Municipales à Paris : remisé en 5e position par une étude, Cédric Villani saisit la commission des sondages

Municipales à Paris : remisé en 5e position par une étude, Cédric Villani saisit la commission des sondages
Politique

POLEMIQUE - L'équipe de Cédric Villani, candidat dissident LaREM à Paris, a adressé lundi un courrier à la commission des sondages, mettant en cause une étude de l'institut OpinionWay, commandée par l'équipe de Benjamin Griveaux, qui lui prête seulement 12% d'intentions de vote. Sollicité par LCI, le directeur général d'adjoint d'OpinionWay Bruno Jeanbart défend la méthodologie employée.

C'est le sondage qui ne passe pas au sein de l'équipe de Cédric Villani. Cette dernière a adressé lundi un courrier au secrétaire permanence de la commission des sondages Jean-Pierre Pillon pour contester les conditions de réalisation d'une étude commandée par l'équipe de Benjamin Griveaux, le candidat investi par LaREM à Paris.

Selon cette étude réalisée par l'institut OpinionWay, les intentions de vote au premier tour des élections municipales se porteraient d'abord sur la maire sortante Anne Hidalgo (19%), talonnée par Benjamin Griveaux (18%), la candidate LR Rachida Dati (16%) et l'écologiste David Belliard (13%). Cédric Villani, le candidat dissident de LaREM, ne totaliserait que 12% des intentions de vote, d'après cette étude. Le mathématicien avait connu des sondages plus favorables par le passé, comme notre étude Ipsos/Sopra Steria pour LCI et le Figaro qui lui prêtait 15% des intentions de vote en septembre. 

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"Vives interrogations"

Dans cette saisine de la commission des sondages, que nous avons pu consulter, l'équipe de Cédric Villani "s'interroge" sur "la qualité et la représentativité" de l'échantillon retenu, soit 2.942 personnes, et sur le "mode de recueil utilisé et sa fiabilité". Selon la méthodologie du sondage incriminé, déjà publiée par la commission des sondages, le questionnaire a été administré selon le système Cawi (Computer Assisted Web Interview) du 4 au 12 novembre 2019 auprès d'un "échantillon représentatif" de 3.152 personnes, dont 2.942 ont répondu aux questions. 

Les soutiens de Cédric Villani "s'étonnent" en outre du "taux de réponse si élevé dans le temps imparti" et "alerte" sur "la qualité du redressement des intentions de vote [...] qui semblent minorer les candidats Hidalgo et Villani en majorant dans le même temps le candidat Griveaux". Enfin, elle exprime ses "plus vives interrogations quant à l'observation d'une intention de vote de premier tour qui reste une hypothèse fallacieuse [...], en l'espèce le soutien du Modem à la candidature de M. Griveaux". Tout cela, explique-t-elle, "entraîne un biais dans la lecture de l'analyse médiatique". 

"C'est représentatif"

Sollicité par LCI, le directeur général adjoint d'OpinionWay défend au contraire la méthodologie retenue. Selon Bruno Jeanbart, l'échantillon de 2.942 personnes est "très important" et "représentatif", les instituts considérant que pour 3.000 personnes interrogées, la moitié iront vraiment voter lors du scrutin. Quant à la durée de l'enquête, soit huit jours, elle est supérieure à de nombreuses enquêtes d'intentions de vote réalisées lors des élections, qui se font souvent sur deux jours. 

"Ils s'interrogent aussi sur la pondération, mais tous les instituts font de la pondération en fonction des votes passés", ajoute Bruno Jeanbart. "Cela nous a par exemple permis, lors des élections européennes, d'être les premiers à dire que le RN serait en tête du scrutin", fait-il valoir. Enfin, l'hypothèse du soutien du Modem à Benjamin Griveaux tiendrait au fait que, en l'absence de prise de position spécifique du mouvement de François Bayrou sur les municipales à Paris, l'institut part du principe que le Modem et LaREM sont alliés, et que Benjamin Griveaux est le candidat officiel de LaREM. "On a l'habitude des sondages qui ne plaisent pas", conclut Bruno Jeanbart. "Cela relève plus de la communication que d'autre chose."

Une chose est sûre : ce nouveau sondage ne risque pas d'apaiser les tensions entre les deux rivaux macronistes déclarés à la mairie de Paris. 

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