Municipales à Paris : la commission nationale d’investiture de LaREM, un outil transparent pour départager les candidats ?

Politique

POLITIQUE - Mercredi 10 juillet, la commission nationale d'investiture de La République en marche désignera son candidat pour les élections municipales à Paris. Comment ? Et ce mode de désignation fait-il l'unanimité, alors que Benjamin Griveaux apparaît comme le grand favori, fort du soutien du président de la République ?

Les adversaires de Benjamin Griveaux ont-ils une chance ? Oui, assurent les instances de La République en marche et les membres de la commission nationale d'investiture (CNI). Mise en place le 3 juin dernier, cette dernière a pour mission de désigner qui mènera la liste LaREM à Paris face à Anne Hidalgo au printemps prochain, sous la houlette de la députée et ancienne juppéiste Marie Guévenoux, et du sénateur et ex-ministre de la Défense de Lionel Jospin, Alain Richard.

Les candidats à l'investiture - Cédric Villani, Benjamin Griveaux, Hugues Renson, Anne Lebreton et Antonio Duarte - seront entendus la semaine prochaine par la CNI, et la décision sera prise dans la foulée. "Les candidats seront auditionnés le 9, pour un verdict a priori le 10" a indiqué Marie Guévenoux à l'AFP il y a quelques semaines. Chaque candidat devait produire avant ce vendredi 5 juillet un dossier comprenant une note de stratégie politique pour les 1er et 2e tours, une note sur le projet pour Paris, ou encore un engagement à soutenir le candidat désigné. Chacun sera entendu 45 minutes, selon un ordre de passage tiré au sort, et plusieurs critères seront évalués, notamment la probité, la faisabilité du projet, l'implantation locale, la capacité de rassemblement et la connaissance du territoire.

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Outre ces éléments, l'Elysée pourrait également avoir un droit de regard officieux sur la désignation de ce candidat. C'est pour cela que Benjamin Griveaux, ancien porte-parole du gouvernement et très proche du président de la République, est depuis le début donné favori. Certains arbitrages de la commission d'investiture ou du parti lui ont d'ailleurs donné raison. Ainsi, il était le seul à ne pas vouloir de primaire pour désigner la tête de liste, et le seul à souhaiter que l'arbitrage soit fait dès juillet, quand ses adversaires plaidaient pour septembre.

Des soupçons de favoritisme confortés par un article de Paris Match citant un responsable de la CNI selon lequel "la messe est dite" et "ça sera Benjamin Griveaux". Mais une hypothèse que les adversaires de l'ancien porte-parole du gouvernement ne veulent pas envisager. "Je ne peux pas y croire, parce que cela serait grave, cela voudrait dire que nous racontons des craques aux Parisiens […] et que nous mettons de côté la promesse de faire de la politique différemment" avait déclaré Hugues Renson, interrogé sur France 2 le 28 juin.

Ce 4 juillet, également interrogé sur le rôle du chef de l'Etat, Cédric Villani a répondu, égratignant au passage Benjamin Griveaux : "Ce que je dis au Président, c’est que je suis occupé à construire le meilleur projet, au cœur des valeurs de LaREM, qui rassemblera depuis l’écologie sociale jusqu’à la droite progressiste, où se reconnaîtront des gens aussi variés que Gaspard Gantzer, Pierre-Yves Bournazel, avec les forces vives de LaREM, et des gens qui ont laissé leur marque, pas par des mouvements d’appareils mais parce qu’ils ont su incarner quelque chose". 

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L'hypothèse Edouard Philippe ?

Souhaitant mettre fin à ces débats, l'ancien maire du Havre Antoine Rufenacht a appelé le Premier ministre Edouard Philippe à faire acte de candidature, estimant qu'il serait "le maire dont Paris a besoin". Une petite musique récurrente dans la majorité. "Il ne faut jamais rien fermer de manière définitive", expliquait à LCI, jeudi, un ministre à propos de cette hypothèse. 

Mais Matignon a coupé court, faisant savoir que le chef de gouvernement était entièrement consacré à sa tâche actuelle. Le délai semble d'ailleurs bien court pour l'intégrer au processus de désignation, la date limite des dossiers des candidats étant fixé à ce vendredi 5 juillet.

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