Municipales : avant celle de Cédric Villani, ces dissidences qui ont miné des candidatures à Paris

Municipales : avant celle de Cédric Villani, ces dissidences qui ont miné des candidatures à Paris
Politique

RETRO - Cédric Villani a promis, jeudi 23 janvier sur LCI, qu'il irait "jusqu'au bout" dans cette campagne des municipales, face au candidat officiellement investi par LaREM, Benjamin Griveaux. Une situation qui n'est pas sans rappeler des dissidences qui ont profondément divisé la droite lors des précédentes élections dans la capitale.

"J'irai jusqu'au bout." Cette rengaine, à nouveau martelée jeudi 23 janvier sur LCI par Cédric Villani, on l'a entendue bien des fois dans la bouche de candidats dissidents lors des élections municipales à Paris. Si la configuration est totalement nouvelle - un mouvement présidentiel créé il y a à peine quatre ans, sans "barons" établis, majoritaire aux législatives de 2017 dans la capitale, qui tente de conquérir une capitale dirigée par la gauche depuis 19 ans -, la situation dans laquelle se trouve le candidat de la majorité présidentielle, Benjamin Griveaux, en rappelle d'autres. 

Avant le candidat LaREM, menacé par la concurrence du député dissident de l'Essonne, des divisions semblables ont contribué par le passé à affaiblir des candidats officiels, dans le camp de la droite et du centre, depuis 2001. Une situation d'autant plus difficile que la gauche apparaissait à chaque fois unie ou prompte à passer des alliances au-delà des personnalités qui la représentaient. 

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2014 : NKM, une campagne dans l'adversité

L'exemple le plus récent est celui de Nathalie Kosciusko-Morizet, la candidate investie en 2014 par l'ex-UMP pour tenter de détrôner la gauche après deux mandats de Bertrand Delanoë. Si la majorité socialiste d'alors semblait aborder le scrutin dans une situation beaucoup plus confortable que ne l'est celle d'Anne Hidalgo aujourd'hui, ces dissidences avaient considérablement miné la dynamique de campagne souhaitée par l'opposante NKM. 

Pour la candidate soutenue par l'appareil UMP à l'issue d'une primaire, l'enfer s'était dispersé dans une bonne partie des arrondissements, dans la plus pure tradition de division propre à la droite parisienne. A l'instar du dissident Charles Beigbeder, une petite vingtaine de candidatures avaient concurrencé ses listes sur l'ensemble du territoire de la capitale. Si, à l'arrivée, leur faible poids n'avait pas remis en cause la présence de NKM au second tour, ces candidats avaient contribué à dynamiter de l'intérieur un défi déjà bien difficile à relever pour l'ancienne ministre de Nicolas Sarkozy, faisant chuter la tête de liste dans son propre arrondissement, le 14e. 

2008 : Panafieu face aux barons

Plus difficile encore, le scrutin précédent, qui a vu la réélection haut-la-main de Bertrand Delanoë, fut si compliqué à droite qu'il conduisit sa tête de liste officielle, Françoise de Panafieu, à quitter sa mairie du 17e arrondissement, pourtant reconquise. Panafieu, investie à l'issue d'un processus de primaire initié par Nicolas Sarkozy, avait vécu une campagne très solitaire, peu soutenue par une partie des barons de la droite parisienne. 

Là encore, une multiplication des dissidences dans les arrondissements - une dizaine - notamment dans des fiefs traditionnels de la droite comme le 8e arrondissement, le 16e et le 15e, sans compter la concurrence extérieure du Modem fraîchement créé par François Bayrou et conçu comme une arme de guerre contre Nicolas Sarkozy. 

2001 : Tiberi plombe Séguin

L'élection qui a vu la victoire d'une gauche rassemblée derrière Bertrand Delanoë s'est jouée au terme d'une triangulaire marquée par la division la plus lourde de conséquences pour la droite parisienne. Investi par l'ancien RPR, Philippe Séguin avait été confronté à la candidature dissidente du maire sortant et successeur de Jacques Chirac, Jean Tiberi. Ce dernier, lâché à la fin de son mandat par une partie de la droite parisienne, avait pris sa revanche en constituant des listes autonomes dans toute la capitale. Une liste ayant obtenu plus de 10% pouvant se maintenir au second tour, il avait ainsi permis au candidat socialiste de l'emporter avec 49,6% des voix. 

"Cette campagne, aussi dure à tant d'égards, peu faire qu'on en sorte détruit", avait déclaré Philippe Séguin après sa lourde défaite. "J'en sors entier et plus déterminé que jamais, qu'on le sache", avait-il toutefois ajouté. L'échec parisien a pourtant signé le coup d'arrêt des ambitions nationales de l'ancien ténor de la droite, qui a achevé sa carrière politique à la présidence de la Cour des comptes. 

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