Nadine Morano : "L'immigration doit être choisie pour être réussie"

Nadine Morano : "L'immigration doit être choisie pour être réussie"

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INTERVIEW – Les électeurs suisses ont dit "oui" dimanche à une limitation de l'immigration. Un choix qui ne surprend pas Nadine Morano. L'ancienne ministre et tête de liste UMP aux élections européennes dans la circonscription Grand-Est assure à metronews qu'un résultat "sans doute équivalent" pourrait avoir lieu en France et prône l'instauration de quotas.

Que vous inspire le vote suisse sur l'immigration ?
C'est un résultat inquiétant, mais pas étonnant. On constate que le pays est coupé en deux : d'un côté, la suisse romande francophone, très concernée par les travailleurs frontaliers, a refusé en bloc le texte. De l'autre, la Suisse alémanique l'a validé sans ambiguïté.

La réalité, c'est que la proportion des étrangers en Suisse s'élevait à 23,3% en 2012, un des taux les plus élevés d'Europe. Et l'immigration nette est de 90 000 personnes, soit proportionnellement 5 à 10 fois plus qu'en France. Si on faisait chez nous ce genre de référendum, on aurait un résultat qui serait sans doute équivalent. Car en période de crise, il y a une tentation de repli sur soi qui exprime un besoin de protection.

Quelles solutions préconisez-vous ?
Je suis favorable à une politique de quotas, votée chaque année au Parlement qui décide de la main-d’œuvre et des qualifications dont nous avons besoin.

Nicolas Sarkozy et Brice Hortefeux, à l'époque où ils étaient au ministère de l'Intérieur, s'étaient prononcés en faveur de l'instauration de quotas. Mais le rapport Mazeaud, publié en 2008, avait jugé ce dispositif "inefficace", car "pas indispensable" pour l'immigration professionnelle...
Je ne suis pas là pour parler de rapports, mais d'efficacité. Je constate que cela fonctionne aux Etats Unis, au Canada... il faut une politique de quotas annuels, votée au Parlement. L'immigration doit être choisie pour être réussie. Aujourd'hui, tout le monde s'accorde à dire que l'intégration ne marche plus par faute d'avoir suffisamment maîtrisé les flux migratoires. Je constate que certains quartiers peuvent être qualifiés de "non-France", où la population étrangère est plus nombreuse que celle française. Dans ces conditions, l'assimilation n'est pas possible.

L'immigration sera-t-elle un thème clé des élections européennes ?
Ce sera un des sujets majeurs. Nous sommes attachés à réformer l'espace Schengen. Aujourd'hui, cet espace de libre circulation des personnes et des biens a des failles majeures, notamment sur ces frontières extérieures. Si les pays défaillants n'améliorent pas leur dispositif, la France pourrait être amenée à sortir de Schengen.

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