Municipales à Paris : pressé par l'Elysée et LaRem, Villani maintient le cap et sa candidature

Cédric Villani : "J'acte une divergence majeure" avec Emmanuel Macron
Politique

CAVALIER SEUL - Un entretien d'une heure, dimanche 26 janvier, avec Emmanuel Macron n'a pas suffi à faire changer le député de l'Essonne, candidat dissident de LaRem à la mairie de Paris, à rebrousser chemin. Il maintient sa candidature "en toute indépendance", et quel que soit le prix à payer, y compris une exclusion du parti.

A la fin de la journée du 26 janvier, le Paris marcheur n'était pas plus rassemblé qu'au début du week-end. Entre Cédric Villani, candidat dissident, et Benjamin Griveaux, candidat officiel, les portes sont toujours "ouvertes" et on se souhaite toujours "la bienvenue"... pourvu qu'on accepte d'être le numéro 2 de l'autre. Résultat, les positions restent figées. En début de soirée, le député mathématicien a ainsi confirmé qu'il maintenait sa candidature à la mairie de Paris, "en toute indépendance".

Portes ouvertes et positions figées

Pourtant, le week-end s'annonçait prometteur en matière de remise en ordre. Emmanuel Macron, "à qui Cédric Villani doit tant", avait convoqué le médaillé Fields à l'Elysée, "dimanche ou lundi". "Un message amical", disait le camp Villani. Parmi les observateurs de la bataille municipale parisienne, habitués aux dissidences au sein d'un même camp, on se grattait la tête. L'intervention d'Emmanuel Macron allait-elle faire rentrer le parlementaire de l'Essonne dans le rang, lui qui, sur LCI il y a encore quelques jours, assurait, pas "girouette" pour deux sous, "qu'il irait jusqu'au bout" ?

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Il y avait d'ailleurs urgence. Une semaine plus tôt, un sondage du JDD actait le passage en troisième position de Benjamin Griveaux, à 15% des voix, quand son rival grattait 13% des intentions de vote. Loin, très loin d'Anne Hidalgo et de Rachida Dati, têtes de liste issues d'un ancien monde décidément en pleine forme dans les rues de la capitale. Pis, l'ancien porte-parole du gouvernement était talonné par le candidat écologiste David Belliard. De quoi amener la République en marche à dire "halte au feu" : "Cédric Villani doit choisir entre sa candidature et le parti", résumait-on du côté du parti dirigé par Stanislas Guérini en début de semaine.

Las ! Entre temps, Villani ne déviait pas d'un pouce, rappelait sur RTL que "l'exclusion n'était pas d'en l'ADN d'En marche". Ce dimanche soir, après un entretien d'une heure entre le président et le candidat, l'Elysée indique que le chef de l'Etat lui a demandé "de se rapprocher de Benjamin Griveaux pour faire converger leurs deux projets". Le château pense-t-il faire reculer le scientifique ? Dans les rangs de LaRem, on ne croit plus à cette hypothèse. D'après nos informations, il vaut mieux comprendre cet appel comme une façon de préparer la future fusion entre les deux candidats au moment de l'entre-deux-tours.

Une "divergence majeure" avec Macron

Cédric Villani, lui, prend la parole quelques instants après cette déclaration, devant les journalistes qui l'attendent dans le froid, de l'autre côté de la rue du Faubourg Saint-Honoré. Non content de maintenir le cap et sa candidature, il "acte une divergence majeure avec le Président". Et laisse entendre que si obligation lui était faite de choisir entre le parti et sa campagne, il n'hésiterait pas longtemps : "Entre l'appartenance à un appareil politique et la fidélité et l'engagement pour la ville qui m'a fait, je choisis de rester fidèle aux Parisiennes et aux Parisiens, en maintenant ma candidature librement". Et en recevant, semble-t-il, le soutien d'Isabelle Saporta, ex-journaliste écologiste qui avait dans un premier temps donné son soutien à Gaspard Gantzer.

La déclaration de Cédric Villani a fait évidemment tousser dans le camp Griveaux, dont la porte-parole Marie-Laure Harel, qui aurait préféré "parler du projet de parc végétal à la place de la Gare de l'Est", annonce par Benjamin Griveaux le matin même. "Il n'est ni fidèle à sa famille, ni aux Parisiens, qui sont deux sur trois à vouloir le départ d'Anne Hidalgo". Qui, pendant ce temps-là, est toujours en tête des sondages au premier tour et conserverait la mairie, quels que soient les adversaires et leur nombre au second tour, selon un sondage publié ce dimanche par Le Figaro. Le week-end n'aura pas été mauvais pour tout le monde.

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