"Grande confrontation Paris" : Buzyn et Dati à l'offensive, Hidalgo dans l'esquive

"Grande confrontation Paris" : Buzyn et Dati à l'offensive, Hidalgo dans l'esquive
Politique

BILAN - Sept candidats à la mairie de Paris s'affrontaient mercredi pour la première fois avant le premier tour, dans l'émission spéciale "La Grande confrontation Paris", sur LCI. Des échanges qui ont apporté un éclairage nouveau sur la stratégie des favoris.

Deux challengers qui mènent l'offensive, une favorite - la maire sortante - qui évite les confrontations directes pour se consacrer à la défense de son bilan et ménager les propositions de potentiels alliés. Le trio de tête des sondages pour les municipales à Paris, Anne Hidalgo (PS), Rachida Dati (LR) et Agnès Buzyn (LaREM) s'est livré à un débat assez sobre mais riche en enseignements, mercredi soir dans "La Grande Confrontation Paris", sur LCI.

Lire aussi

Agnès Buzyn cible Anne Hidalgo

Agnès Buzyn, qui se place à la troisième position dans les intentions de votes publiées à ce jour, devait tenter de faire bouger les lignes et tenter de se faire une place dans le duel qui semble se profiler au premier tour entre la maire sortante et Rachida Dati, l'ancienne ministre de Nicolas Sarkozy. C'est donc logiquement l'ex-ministre de la Santé, candidate en remplacement de Benjamin Griveaux mi-février, qui s'est montrée la plus offensive dans le débat, ciblant prioritairement le bilan d'Anne Hidalgo. 

"J'ai l'impression qu'on ne partage pas la même ville", a-t-elle attaqué d'entrée de jeu, alors que la maire sortante vantait, en introduction des débats, les bienfaits "d'une ville apaisée". Une police municipale non armée, comme le préconise Hidalgo ? "Irresponsable", a fustigé la candidate LaREM. En matière de propreté, elle s'en est prise à une maire qui "veut faire ce qu'elle n'a pas fait depuis le début de son mandat". Elle a dénoncé, successivement, "une politique idéologique du zéro voiture sans réflexion en amont sur la manière fluidifier la circulation", "la mandature qui a le plus bétonné à Paris", ou encore "la maire des 11000 euros du mètre carré". 

En vidéo

Grande confrontation : Hidalgo et Buzyn se piquent sur la propreté dans Paris

Rachida Dati dénonce ''l'anarchie partout"

La candidate LR, à la tête du 7e arrondissement de Paris, a également concentré ses attaques sur la maire sortante. "Quand on est maire d'une ville comme Paris, ça s'organise", a tancé Rachida Dati, décrivant une capitale où régnerait "l'anarchie partout, dans tous les domaines, la circulation, l'espace public, les travaux", dénonçant tour à tour "les grands projets pharaoniques, ces berges rendues piétonnes que "l'on traverse en apnée" à cause des odeurs de "latrines à ciel ouvert", jusqu'au projet d'Anne Hidalgo de planter "des arbres sur la place de l'Etoile et sur les Champs-Elysées". 

"Vous vous gargarisez de faire de la mixité, mais vous avez créé des ghettos", a également fustigé, à propos de la politique du logement, la maire du 7e arrondissement, accusée de s'être opposée systématiquement à la création de nouveaux logements sociaux dans la capitale. 

En vidéo

La Grande Confrontation : attaquée sur sa politique de logement sociaux, Rachida Dati réplique

Anne Hidalgo esquive les coups...

Sous le feu croisé de ses adversaires, Rachida Dati, Agnès Buzyn mais aussi Danielle Simonnet (LFI) et Serge Federbusch (soutenu par le RN), Anne Hidalgo a opté pour une stratégie de contournement, défendant bec et ongle le bilan de sa mandature en matière de lutte contre la pollution ou de création de logements, ou reconnaissant au contraire que la propreté dans la capitale nécessiterait des moyens supplémentaires au cours du prochain mandat, car il faut sur ce sujet "un peu d'humilité et beaucoup de pragmatisme". 

Esquivant systématiquement les attaques de la candidate LR Rachida Dati, elle a en revanche répliqué à plusieurs reprises à Agnès Buzyn, mais en ciblant toujours, à travers elle, non la candidate mais le gouvernement auquel elle appartenait encore récemment. "Où sont les policiers ? On n'en voit plus sur le terrain", a-t-elle par exemple attaqué lors du débat sur la police municipale. "Je le dis à Madame Buzyn, vous avez une responsabilité majeure" [en matière de réduction d'effectifs, NDLR]. "Pourquoi avez-vous quitté votre ministère ?", a-t-elle également lancé à Agnès Buzyn, quand cette dernière l'attaquait sur son impréparation supposée à la possible épidémie de coronavirus. Contraignant, une fois de plus, l'ex-ministre de la Santé à se justifier sur sa candidature expresse à la mairie de Paris. 

En vidéo

"La Grande confrontation Paris" : Hidalgo et Buzyn s'écharpent sur le coronavirus

... Et ouvre la voie à de possibles alliances

Mais l'essentiel du débat, pour la maire sortante, semble s'être joué avec son potentiel allié de second tour, le candidat écologiste David Belliard, qui plaide pour une vaste "coalition climat". Les deux têtes de listes ont pris soin d'éviter tout affrontement direct, Anne Hidalgo acquiesçant même à certaines propositions de celui qui partage la majorité municipale. "Je ne veux pas vous gêner dans votre alliance", a même ironisé Rachida Dati, pointant plusieurs sujets urbanistiques sur lesquels la maire PS et son allié EELV s'opposent de longue date au Conseil de Paris. 

Si Cédric Villani a réservé quelques piques à la maire sortante, notamment sur sa politique "punitive" à l'égard des automobilistes, là encore, un pacte de non agression semble s'être noué entre le dissident macroniste et Anne Hidalgo. Le mathématicien a même vanté la politique du logement de la maire de Paris, tout en jugeant qu'elle était insuffisante. "J'étais président de son comité de soutien [aux municipales de 2014], ça me donner d'autant plus de légitimité pour critiquer son bilan", annonçait-il pourtant en amorce du débat. Les critiques auront finalement été plutôt indulgentes, au cours de la soirée, à l'égard de l'élue socialiste. 

Sur le même sujet

Et aussi

Lire et commenter

Alertes

Recevez les alertes infos pour les sujets qui vous intéressent