jour-là, Jacques Chirac avait poussé un cri d'alarme resté célèbre dans les mémoires. Ce fut aussi l'un des premiers actes de son engagement en faveur de l'écologie, lequel rythmera les dernières années de sa vie.

A l'époque,  devant les dirigeants mondiaux, le président français – décédé ce jeudi matin – se pose pour la première fois en pompier de la terre, multipliant les interventions fortes pour appeler chacun à se mobiliser et à prendre ses responsabilités. Il plaide alors pour une "révolution écologique", demandant aux pays riches de changer leurs modes de production et de consommation, et aux pays pauvres de choisir "la bonne gouvernance et le développement propre".

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"La nature nous parle, mais nous ne l'écoutons pas"

Si ce discours reste un temps fort de sa carrière présidentielle, elle intervient quelques mois après une première prise de position remarquée. Cette fois-ci sur la scène intérieure, lors de son traditionnel discours du 14 juillet 2001. Il pose alors la pierre fondatrice de son engagement : "L'écologie, ce n'est rien d'autre que l'expression de notre solidarité avec ceux qui nous suivent", avait estimé celui qui cite alors Victor Hugo : "la nature nous parle, mais nous ne l'écoutons pas". Devant les Français, le chef de l'Etat tient un discours toujours d'actualité 18 ans plus tard : "Nous sommes à un moment où les coups portés à la nature ne permettent plus à celle-ci de se régénérer, où il y a vraiment aujourd'hui le feu à la maison". Avant d'assurer : "C'est très bien d'avoir un ministre de l'écologie, cela ne représente pas grand-chose, il n'a pas le pouvoir. (…) En réalité, c'est une culture qu'il faut imposer partout, notamment au travers de la fiscalité". 

En 2005, il passe de la parole aux actes en faisant entrer l'environnement dans la Constitution, à égalité avec les Droits de l'Homme et du Citoyen de 1789 et les droits économiques et sociaux de 1946. Il consacre le droit de chacun à "vivre dans un environnement équilibré et respectueux de la santé".

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"Je veux aviver et réveiller les consciences"

Quelques années après son départ de l'Elysée, son engagement prend une nouvelle tournure. Il lance en effet en 2008 sa Fondation, pour lutter contre la pauvreté et en faveur du dialogue des cultures, mais aussi et surtout pour œuvrer pour le développement durable. "Je veux aviver et réveiller les consciences", et "mener en toute liberté les combats qui ont toujours été les miens", déclare alors Jacques Chirac. En 2009, la Fondation va par exemple permettre de certifier des centaines de milliers d'hectares de forêts au Congo, permettant ainsi de préserver les forêts tropicales et de lutter contre le réchauffement climatique. 

Interrogé ce jeudi sur France Inter, Nicolas Hulot a salué la fibre écolo de l'ancien président. L'occasion pour l'ancien ministre de revenir sur le discours de Johannesburg, en 2002 : "Replacé dans le contexte de l'époque, pour un homme dont l'orientation politique n'était pas spontanément tournée vers l'écologie... Je pense qu'il a participé à la prise de conscience commune."

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