Municipales à Paris : Cédric Villani, un candidat au centre du jeu ?

Municipales à Paris : Cédric Villani, un candidat au centre du jeu ?
Politique

ARBITRE - Entré en campagne malgré son échec à l'investiture LaREM l'été dernier, Cédric Villani ne figure pas dans le carré de tête provisoire donné par les sondages. Le député dissident qui veut "parler à tout le monde" devrait toutefois peser beaucoup dans la campagne parisienne. En témoigne l'hostilité croissante qu'il suscite au sein de la majorité présidentielle... au point de décrocher un rendez-vous à l'Elysée, ce dimanche.

Ses adversaires lui prédisaient un effondrement rapide. Et pourtant, après quatre mois de campagne, Cédric Villani s'accroche. Le sondage Ifop-Fiducial pour le JDD du 19 janvier le crédite de 13% des intentions de vote au premier tour, grignotant en partie l'électorat centriste et LaREM de la capitale, mais aussi chez les écologistes et, dans une moindre mesure, à droite. Candidat par défaut, ou candidat alternatif, c'est selon, le mathématicien semble attirer beaucoup d'électeurs qui ne se reconnaissent dans aucune formation politique, si l'on observe les détails de ce sondage

A deux mois du scrutin, Cédric Villani prend soin de n'écarter aucune option. Quitte à entretenir le flou sur ses intentions. "Je parle avec tout le monde", assurait, le 8 janvier sur LCI, celui qui rêve de devenir "le premier maire véritablement écologiste de Paris", à propos d'une hypothétique alliance avec EELV. "Ma porte reste ouverte, je pense qu'on peut travailler avec les Verts", insistait-il, conscient qu'une coalition avec ces derniers pourrait arriver en tête au premier tour. 

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Cédric Villani : "Je parle avec tout le monde"

Depuis son entrée en campagne, Cédric Villani a croisé beaucoup de monde. David Belliard, le candidat EELV, mais aussi Philippe Goujon, maire de droite du 15e arrondissement, avec qui il envisage aussi un rapprochement, ou même la candidate LR Rachida Dati... 

Il ne parle toutefois pas vraiment "à tout le monde". Anne Hidalgo, dont il présidait le comité de soutien en 2014, est devenue sa première cible. Avec la maire socialiste sortante, dont il critique sévèrement le bilan et "la gestion", "il n'y aura pas d'alliance", martelait-il déjà fin octobre sur LCI

Un rôle décisif dans l'élection du prochain maire ?

Quant à sa relation avec le candidat LaREM Benjamin Griveaux... C'est plus que jamais le grand froid. Malgré les tentatives de médiation, le dialogue de sourds se poursuit. "Si j'ai pu parler à chacun d'entre eux séparément, je n'ai malheureusement pas pu réaliser ce large rassemblement que j'appelais de mes vœux", a ainsi reconnu l'élu Agir du 18e et ex-candidat Pierre-Yves Bournazel, finalement rallié à Griveaux. Il s'agissait pourtant, à l'en croire, de "la seule solution pour proposer une alternative crédible et positive à la maire sortante". Même constat de Gaspard Gantzer, l'ex-conseiller de François Hollande qui plafonne à 1% des intentions de vote, et qui a écumé les plateaux, y compris sur LCI, pour dire "halte au feu". Comprendre : inciter les deux candidats ainsi que les écologistes à se rassembler pour éviter une réélection d'Anne Hidalgo. 

Alors que Cédric Villani s'impose comme un pivot de cette campagne, son rapprochement avec le candidat LaREM semble de moins en moins probable, quand bien même un rendez-vous a été fixé à l'Elysée avec Emmanuel Macron pour débrouiller cette situation. "Benjamin Griveaux continue de plonger irrémédiablement", tançait l'entourage de Villani, sollicité dimanche 19 janvier après le sondage par un journaliste de LCI. "Il faut à un moment donné ouvrir les yeux : il n'a jamais été la solution mais le problème dans cette élection." Pour ce soutien du mathématicien, "le seul qui soit aujourd'hui encore capable de faire le pont entre les écologistes et les progressistes pour gagner, c'est Cédric Villani". 

"Cédric Villani n'est pas dans le carré de tête et ne peut plus prétendre l'emporter. C'est à son tour de prendre ses responsabilités", rétorquait l'entourage de Benjamin Griveaux, également sollicité par LCI. Si les deux équipes semblent irréconciliables, elles aboutissent à la même conclusion : "Si le film de cette élection est Hidalgo-Dati, nous en connaissons tous la fin : Anne Hidalgo sera réélue". Un pessimisme partagé dans la majorité présidentielle, à l'instar de ce député LaREM étranger à l'élection parisienne : "Il faudra voir s'ils arrivent à faire des alliances avec les Verts, mais pour le moment, la victoire d'Hidalgo paraît évidente". 

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