Municipales : la classe politique divisée sur la proposition d'un deuxième tour en juin

Un second tour des municipales le 28 juin ?
Politique

CONTROVERSE - Alors que 36 élus dont Christian Estrosi et Anne Hidalgo ont demandé dimanche 17 mai l'organisation du second tour des élections municipales dès le mois de juin, la classe politique, de Jean-Luc Melenchon à Marine Le Pen, s'avère divisée par cette proposition.

"Oui" pour François Bayrou, "peut-être" pour Jean-Luc Mélenchon, "extrême prudence" pour le numéro un des Marcheurs, Stanislas Guerini : l'appel de 36 maires de grandes villes à organiser le second tour des élections municipales en juin n'a pas fait consensus. Dimanche 17 mai, dans le JDD, ces édiles, dont Anne Hidalgo (Paris) ou Christian Estrosi (Nice), avaient appelé à "organiser le deuxième tour des élections municipales dès les mois de juin", alors que l'exécutif doit trancher la semaine prochaine après avoir reçu un avis du Conseil scientifique.

"Si on peut sanitairement, s'il n'y a pas de rebond de l'épidémie, si on n'est pas devant une contrainte extrêmement forte du point de vue de la contagion, alors je pense que la raison, c'est de voter fin juin", a approuvé sur France Inter François Bayrou, patron du MoDem - partenaire de la majorité - et proche d'Emmanuel Macron. "On votera et cette séquence se clôturera : on a besoin que les collectivités locales soient partie prenante de la relance ou du nouveau départ du pays", a ajouté le maire de Pau, en ballottage très favorable au premier tour.

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Marine Le Pen avait, de son côté, émis des doutes sur cette proposition jeudi 14 mai sur BFMTV, conditionnant l'organisation du deuxième tour des municipales en juin à ces exigences : "Est-ce que le gouvernement est prêt à faire la promesse, qu'il tiendrait, d'offrir un masque pour les électeurs à l'entrée du bureau de vote, et des masques FFP2 pour les assesseurs et les présidents de bureau ? Oui ou non ? Si c'est non, alors je pense que nous risquons une très lourde abstention puisque 80% des Français sont encore très inquiets de cette crise sanitaire", a-t-elle ajouté, prévenant que "la sincérité d'une élection est liée au taux de participation".

La prudence reste de mise

Le leader de La France insoumise, Jean-Luc Mélenchon, a estimé dimanche 17 mai sur LCI que "le seul sujet, c'est: est-ce que nous serons encore en danger au mois de juin ?".

"Si nous sommes en danger, il n'y aura pas d'élections, si nous ne sommes pas en danger, il y aura des élections", a-t-il répondu à une question qu'il considère "essentiellement d'intérêt général sanitaire" et non "un sujet proprement politique", même s'il a souligné qu'une élection "n'est pas juste le jour où on va voter" mais "comment on fait campagne avant" : "Est-ce qu'on a le droit de faire des réunions, une campagne électorale ?", a-t-il interrogé.

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Le numéro un de La République en marche, Stanislas Guerini, s'est voulu encore plus réservé sur France 3 en appelant à "être extrêmement prudent".

"Si l'on n'est pas capable de créer des conditions de confiance pour que nos concitoyens s'investissent pleinement dans ce scrutin, alors nous ne devons pas organiser ce deuxième tour en juin", a-t-il fait valoir, alors que la porte-parole du gouvernement, Sibeth Ndiaye, a rappelé que "malheureusement, c'est encore le virus qui décide".

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