Municipales : quelles conséquences aurait une éventuelle candidature d'Edouard Philippe au Havre ?

Municipales : quelles conséquences aurait une éventuelle candidature d'Edouard Philippe au Havre ?
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Le gouvernement Edouard Philippe III

ELECTIONS - Le Premier ministre Edouard Philippe se rend au Havre vendredi 31 janvier pour le lancement de la campagne des municipales. Il pourrait annoncer sa décision de se présenter ou non dans la ville dont il était maire de 2010 à 2017. Une décision qui aura des conséquences pour l'exécutif, alors que débute au Parlement le débat sur la réforme des retraites.

Ira ? Ira pas ? Le suspense autour d'une éventuelle candidature d'Edouard Philippe au Havre pourrait bientôt trouver son épilogue. Le chef du gouvernement se rendra vendredi 31 janvier dans son fief, qu'il a dirigé de 2010 à 2017, pour y lancer la campagne des municipales. Selon Le Monde, il pourrait annoncer sa décision dans les jours qui viennent. Son entourage a donné la même information au JDD

En septembre dernier, Edouard Philippe avait indiqué qu'il ferait connaître son choix courant janvier 2020, laissant entendre au passage qu'il préférait, le cas échéant, être candidat au Havre plutôt qu'à Paris, où certains le voyaient alors atterrir. 

Il y a quelques jours toutefois, il avait précisé à La Croix que ce moment n'était "pas encore venu". Le Premier ministre n'a plus qu'un mois pour le faire savoir, la date limite des dépôts de candidature étant fixée au 27 février. 

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"Je ne le vois pas ne pas y aller"

Pour certains membres de la majorité, le suspense n'en serait pas un. "Je ne le vois pas une seconde ne pas y aller", a indiqué un cadre LaREM à une journaliste de LCI. "Il n'est pas envisageable non plus qu'il ne soit pas tête de liste."

Un proche d'Edouard Philippe cité par le JDD indiquait que le Premier ministre était "conscient de ne pas avoir eu l'onction du suffrage universel depuis mars 2014", et qu'il avait envie de se présenter en tête de liste en mars prochain, pour cette raison. La semaine dernière, sur BFMTV, la porte-parole Sibeth Ndiaye avait déclaré qu'elle ne serait "pas étonnée" que le chef du gouvernement choisisse d'y aller. 

Vendredi soir, Edouard Philippe participera à une réunion publique en compagnie du maire LR sortant du Havre, Jean-Baptiste Gastinne, de la députée Agir Agnès Firmin Le Bodo et de la sénatrice LR Agnès Canayer. "L'idée est de montrer que tout le monde est rassemblé pour le lancement de la campagne", a indiqué à l'AFP un membre de la majorité. Le maire se tiendrait prêt à participer à la liste, laissant à Edouard Philippe le confortable choix de la conduire ou non. 

Rester ou non au gouvernement ?

Si la popularité d'Edouard Philippe est susceptible de le placer en position de favori au Havre, malgré le risque de vote sanction contre le gouvernement - il a été élu au premier tour avec 52% en 2014 -, Edouard Philippe partirait dans le bataille dans une période particulièrement sensible pour l'exécutif. En première ligne dans la réforme des retraites, il devrait se lancer dans une campagne alors qu'au même moment, son gouvernement aurait à défendre le texte au Parlement dans un contexte qui s'annonce chahuté. L'opposition, qui se prépare à une guérilla législative, a en effet annoncé une saisine du Conseil constitutionnel en dénonçant un texte "bâclé", et le groupe LFI envisage de proposer une nouvelle motion de censure contre le gouvernement. 

Difficile, dans ce contexte, d'envisager un remaniement aussi important que celui qui consisterait à changer de Premier ministre. Edouard Philippe aura trois options en cas de candidature au Havre : se présenter sur une liste sans la conduire, conduire la liste tout en restant au gouvernement après les municipales, ou bien conduire la liste et partir après les municipales en cas de victoire. "Le but, ce serait qu'il gagne au premier tour. Et là, il deviendrait intouchable à Matignon", avance le responsable LaREM, optant donc pour la deuxième solution. 

Edouard Philippe avait d'ailleurs édicté lui-même, en septembre dernier, les règles applicables aux membres du gouvernement, et donc à lui. "A partir de janvier 2020, chaque ministre pourra être candidat", avait-il indiqué, mais "quand on est ministre, on ne peut pas cumuler avec la tête d'un exécutif local. Donc il leur appartiendra de dire s'ils veulent rester membres du gouvernement". Un membre du gouvernement pourra cependant cumuler cette fonction avec un mandat d'adjoint au maire, avait précisé l'exécutif. Une règle rappelée mardi à l'Assemblée par Sibeth Ndiaye. Ce qui laisse ouverte la possibilité d'un maintien d'Edouard Philippe à Matignon, quel que soit le résultat du scrutin local.

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