Jacques Chirac, un amateur d’art devenu un véritable expert

Politique

JARDIN SECRET - Les Français n'ont découvert que sur le tard la passion de Jacques Chirac pour l’art. Mais les visites de musées ou d'antiquaires étaient pour l’ancien président, décédé ce jeudi à l'âge de 86 ans, un moyen de décompresser. Il était même devenu un expert reconnu des arts d'Asie, d'Océanie et d'Afrique.

Longtemps, il a été raillé pour son inculture supposée et son amour pour les sumos. Jacques Chirac, décédé ce jeudi à l'âge de 86 ans, était en réalité un fin connaisseur d'art, en particulier des cultures d'Asie, d'Océanie et d'Afrique. Dès l'adolescence, selon ses biographes, le futur Président séchait les cours pour pour traîner dans les salles parisiennes du musée Guimet d'arts asiatiques. Pour lui en effet, l’art a toujours été un moyen de s’évader et de décompresser. 

Ce jardin secret de Jacques Chirac, les Français ne l'ont découvert qu'en 2006, avec l’ouverture sous son impulsion du musée parisien du quai Branly, consacré aux arts et civilisations d’Afrique, d’Asie, d’Océanie et des Amériques. Un établissement qui porte officiellement son nom depuis 2016. L’ancien Président défendait toutes les civilisations.  Pour lui, "une civilisation sans écriture, sans structure étatique n’est pas pour autant dépourvue d’imaginaire, de culture, de spiritualité."

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Un véritable expert

Au fil du temps, l'ancien maire de Paris était devenu un véritable spécialiste des arts premiers, reconnu par les experts. L’un d’eux raconte qu’un jour lors d’un voyage en Chine, faute de pouvoir se rendre au musée, le Président avait fait venir à son hôtel, entre minuit et une heure du matin, des antiquaires chinois qui lui avaient présenté quelques œuvres. Jacques Chirac a "plusieurs passions, l'art africain et les arts asiatiques, surtout la Chine et le Japon. Et dans ces trois domaines, c'est un vrai spécialiste", assurait en 2014 auprès de l'AFP Christian Deydier, un de ses proches alors président du Syndicat des Antiquaires. 

Selon lui, l'ex-chef de l'Etat s'arrangeait "toujours pour aller voir un musée" lors des voyages officiels. Il a même été surpris, lors d'ennuyeux sommets internationaux, à feuilleter des catalogues de ventes d'art asiatique. Connaissant ses goûts, son épouse Bernadette et ses proches lui offraient régulièrement pour ses anniversaires un objet d'art premier, comme cet objet rituel des indiens Tlingit de Colombie britannique qu'il avait reçu de ses collaborateurs pour ses 72 ans.

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