La "Grande confrontation Paris" : police et sécurité, un thème central de la campagne municipale dans la capitale

La "Grande confrontation Paris" : police et sécurité, un thème central de la campagne municipale dans la capitale
Politique

SÉCURITÉ - Agnès Buzyn, Cédric Villani, Rachida Dati... Plusieurs candidats à la mairie de Paris se sont prononcés pour la création d'une police municipale en 2020. Après y avoir été hostile, Anne Hidalgo s'est finalement engagée à la constituer si elle est réélue.

Paris n'a pas (encore) de police municipale, mais le sujet est devenu au cours des semaines un thème central de la campagne dans la capitale. Actuellement, il n'existe qu'un service de sécurité de la Ville de Paris. Mais en 2020, celui-ci pourrait être remplacé par une police municipale en bonne et due forme, une partie des candidats - à l'exclusion d'EELV -, dont Anne Hidalgo, s'étant engagés à la créer au lendemain des élections. 

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Anne Hidalgo a longtemps été contre la création d'une police municipale. Mais en janvier 2019, elle déclarait au Parisien : "Nous avons eu les attentats en janvier et novembre 2015. Depuis, la police nationale est plus mobilisée sur ces sujets et il y a un champ entier qui n’est pas assez traité : les questions de la tranquillité publique, du quotidien et de la façon dont on peut faire respecter les règles collectives. Il y a donc besoin de faire évoluer cette situation". 

Durant plusieurs mois, ses services ont travaillé avec le ministère de l'Intérieur afin de mettre en place cette police de 5000 agents, que la maire souhaite "non armée". L'enjeu : mettre en place cette force de sécurité, désormais réclamée par une majorité de Parisiens, avant les élections municipales. Si la mairie de Paris se disait "prête", un amendement permettant sa création a été rejeté en octobre au Sénat, puis en novembre à l'Assemblée nationale, retoqué par la majorité présidentielle. 

En officialisant sa candidature à sa réélection, le 11 janvier 2020, Anne Hidalgo a promis que cette police municipale "verrait le jour au lendemain de l'élection municipale". "Elle sera équipée d'armes pour se protéger et intervenir, comme toutes les polices municipales", a-t-elle précisé. "Mais pas d'armes létales. On ne va pas se substituer à la police nationale." Le dimanche 26 janvier sur Europe 1, l'édile a précisé qu'elle souhaitait une police municipale "paritaire". Dans un entretien à L'Obs, le 5 février, elle a détaillé les missions de ces 5000 agents : faire respecter "les règles du quotidien" (encombrants, mégots, déjections...), surveiller les usagers de la voie publique, lutter contre "les actes racistes, antisémites ou anti-LGBT", ou encore faire respecter les critères environnementaux aux automobilistes.

"Nous devons avoir une police municipale, de proximité, sur le terrain, mais qui ne se substitue à la police nationale", a-t-elle redit lors de la "Grande confrontation Paris", le 4 mars sur LCI. 

Buzyn et Dati en font un enjeu prioritaire

Pour LaREM, il n'était pas question de laisser ce projet aux mains de l'actuelle majorité socialiste parisienne. Le 23 janvier, l'ancien candidat Benjamin Griveaux avait détaillé ses propres propositions en la matière, une force de 5000 agents, "formés", "armés d’arme de poing" et "dotés de caméras piétons". Ils se verront également attribuer "un matricule" et rendront régulièrement des comptes aux habitants, supervisés par un nouveau "corps d'inspection de la police municipale". "On ne peut pas, dans le climat actuel de violence, désarmer la police", avait ajouté Benjamin Griveaux. 

Agnès Buzyn, qui a succédé à Benjamin Griveaux après l'abandon de ce dernier, a repris cette proposition à son compte. "La police nationale a un travail excessif, la Ville doit assurer la sécurité du quotidien", a-t-elle estimé dans la "Grande confrontation Paris" sur LCI le 4 mars, plaidant pour une police armée. "Aucune arme pour se défendre, ce n'est pas bien, c'est irresponsable. On ne le souhaiterait pas pour notre famille", a-t-elle fait valoir. Agnès Buzyn veut également multiplier par quatre le nombre de caméras de vidéosurveillances déployées dans la capitale. 

La candidate LR Rachida Dati a également fait de la sécurité le thème prioritaire de sa campagne. Son projet prévoit une police de 3400 agents accompagnée "d'effectifs de sécurité privée" pour des missions ponctuelles, l'implantation d'un réseau de vidéo-protection notamment dans les bois de Boulogne et de Vincennes avec des antennes de police dédiées, ou encore la refonte du règlement contre les nuisances sonores et visuelles. 

Villani recruterait "1000 agents supplémentaires"

Le candidat dissident LaREM Cédric Villani a lui aussi déclaré qu'il créerait une "police municipale unifiée", en recrutant 1000 agents supplémentaires, "assermentés", pour "lutter contre les incivilités du quotidien". Alors qu'il n'avait pas tranché la question de l'armement des policiers, il a estimé lors de la "Grande confrontation Paris", sur LCI, qu'il faudrait envisager d'armer certains agents, mais pas tous, citant le modèle de la police londonienne. 

Pour le candidat écologiste David Belliard, les agents parisiens doivent avant tout s'occuper de lutter contre les incivilités, sans armes létales. Il s'est dit hostile à "une surenchère" en matière de caméras de vidéosurveillance. "Cela fait quinze ans que l'on fait de la vidéosurveillance", a-t-il jugé lors du Grand débat. "Quand une politique ne fonctionne pas, il faut en changer. Il faut remettre des agents dans les rues, recruter 400 agents supplémentaires."

La candidate LFI Danielle Simonnet s'est dite elle aussi hostile à la vidéosurveillance, "qui ne fonctionne pas". En outre, "la police municipale coûte 60 millions d'euros", a-t-elle chiffré lors de la "Grande confrontation Paris", soit l'équivalent de "4700 places d'hébergement avec accompagnement social" afin de faire en sorte "qu'il n'y ait plus personne à la rue". 

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