Mort de Jacques Chirac : au Père Claude, la tête de veau avait un goût d'hommage

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REPORTAGE - La tête de veau sera pour toujours associée à Jacques Chirac. Ce vendredi midi au Père-Claude, dans le restaurant qui fut sa cantine parisienne, les clients étaient nombreux à se remémorer l'ancien président de la République.

12h30 ce vendredi 27 septembre : la salle du Père Claude, 51 avenue de la Motte-Picquet dans le 15e arrondissement de la capitale, est pleine. "Nous avons dû refuser des clients pour le déjeuner" nous confie Claude Perraudin, le chef et propriétaire de cet établissement qui fut la cantine parisienne de Jacques Chirac. Celle où il avait l’habitude de déguster escargots et tête de veau. 

Au fond de la salle, dans l’angle gauche, l’ancien président de la République avait son rond de serviette, à la table numéro 58. Pour ceux qui en doutaient encore, les photos accrochées au mur, au-dessus de la banquette marron, témoignent de ses nombreux passages et maintiennent encore un peu sa présence dans les lieux. Si cela fait quatre ans qu’il n’est plus venu, Jacques Chirac a dégusté sa dernière tête de veau cuisinée par Claude Perraudin il y a un an. "Je lui en faisais livrer chez lui", nous confie le restaurateur.

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Quelques heures après la mort de l'ancien président de la République jeudi 26 septembre, Jean-Jacques a décroché son téléphone pour réserver une table au Père Claude. "Je voulais voir le restaurant où Jacques Chirac avait ses habitudes et goûter à la tête de veau qu'il avait l'habitude de manger" explique ce testeur de bonnes adresses. "C'est un peu mon hommage à Jacques Chirac. Il était très sympathique et, comme moi, il soutenait nos agriculteurs" continue-t-il. Une quinzaine de minutes après avoir été servi, il nous fait part de son verdict : "La tête de veau était cuisinée à point, très tendre car il y avait beaucoup de joue. Je valide, c’était très bon."

Une tête de veau authentique

Un peu plus loin, la tête de veau fait un carton plein à la tablée de Claude, Jean-Pierre et son petit-fils Alexis. Les deux premiers, habitués des lieux, connaissent par cœur ce plat mais ne s'en lassent pas. "La tête de veau de Claude est excellente, c’est la meilleure de Paris. Elle est faite avec les anciennes méthodes, ce n’est pas une tête de veau revisitée" nous explique Jean-Pierre. "Et Jacques Chirac était un homme du terroir, c’est sûrement pour ça qu’il aimait cette tête de veau."  

Alexis, qui mangeait sa première tête de veau au Père Claude, finit lui aussi le repas conquis. "C’est un plat qui fait partie du terroir,  on y retrouve des choses simples, des pommes de terre et des carottes. Il faut que les jeunes continuent à manger cette cuisine traditionnelle. Aujourd'hui je suis heureux d'avoir partagé cela avec mon grand-père, et d'avoir rendu mon petit hommage à Jacques Chirac." A propos de ce dernier, Claude, qui s'assure que les verres soient toujours remplis de champagne rosé, se souvient : "Il venait souvent déjeuner avec son ami Michel Rocard. Et comme ils étaient un peu sourds tous les deux, ils parlaient fort. Lorsqu’ils partaient, monsieur Chirac venait s’excuser de nous avoir peut-être dérangés."

Mais dans la salle ce midi-là, tous les mangeurs de ce plat  ne sont pas des admirateurs de Jacques Chirac. "J’habitais le quartier avant que Chirac ne vienne y manger de la tête de veau, donc j’en mangeais avant lui. Et ce midi, ce n’est pas du tout pour lui rendre hommage que j’en ai une dans mon assiette " nous prévient cet habitué, plutôt agacé.

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