Municipales à Paris : le mercato des candidats potentiels

Municipales à Paris : le mercato des candidats potentiels

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ELECTIONS - On ne connaît pas encore la date exacte des prochaines municipales, théoriquement au printemps 2020. Pour autant, si aucun candidat n’est déclaré à Paris, la traditionnelle foire aux noms a déjà commencé. Qui pour tenter de détrôner Anne Hidalgo ?

A Paris, les élections municipales se préparent longtemps à l’avance et se construisent avec patience. L’actuelle maire, Anne Hidalgo, le sait bien, elle qui avait lancé sa campagne victorieuse un an et demi avant l’échéance de 2014. Si l’on ne connaît pas encore la date exacte des prochaines élections, théoriquement au printemps 2020, tous les candidats putatifs savent que les choses se joueront donc à partir de l’année 2019. Le temps de tester sa cote, d’organiser ses réseaux, de s’inscrire (ou non) dans un mouvement ou un parti puis, à la toute fin, de lancer la campagne proprement dite…


Pour l’heure, nul ne s’aventure à se porter officiellement candidat… Hormis Anne Hidalgo, qui n’en a pas fait mystère, et l'élue La France insoumise Danielle Simonnet, déjà candidate en 2014. L’absence de projet alternatif et les effets non dissipés du big bang politique des élections de 2017 incitent les autres à la prudence. Pour autant, les ambitions commencent à s’affirmer sérieusement, notamment au centre, où les scores astronomiques de LaRem dans la capitale en 2017 (13 députés sur 19, 35 puis 89% pour Macron à la présidentielle) en font rêver plus d’un. A deux ans de l’échéance, de nombreux noms circulent déjà.

A gauche, Hidalgo candidate dans l’adversité

Très critiquée pour son bilan par la droite et, à fleurets mouchetés, par des responsables LREM, Anne Hidalgo devait contre-attaquer. Elle n’a donc pas attendu les six derniers mois de son mandat, comme Bertrand Delanoë en 2007, pour confirmer ses ambitions. Début mars, la maire PS de Paris a défendu dans Libération une candidature “de coalition”, tendant les bras à la majorité présidentielle, quitte à froisser ses actuels alliés communistes et écologistes qui ont signé avec elle un "contrat de mandature" en 2014 et rechignent à l'idée de travailler avec ceux qui défendent la ligne d'Emmanuel Macron. 


A ce jour, Anne Hidalgo n’a pas de concurrent déclaré côté PS. Fin mars, Le Parisien avait rapporté des propos prêtés à Ségolène Royal témoignant de son intérêt pour la capitale, mais seulement si Anne Hidalgo renonçait à se représenter. 

A droite, le "rêve" de Rachida Dati

L’ancienne ministre de Nicolas Sarkozy n’a manifestement pas renoncé à ses ambitions parisiennes, malgré sa mise à l’écart en 2014. La maire du VIIe arrondissement, députée européenne, avait reconnu "avoir un enjeu parisien" fin avril sur France Info. "Imaginons que ma famille politique dise 'pourquoi pas ?' Eh bien, je mènerais le combat", avait-elle également fait savoir sur BFMTV. C’est peut-être sans compter avec ses (nombreux) ennemis au sein de la droite parisienne, même si plusieurs élus d’arrondissements semblent prêts à la soutenir. 


Plus "Macron-compatible", l’autre aspirant potentiel est le député Pierre-Yves Bournazel, ex-LR et membre du parti Agir, la droite constructive. L'élu du XVIIIe arrondissement s’intéresse de longue date aux affaires parisiennes. Début avril, dans 20 Minutes, ce quadra avait plaidé pour "une offre politique inédite à Paris", s’inspirant de la recomposition politique en cours, se disant "candidat au débat, au dialogue et à l’inventivité", avec en ligne de mire l’élaboration d’un "projet" pour la capitale. 

La nébuleuse LREM

Plus difficiles à discerner sont les ambitions au sein du mouvement présidentiel, qui n’a pas exclu à ce jour - même si l’hypothèse semble peu probable - de soutenir une candidature d’Anne Hidalgo. Si le nom de Benjamin Griveaux, confondateur de La République en Marche et membre du premier cercle d’Emmanuel Macron, circule depuis de long mois, l’actuel porte-parole du gouvernement n’a jamais commenté ouvertement ces ambitions. Et quand bien même les macronistes parisiens s’organisent déjà, il est beaucoup trop tôt à leurs yeux. “L’erreur serait de se concentrer sur les candidats”, nous confiait notamment, début janvier, le député LREM de la 3e circonscription de Paris Stanislas Guérini, lui-même très proche d’Emmanuel Macron. "Nous devons faire ce que nous savons faire : construire un projet."

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Christophe Castaner à propos des municipales à Paris

D’autant que, dans la nébuleuse des ambitions LREM, d’autres noms ont circulé. Parmi eux, l’ex-chiraquien Hugues Renson, un quadra de la même génération que Benjamin Griveaux. "Les municipales ne sont pas le sujet aujourd’hui", nous assurait ce dernier mi-mars. "Si vous commentez les forces ou les faiblesses de la municipalité, on vous prête immédiatement une ambition dévorante", ajoutait-il, pointant, lui aussi, la nécessité d’un projet préalable. Plus récemment, c’est l’ancien adjoint aux Finances d’Anne Hidalgo, Julien Bargeton, devenu sénateur LREM, qui affichait son intérêt pour la capitale, adressant au passage quelques piques à la maire de Paris. Le mouvement présidentiel prendra assurément son temps, d’autant que l’Elysée pèsera directement dans l’équation finale. 


A ces ambitions éparses s’ajoute celle de Gaspard Gantzer, l’ancien conseiller de Bertrand Delanoë puis de François Hollande. Même si ce dernier n’a pas adhéré à En Marche, son profil ne semble pas incompatible avec la formation macroniste, qui avait envisagé un temps de l'investir en Ille-et-Vilaine lors des législatives. Une rencontre organisée par lui-même le 3 mai avec des proches à la Bellevilloise a été perçue comme un premier "tour de chauffe" en vue des municipales. D’autant que l’énarque s'intéresse de plus en plus près aux dossiers parisiens via les réseaux sociaux. "C’était une réunion entre amis parisiens", s'amuse-t-il auprès de LCI. Nulle doute que ces pots entre gens de bonne compagnie vont se multiplier dans les prochains mois à Paris. 

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