"Le virage écolo du gouvernement est un tête-à-queue", tacle Yannick Jadot

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L’INTERVIEW POLITIQUE - Le député européen EELV, Yannick Jadot était l’invité d’Elizabeth Martichoux dans la matinale de LCI jeudi 5 septembre. L’occasion de revenir sur l’annonce politique de la veille, à savoir la candidature de Cédric Villani à la mairie de Paris, et évidemment sur "l’acte 2" du quinquennat, qui se veut écolo.

Il est l’un des grands vainqueurs des Européennes. Et désire poursuivre ce succès en faisant de l’écologie un thème central des élections municipales de 2020. Yannick Jadot était l’invité de l’interview politique d'Elizabeth Martichoux ce jeudi 5 septembre sur LCI. L’ancienne tête de liste aux élections européennes a eu occasion de donner son opinion, sans pitié, sur la politique du gouvernement, un "tête-à-queue", et sur la "péripétie parisienne" qu'est selon lui l'annonce de candidature de Cédric Villani.

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"Il veut être écologiste tant mieux", Jadot tacle Villani

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Si Yannick Jadot admet que le député de l’Essonne et ancien mathématicien est une personnalité "originale et intéressante", il estime cependant que sa candidature relève plus de la "péripétie parisienne" que de l’avènement politique. D’ailleurs, cette candidature dissidente ne l’étonne pas. Et s’expliquerait par l’histoire de LaREM. Le parti présidentiel s’est "beaucoup construit sur un principe de déloyauté", note-t-il ainsi. Une sorte de "péché originel" débuté avec la "trahison d’Emmanuel Macron" vis-à-vis de François Hollande, qui fait de la "dissidence" une "suite logique" au mouvement. 

Mais s'il tacle le parti majoritaire, il en profite aussi pour critiquer la mise au vert du candidat. Bien qu’il ne soit pas là pour "donner des labels écolo", l’eurodéputé observe quand même un effet de mode. "Tout le monde" tente de s’emparer du sujet de l’environnement, devenu "une préoccupation majeure chez les Français et les Françaises". Et Cedric Villani, qui voudrait être "le premier maire véritablement écologiste de Paris", pour reprendre ses mots, ferait partie de cet effet de mode. "Il veut être écologiste ? Tant mieux !", tonne-t-il, avant de souligner son "incohérence". "Car quand il fallait voter sur le glyphosate ou sur le Ceta, (…) à chaque fois, il est sorti de l’hémicycle pour faire autre chose !"

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Et alors que pense le député européen EELV des annonces de Didier Guillaume ? Sur Europe 1, le ministre de l’Agriculture disait vouloir une distance allant de trois à cinq mètres entre les cultures concernées par l'utilisation de produits phytopharmaceutiques et la population, et pas un mètre de plus. A cette proposition, Yannick Jadot – qui désire en mettre 150 – est sans merci. Il reprend "tous les arguments les plus bourrins" en mettant la "barre du cynisme" encore plus haut que son prédécesseur. Et d’en profiter pour critiquer toute la politique gouvernementale. "Le virage écologique du gouvernement, c’est un tête à queue !"

L'eurodéputé ELLV a donc un message pour Emmanuel Macron, qui s’est dit "moralement d’accord" avec les maires qui ont pris des arrêtés contre les pesticides. "Si le président veut être crédible sur un virage écolo, ce que je souhaite de tout mon cœur, il faut poser des actes", conseille-t-il ainsi. Car "la conversion [au vert], c’est comme l’amour, il faut des actes". 

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