Municipales : "Mon choix n'a pas fonctionné", reconnaît Jean-Luc Mélenchon

MELENCHON  admet erreur de stratégie municipales
Politique

ELECTIONS - Alors que les scores des Insoumis ont été modestes aux élections municipales, surtout en comparaison avec les succès écologistes, le leader de LFI a reconnu sur LCI une erreur de stratégie, mais souligné les obstacles à de futures alliances avec les Verts.

Un aveu d'échec, et une stratégie encore floue face à la vague verte. Invité de LCI dans "24h Pujadas" ce mercredi 1er juillet, le chef de file de La France insoumise Jean-Luc Mélenchon a reconnu que son "choix d'appuyer partout des listes citoyennes" aux élections municipales n'avait "pas fonctionné", mais sans juger urgent de discuter avec les Verts.

A l'issue du second tour, LFI s'est cantonnée à faire l'appoint de coalitions ou des scores modestes au sein de collectifs citoyens - même si elle a aussi revendiqué 35 maires dans de petites et moyennes communes, tandis que les écologistes ont remporté plusieurs grandes villes dimanche, dont Lyon, Bordeaux ou Strasbourg.

"Mon choix, qui n'a pas fonctionné, c'était d'appuyer partout des listes citoyennes en dehors des cadres classiques des partis, parce que je pensais que c'était ce qui allait faire voter les quartiers populaires", a expliqué Jean-Luc Mélenchon.

"C'est frustrant pour moi, ça m'interroge, pourquoi plus personne ne veut bouger dans ces secteurs-là?", a-t-il confié. Dimanche soir, son discours s'était aussi concentré sur l'abstention historiquement haute (près de 60%), une "insurrection froide".

"Une grande férocité" et des divergences de fond

Concernant le succès des Verts, le patron des députés Insoumis juge "plutôt bon signe que les électeurs des villes aient voté écolo, ça centralise l'écologie, donc la question des biens communs".

Compte-t-il dialoguer avec eux en vue de la présidentielle de 2022 ? "D'abord laissons-les se mettre en place, régler leurs problèmes entre eux. Il y aura des discussions, des rencontres. Mais ce qui ne serait pas normal, c'est que tout le monde se précipite en-dessous de l'arbre de Noël en disant 'et moi, et moi?'".

"Une candidature commune, on verra", a poursuivi le député des Bouches-du-Rhône. "Il faut d'abord qu'eux-mêmes intègrent leur dimension nouvelle. Ils sont d'une grande férocité, à Lyon ils ne nous ont pas laissé une seule mairie d'arrondissement alors que nous en avions", s'est-il plaint à propos de leur accord de second tour.

M. Mélenchon a aussi pointé des divergences de fond: "Quand David Cormand, l'un des plus respectés dans l'écologie politique, dit 'Vive l'Europe des régions' ou d'autres 'A bas l'Etat jacobin', on va avoir du mal à discuter". "Et on peut pas parler de la planification écologique, ils n'aiment pas le plan, ça leur rappelle l'Union soviétique", a-t-il ironisé.

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