Municipales à Paris : qui sont les membres de la commission d'investiture censée départager Renson, Villani et Griveaux ?

Politique
ELECTIONS - Les trois candidats à l'investiture LaREM pour les municipales à Paris, Hugues Renson, Cédric Villani et Benjamin Griveaux, sont auditionnés mardi par une commission nationale censée les départager. Qui compose cette structure ? Éléments de réponse.

C'est sûr eux que repose, officiellement, le choix du candidat à la mairie de Paris. Les membres de la commission nationale d'investiture de la République en Marche (LaREM) auditionnent mardi les trois prétendants, les députés Hugues Renson, Cédric Villani et Benjamin Griveaux, en vue d'une décision qui devrait intervenir rapidement. A moins que l'Elysée n'y mette sa patte de façon plus informelle, c'est en principe les personnalités de cette structure qui proposeront le candidat retenu à la direction du mouvement LaREM. Une méthode d'ailleurs contestée par les rivaux de Benjamin Griveaux, qui suggéraient d'organiser une primaire dans la capitale pour garantir plus de transparence. 


La commission d'investiture est composée de 16 membres, presque paritaire (9 hommes et 7 femmes), dont deux co-présidents également membres du bureau exécutif de LaREM.

Pilotage droite-gauche

Globalement, la commission d'investiture témoigne d'une recherche d'équilibre entre des personnalités plutôt issues de la gauche ou de la droite, jeunes pousses ou anciens élus locaux. On dénombre ainsi cinq personnalités plutôt issues de la droite, quatre personnalités plutôt issues de la gauche socialiste, ainsi que des membres de la "société civile" ou proches d'Emmanuel Macron. A sa tête figurent Marie Guévenoux et Alain Richard, deux personnalités aux parcours très différents. 


La première, 42 ans, députée LaREM de l'Essonne depuis 2017, est venue à la politique en soutenant le très libéral Alain Madelin - elle fut sa collaboratrice - avant de rejoindre les Jeunes Pop, la jeunesse de l'UMP. Habituée des cabinets ministériels sous la présidence de Nicolas Sarkozy, cette fidèle d'Alain Juppé a soutenu la campagne de ce dernier pour la primaire de 2016, avant de s'éloigner du candidat LR, François Fillon, après la mise en examen de ce dernier en 2017. Elle également proche de longue date d'Edouard Philippe, et à ce titre susceptible d'avoir une oreille bienveillante chez certains élus locaux de droite. 


Le second, sénateur âgé de 73 ans, est quant à lui un grognard de la gauche "réformiste", engagé au PSU (le parti de Michel Rocard) dès 1962, au PS en 1974 jusqu'à son départ pour LaREM en 2017, député entre 1978 et 1993 et ministre de la Défense sous Lionel Jospin. Il a également été maire de Saint-Ouen-l'Aumône dès 1977 et maîtrise de ce fait la connaissance des réseaux d'élus locaux. 

Politiques aguerris, proches de Macron ou "référents"

Le reste de la commission comprend à la fois des personnalités politiques locales, des proches d'Emmanuel Macron et des militants "de terrain" de LaREM. Le ministre du Logement Julien Denormandie, ancien directeur adjoint du cabinet d'Emmanuel Macron lorsque ce dernier était ministre de l'Economie, puis membre fondateur d'En Marche, fait figure de proche parmi les proches du chef de l'Etat. 


Côté proches toujours, on note également la présence du patron du groupe SOS, Jean-Marc Borello, qui avait soutenu activement la campagne d'Emmanuel Macron, avant d'être chargé par ce dernier d'une mission sur l'insertion professionnelle, puis de participer à la commission d'investiture pour les élections européennes. Ce cercle de confiance autour du président de la République comprend aussi la jeune députée des Yvelines Marie Lebec, passée par les Jeunes Pop puis le Nouveau Centre avant d'avoir rallié En Marche. Ainsi que Jean-Marie Girier, ancien collaborateur de Gérard Collomb à Lyon puis auprès de ce dernier au ministère de l'Intérieur, qui a également dirigé la campagne d'Emmanuel Macron en 2017.

Au rang des "petits soldats" de la Macronie figurent aussi des référents de terrain, comme Nabil Benbouha, militant du Val-de-Marne engagé sur la question des quartiers populaires, et Clémence Rouvier, en Eure-et-Loire, candidate malheureuse aux législatives de 2017 puis candidate non-éligible sur la liste Renaissance de Nathalie Loiseau aux européennes, ex-directrice de la faculté de théologie de l’Institut catholique de Paris. Issu du syndicalisme étudiant (au sein de la Fage), Loris Gaudin, attaché parlementaire d'une députée LaREM, représente quant à lui la mouvance des Jeunes avec Macron. La députée LaREM des Yvelines Nadia Haï, quant à elle, fut la tombeuse de Benoît Hamon au premier tour des législatives à Trappes. 


Enfin, la commission d'investiture comprend des personnalités plus aguerries de la politique locale, comme l'ancienne sénatrice PS Patricia Bordas, le maire de Vesoul Alain Chrétien (ancien soutien de Bruno Le Maire en 2016 et cofondateur d'Agir, la droite pro-Macron), la maire de Rieumes (ex-LR) Jennifer Courtois-Périssé, le sénateur de l'Isère Didier Rambaud et le député du Morbihan Jean-Michel Jacques, ex-maire sans étiquette. Figure enfin Dominique Perben, retraité de la politique, ancien ministre chiraquien et soutien d'Alain Juppé en 2016. 

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