L'animal politique Jacques Chirac a rendu les armes

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La mort de Jacques Chirac

DISPARITION - L'ancien président de la République Jacques Chirac, mort ce jeudi 26 septembre à l'âge de 86 ans, aura marqué de son empreinte plusieurs décennies de vie politique française.

Il était devenu le président à la retraite préféré des Français. Jacques Chirac est mort aujourd'hui à l'âge de 86 ans. Le dernier souffle d'un combattant au parcours riche en rebondissements.

Du "jeune loup" au "vieux lion"

C'est dès 1965, à peine sorti de l'ENA,  que Jacques Chirac a remporté sa première élection. Dans son fief de Corrèze bien sûr. Deux ans plus tard, le conseiller municipal de Sainte-Féréole était déjà député et ministre. Le début d'une irrésistible ascension : chef du gouvernement sous Valéry Giscard d'Estaing de 1974 à 1976, sous François Mitterrand de 1986 à 1988, trois fois maire de Paris de 1977 à 1995... puis l'accomplissement, son accession à l'Elysée. De Jacques Chaban-Delmas à Edouard Balladur, cet animal politique à la réputation de tueur implacable, mais dont les partisans louaient le caractère chaleureux, aura laissé de nombreux rivaux sur le bord de sa route. Un seul est finalement parvenu à tenir tête au fondateur du RPR : Nicolas Sarkozy.

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Reprise des essais nucléaires, discours du Vel d'Hiv, choc du 21 avril... Que retenir de ses douze ans au sommet de l'exécutif ? Le bilan élyséen de Jacques Chirac, gaulliste pragmatique contraint à cinq années de cohabitation après une malencontreuse dissolution de l'Assemblée en 1997, est mitigé sur le plan économique et social. Certes, des grands chantiers ont été menés, comme la lutte contre l'insécurité routière ou l'insertion des handicapés. Mais sa promesse de résorber "la facture sociale" est loin d'avoir été tenue. Et plusieurs conflits d'ampleur ont émaillé ses deux mandats, des grandes grèves de 1995 aux émeutes de banlieue de 2005. Cette année-là, il devra aussi affronter le referendum raté sur la Constitution européenne. C'est sur la scène internationale que Jacques Chirac, capable de rabrouer les services secrets israéliens le serrant de trop près lors d'une visite à Jérusalem, aura joué son plus beau rôle. Morceau de bravoure de ce défenseur des pays en développement : avoir tenu tête à George Bush en disant "non" à la guerre en Irak. 

En retrait de la vie politique, le "jeune loup" mué en "vieux lion", selon les qualificatifs du documentariste Patrick Rotman, s'était apaisé. Moins de bière et de tête de veau. Plus de sumo et d'Arts premiers. Jacques Chirac se consacrait désormais à sa Fondation en faveur du développement durable et des cultures. Affaibli par des troubles neurologiques, il n'apparaissait plus que rarement en public, ses sorties, comme sa "boutade" lancée à François Hollande en juin 2011 ("Je vais voter pour lui"), continuant d'alimenter la rubrique politique. La rubrique judiciaire aussi. Déclaré coupable dans l'affaire des emplois fictifs de la Ville de Paris en décembre 2011, Jacques Chirac était entré dans l'Histoire comme le premier ancien Président de la République condamné en correctionnelle. Pas de quoi, toutefois, entamer son capital sympathie. 

Ces dernières années, c'est surtout via ses proches que les Français étaient tenus au courant des évolutions de son état de santé, chacune des ses hospitalisations alimentant les rumeurs les plus alarmantes. Victime d'un accident vasculaire cérébral en 2005, Jacques Chirac était depuis "affaibli". Il s'est éteint ce jeudi 26 septembre, à l'âge de 86 ans.

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