Municipales : face à la fin de l'étiquetage politique dans les communes rurales, l'opposition saisit le Conseil d'Etat

Municipales : face à la fin de l'étiquetage politique dans les communes rurales, l'opposition saisit le Conseil d'Etat
Politique

CONSEIL D'ETAT - Vent debout contre cette disposition qui met fin à l'étiquetage politique dans des territoires défavorables à la majorité macroniste aux élections municipales, les oppositions saisissent la voie juridique pour se faire entendre.

La circulaire Castaner, qui supprime le "nuançage" politique pour les communes de moins de 9000 habitants, va être scrutée, ces prochains jours. En effet, plusieurs responsables ou formations politiques ont indiqué qu'elles avaient déposé un recours auprès du Conseil d'Etat pour contester la légalité du texte, déposé le 10 décembre. Ainsi, côté formations politiques, le PS, LR et le RN s'apprêtent ou ont déjà déposé un recours, ne serait-ce que pour attaquer le caractère "arbitraire" de ce seuil, "qui porte atteinte au droit à l'information des Français et à la libre expression du suffrage", selon eux.

En effet, ce nouveau seuil, qui s'appliquera aux élections municipales des 15 et 22 mars prochains, concerne des communes qui sont défavorables à Emmanuel Macron et à sa majorité, comme le relevait LCI en rappelant les résultats des élections européennes, gagnées d'un petit point par l'extrême droite. Sans les communes peuplées de moins de 9000 habitants, la liste Renaissance arrivait en tête avec 5 points d'avance sur le RN. 

Voir aussi

En vidéo

Municipales : le casse-tête de LAREM

"Tripatouillage" ou "écoute" ?

De quoi inciter les oppositions à critiquer la mesure. Du patron des sénateurs LR Bruno Retailleau qui dénonce un "tripatouillage", à la cheffe du RN qui y voit une "minable manipulation". Le chef de file des sénateurs PS Patrick Kanner pointe du doigt une autre disposition de la circulaire, qui comptabilise les listes soutenues par LREM, Modem ou UDI sous la bannière "Divers centre". Une façon pour la majorité de s'attribuer les succès des listes qui, pourtant, ne rouleraient pas pour elle. "Ils se camouflent derrière les autres partis", fulminait auprès de l'AFP Patrick Kanner, le chef des sénateurs PS.

En tout état de cause, LCI a pu recenser pour le moment quatre recours : celui des élus locaux LR Elisabeth Laroche et Alexandre Nanchi, le 24 janvier, celui du député LR Olivier Marleix, celui du mouvement LR et celui du Rassemblement national. Interrogé sur le sujet à l'Assemblée nationale lundi 20 janvier, Christophe Castaner a nié toute volonté de manipuler le scrutin et rappelé le soutien des maires ruraux, qui souhaitaient en finir avec l'obligation faite aux listes de se déclarer de telle ou telle couleur politique. "J'ai écouté les élus locaux, d'autres écoutent les appareils politiques". A ceci près que le seuil des 9000 habitants dépasse de très loin le précédent, à 3500.

Sur le même sujet

Et aussi

Lire et commenter

Alertes

Recevez les alertes infos pour les sujets qui vous intéressent