Municipales à Marseille : chez les Républicains, l'investiture de Martine Vassal sème la zizanie

Près d'un an après le drame de la rue d'Aubagne, des milliers de personnes ont défilé ce samedi contre le mal-logement. Et dans la foule, des pancartes et des slogans mettent en cause la gestion municipale.
Politique

MUNICIPALES - Les Républicains ont choisi mercredi Martine Vassal pour les élections municipales de 2020, plutôt que son rival Bruno Gilles. Celui-ci a immédiatement fait savoir qu'il continuerait sa campagne...

Les Républicains débutent leur campagne municipale à Marseille sous le signe de la division. Le parti a officiellement décidé mercredi soir d'investir Martine Vassal pour porter ses couleurs en mars prochain, au détriment de son rival Bruno Gilles. "Déçu", celui-ci a décidé de continuer sa campagne, regrettant que "le poids du système" l'ait emporté.

Le soutien de la Commission nationale d'investiture (CNI) à Martine Vassal n'est pas une surprise : la présidente de la métropole Aix-Marseille-Provence et du département des Bouches-du-Rhône était soutenue par quelque 90 élus locaux et donnée devant son rival dans les sondages. Elle avait déjà reçu dans la matinée le soutien du mouvement Libres! de Valérie Pécresse. Mais surtout, la candidate a été adoubée par le maire sortant Jean-Claude Gaudin, resté un quart de siècle aux manettes de la cité phocéenne. 

Lire aussi

Une cité phocéenne que Bruno Gilles aimerait bien diriger lui aussi. Dans un communiqué, l'élu a immédiatement fait part de sa "déception", voire d'"un crève-cœur" après le verdict de la CNI. "Je poursuivrai ma campagne" pour être "ce maire à plein temps que la population réclame", a-t-il ajouté.

"C'est une décision de sagesse qui s'imposait"

La dissidence de Bruno Gilles actée, l'état-major local des Républicains est aussitôt monté au front. "Je ne me résous pas à ce que (Bruno Gilles) porte une candidature dissidente de celle de notre famille politique et (je) l'appelle à me rejoindre pour associer nos forces et nos idées au service des Marseillaises et des Marseillais", a réagi Martine Vassal peu après. 

"C'est une décision de sagesse qui s'imposait", a abondé Jean-Claude Gaudin qui a appelé Bruno Gilles "à respecter la décision de (sa) famille politique". "Je ne doute pas que la raison et la sagesse l'emporteront, une fois passée sa légitime déception". 

Le conflit entre les deux élus n'est pas nouveau. Le président LR Christian Jacob avait d'ailleurs reçu courant novembre les deux prétendants, tous deux membres de la majorité municipale depuis plus de 15 ans, pour tenter de dénouer leur rivalité risquée dans ce bastion de la droite depuis 1995. 

Les négociations butaient sur le partage des investitures de la métropole et de la ville, M. Gilles défendant cette idée de "maire à plein temps" tandis que Mme Vassal refusait de dissocier les deux présidences au nom de l'imbrication des compétences.

Trois autres candidats déclarés

Pour les municipales des 15 et 22 mars, plusieurs candidats font déjà campagne pour succéder à Jean-Claude Gaudin, 80 ans, qui ne se représentera pas après quatre mandats : Sébastien Barles pour EELV, le sénateur RN Stéphane Ravier et le patron de l'UDE Christophe Madrolle. 

Les discussions n'ont pas encore abouti pour une éventuelle candidature commune associant à gauche le PS, LFI et des représentants de collectifs citoyens. Du côté de LREM, aucun candidat n'a encore été désigné mais le député En Marche de Marseille Saïd Ahamada assure qu'il briguera la mairie.

Sur le même sujet

Et aussi

Lire et commenter