"Musulmans discrets" : Chevènement se défend

Politique
POLITIQUE – L’ancien ministre de l’Intérieur de Lionel Jospin a répondu aux critiques qui le visaient après qu'il avait appelé les musulmans à "la discrétion", la veille dans "Le Parisien". Invité politique d'Europe 1 ce mardi matin, il a réaffirmé qu'il était disposé à prendre la tête de la Fondation pour l'islam.

A 77 ans, il pourrait accepter une nouvelle mission. Pressenti pour prendre la tête de la Fondation pour l’islam de France, créée en 2005 par Dominique de Villepin, Jean-Pierre Chevènement était l'invité d'Europe 1 ce mardi.

Cette nomination non entérinée n'en génère pas moins une certaine animosité. Ainsi du maire LR de Tourcoing Gérald Darmanin, qui y verrait "une idée presque coloniale", ou de la ministre des Familles Laurence Rossignol, qui aurait préféré une femme. Jean-Pierre Chevènement, lui, persiste et signe : "Je ne suis pas candidat [...] mais je suis disponible", si François Hollande fait appel à lui.

"L’identité française est mouvante"

"J’ai lancé en 1999, une grande consultation sur toutes les sensibilités de l’islam (qui n’avait pas abouti, Ndlr), c’est sans doute pour cette raison que Bernard Cazeneuve a pensé à moi. Cette institution reconnue de l’intérêt public n’interviendra pas dans le domaine cultuel, mais assurera la formation des imams ou le financement d’une institution profane en islamologie", a-t-il expliqué. 

L’intérêt de cette fondation serait, selon l'ancien ministre de l'Intérieur, de faciliter le vivre ensemble, comprendre les quatre millions de musulmans de France, les accepter et faire en sorte qu’ils bénéficient des mêmes droits que les autres Français. "L’identité française est mouvante, elle s’enrichie de leurs apports".

#MusulmanDiscret

Dans les colonnes du Parisien , Jean-Pierre Chevènement avait conseillé aux musulmans de se faire discrets, ce qui n'avait pas manqué de faire réagir les internautes. Interrogé à ce sujet, ce dernier a justifié avoir repris les propos de l'imam de la mosquée de Bordeaux. "J'ai repris l'expression de l'imam de Bordeaux: les musulmans seraient bien inspirés de faire preuve de discrétion, comme les autres".

Au sujet de la dernière polémique en vogue sur le burkini, l’ancien ministre de l’Intérieur a estimé qu’il s’agissait d’"un sujet dont il ne devrait pas avoir à s’occuper". Et d'admettre : "Les gens sont libres de se baigner comme ils le veulent, costumés ou non, certains le font nu". 

EN SAVOIR +
>>  "Burkini", la semaine où la France est devenue folle
>>  #MusulmanDiscret : le conseil de Jean-Pierre Chevènement tourné en dérision sur Twitter
>>  Chevènement prêt à présider la Fondation pour l'islam de France : à quoi servira cette institution ?
 

Sur le même sujet

Et aussi

Lire et commenter