Municipales à Paris : Griveaux officiellement investi candidat, Villani amer, le soutiendra

Politique

POLITIQUE - Mercredi 10 juillet, Benjamin Griveaux a été officiellement investi candidat LaRem pour les municipales à Paris (2020). Un peu plus tôt, Cédric Villani avait jeté l'éponge, mais il a indiqué qu'il soutiendrait le candidat du parti.

Fin du suspense dans le clan de LaRem. Mercredi 10 juillet, en début de soirée, Benjamin Griveaux a été désigné officiellement candidat par le parti, aux dépens de Cédric Villani et d'Hugues Renson. Le mathématicien avait devancé tout le monde en début de soirée en diffusant un communiqué pour annoncer sa défaite et son amertume. Cédric Villani aurait cependant fait savoir qu'il soutiendrait "le candidat choisi par le mouvement". 

"Un immense honneur et une responsabilité" a pour sa part réagi Benjamin Griveaux. "Nous allons repartir de ce que nous ont dit les Parisiens, c'est être fidèle aux valeurs du mouvement", a-t-il poursuivi.

Dans un entretien paru dans Le Parisien le 3 juillet, l'ancien secrétaire d'Etat au Numérique, Mounir Mahjoubi, avait annoncé son retrait de la course à l'investiture de La République en marche (LaRem) pour les municipales à Paris l'an prochain. Le député parisien profitait alors de cette annonce pour se rallier à Cédric Villani "nous avons décidé d’y aller ensemble avec lui comme candidat", précisait-t-il.

Benjamin Griveaux, très proche d'Emmanuel Macron, aurait d'ailleurs reçu le soutien implicite du chef de l'Etat. Dans un sondage BVA pour La Tribune, RTL, Orange et LCI, Benjamin Griveaux et Cédric Villani étaient tous deux crédités de 25 % des intentions de vote en cas d'adoubement par la commission nationale d'investiture du parti.

Benjamin Griveaux favori pour l'investiture

Lire aussi

Cédric Villani réclamait plus de "transparence" et de "sérénité" dans la campagne. Il critiquait également le fait que La République en marche ait commandé à un institut de sondage une enquête dans laquelle seul Benjamin Griveaux avait été testé comme candidat. Pour le parti de la majorité, étaient également candidats le député de Paris et vice-président de l’Assemblée nationale Hugues Renson, l’adjointe au maire du 4e arrondissement Anne Lebreton. et l'écologiste Antonio Duarte. Cinq candidats qui seront auditionnés durant quarante-cinq minutes par la commission nationale d’investiture du parti, pour désigner le chef de file LaRem aux municipales de 2020. Des concurrents qui se plaignent de la procédure d'investiture, à leurs yeux trop opaque et trop précipitée, et qui favoriserait l'ex-porte-parole du gouvernement.

Rachida Dati veut faire de Paris sa priorité

A droite, une candidate médiatique s'était déclarée un peu plus tôt dans la campagne : l’actuelle maire du 7e arrondissement et ancienne ministre Rachida Dati. Dans une interview au Figaro ce 5 mars, elle a annoncé renoncer à briguer un nouveau mandat de députée européenne pour se consacrer à Paris. "Je réfléchis très sérieusement à cette candidature. A Paris, il est urgent de changer de politique et je proposerai de le faire. Je m’y engagerai sans hésitation". "Paris a toujours été la ville de toutes les promesses. Paris répond-elle toujours à cette promesse ? Je ne le crois pas. Je veux redonner à Paris cette ambition", a ajouté celle qui a multiplié récemment les sorties et les cafés-débats dans l’est de la capitale.

Si, dans le camp des Républicains, les modalités de désignation ne sont pas encore décidées, la maire du 5e arrondissement et cheffe de file du groupe Républicains et indépendants (LRI) au Conseil de Paris Florence Berthoud s’est récemment prononcée en faveur d’une primaire, mode de désignation déjà expérimenté en 2014. Mais Rachida Dati n’est pas pour. "Si on part divisés, on laisse les clés de Paris à Anne Hidalgo. La division a toujours servi l’adversaire. Et je crois qu’une primaire ne ferait que la renforcer." Les Républicains trancheront ce débat avec une commission d’investiture prévue à l’automne. Outre Rachida Dati, Jean-Pierre Lecoq, maire du 6e arrondissement, s’est lui aussi déclaré.

Ancien membre des Républicains aujourd’hui député Agir, Pierre-Yves Bournazel compte également être de la bataille de Paris. Elu du 18e arrondissement depuis 2008, il veut incarner une "offre politique inédite" en rassemblant des gens de droite, du centre et de la gauche. Il s'est déclaré candidat "indépendant" à la mairie de Paris dans une interview accordée le 11 mars au Parisien, alors que devait paraître le 13 mars son ouvrage intitulé Revoir Paris.

David Belliard candidat EELV

Gaspard Gantzer, ancien collaborateur de Bertrand Delanoë et ex-conseiller en communication de François Hollande, avait officialisé sa candidature mardi 12 mars en critiquant le bilan d'Anne Hidalgo, notamment sur le plan environnemental et de la propreté. Il a lancé le mouvement Parisiennes, Parisiens, qui revendique près de 1.500 sympathisants. L'énarque veut être "le candidat des classes moyennes et de toutes les familles parisiennes". A travers son mouvement, il espère présenter des listes "dans toutes les communes de la métropoles, en commençant par celles limitrophes de la capitale". 

David Belliard, président du groupe EELV au Conseil de Paris, a été élu tête de liste des écologistes pour mener la bataille des municipales à Paris en 2020. Du côté des Insoumis, Danielle Simonnet, conseillère du 20e arrondissement, semble la mieux placée. Rappelons également que le forain Marcel Campion, en guerre avec l'actuelle municipalité, a annoncé qu'il serait candidat.

Tous auront certainement à affronter l’actuelle maire de Paris Anne Hidalgo. Après quelques mois difficiles, plombés par la fin d’Autolib, la fermeture des voies sur berges, la désignation d’un nouveau concessionnaire Vélib’ ou les épisodes de pollution, la maire de Paris reprend des couleurs. Dans un sondage publié en juin, Anne Hidalgo arriverait en deuxième position derrière le candidat LaRem au premier tour des élections municipales, qu'il s'agisse de Benjamin Griveaux ou de Cédric Villani. 

Sur le même sujet

Et aussi

Lire et commenter