Najat Vallaud-Belkacem et les "fake news" ou l'histoire vraie d'une (ex-)ministre qui a cumulé les rumeurs

Najat Vallaud-Belkacem et les "fake news" ou l'histoire vraie d'une (ex-)ministre qui a cumulé les rumeurs

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COMPILATION - Agacée par une nouvelle accusation concernant sa soi-disant "réforme de l'orthographe" samedi soir sur le plateau de "On n'est pas couché", l'ancienne ministre de l'éducation nationale a dénoncé les mensonges et raccourcis en tout genre dont elle a fait l'objet durant son mandat. Que vous les ayez manqués à l'époque, ou que vous en ayez oublié certains depuis, LCI vous rafraîchit la mémoire.

C'est l'histoire d'une ministre de l'Education nationale "sujette à toutes les fakes news, à tous les mensonges, à toutes les insanités de la Terre", selon ses propres mots.


Invitée de l’émission "On n’est pas couché" samedi soir, Najat Vallaud-Belkacem, remplacée par Jean-Michel Blanquer rue de Grenelle  depuis ce 17 mai, a profité d’une nouvelle accusation concernant sa soi-disant "réforme de l'orthographe" pour rappeler qu’elle n’a pas été épargnée par les rumeurs tout au long de son mandat. En creux, comme le rappelait Libération en 2014, sa double-nationalité franco-marocaine, qui lui a valu d'être notamment traitée d'"ayatollah" par le très droitier hebdomadaire Valeurs actuelles et son engagement féministe.


Qu'elles émanent d'approximations, de malveillances de la fachosphère ou de pures inventions, qu'elles concernent sa vie privée, ses origines, ou son activité de ministre, LCI revient sur celles qui, au moment où elles sont sorties, ont fait le plus de bruit.

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JANVIER 2014 - Elle aurait tenté de faire enseigner la masturbation à l’école

La rumeur, relayée par SMS, concerne des prétendus cours d’éducation sexuelle et de masturbation dispensés à l’école. Elle s'est révélée être le fruit d’une campagne d’intox émanant de groupuscules d’extrême-droite. Ces derniers avaient en tête de s’attaquer à l’enseignement de ce qu’ils appellent la théorie du genre, dans la continuité du mouvement anti-mariage gay.

SEPTEMBRE 2014 – Elle s’appellerait Claudine Dupont

Cette rumeur qui a refait surface lors de sa nomination à la tête du ministère de l'Education, en 2014, émane d’un document (le photomontage d’une carte d’identité) qui circulait déjà en mai 2013 sur la Toile, à quelques jours de la célébration du premier mariage pour tous. Najat Vallaud-Belkacem la doit à Ségolène Royal (malgré elle) qui en juillet 2012 avait affirmé à son sujet : "Elle s’appellerait Claudine Dupont, elle ne serait peut-être pas là. Elle doit assumer son identité et en être fière."


Face à cette fausse information concernant les origines de la ministre pourtant fille d'ouvrier, celle-ci avait préféré ironiser sur France 2. "Nous vivons sous l'ère de la rumeur. Sous cette ère de la rumeur, d'abord je m'appelle non pas Najat Vallaud-Belkacem mais Claudine Dupont. Je profite de votre antenne pour réaffirmer mon nom, Najat Vallaud-Belkacem.  Je serais la fille d'un grand financier milliardaire du nom de George Soros. Non, je suis la fille de mes parents."

OCTOBRE 2014 - Elle aurait divorcé de son mari, Boris Vallaud

Cette rumeur est née du patronyme de la ministre sur son compte Twitter à savoir "Najat Belkacem", et non "Vallaud-Belkacem". Pourtant dans un entretien au Bondy Blog, elle avait justifié son choix d’utiliser son nom de jeune fille lors de la création de son compte sur le réseau social : celui-ci n'autorise que 20 caractères. Or "Najat Vallaud-Belkacem" en compte deux de trop, en prenant en compte les espaces.

MARS 2015 – Elle aurait une liaison avec Manuel Valls

En printemps 2015, ce bruit court dans un certain nombre de rédactions, comme le souligne le journaliste du "JDD" Alexandre Duyck dans son livre "La République des rumeurs". Chaque sortie commune des deux ministres sera dès lors épiée, tandis que Manuel Valls, à qui la presse people prête des difficultés conjugales, évoquera le bruit de couloir à demi-mots, sur un ton léger, dans Le Supplément.

MAI 2015 – Elle aurait déclaré vouloir intégrer les principes coraniques aux programmes scolaires

"Dans un pays musulman comme la France, il n’est pas normal qu’il y ait encore des Français qui rejettent l’islam, il faudrait que l’éducation nationale instaure dans ses programmes les principes coraniques pour y habituer les Français dès le plus jeune âge. Autoriser le voile, apprendre des passages du Corans (sic) et la culture musulmane. Voilà ce dont a vraiment besoin la France. Après tout il ne faut pas oublier que contrairement au christiannisme, l’islam est compatible avec la démocratie !", aurait déclaré la ministre le 12 juillet 2006 sur RTL.  Relayés à l'été 2015 sur plusieurs comptes Twitter, les propos émanent de militants d'extrême droite, selon Le Monde qui s’était à l'époque penché sur la rumeur.


Parmi les indices qui attestent la théorie d'une "fake news", outre le fait que Najat Vallaud-Belkacem affiche des convictions inverses, Le Monde rappelle qu'en 2006, elle n'avait aucune notoriété nationale et que, ce jour-là, l'invité de Jean-Michel Aphatie était... un général venu commenter le futur défilé militaire.

FÉVRIER 2016 - Elle aurait initié une réforme de l'orthographe

Alors que la polémique enfle autour d'une réforme orthographique qui doit s'appliquer à la rentrée suivante dans les nouveaux manuels scolaires, Najat Vallaud-Belkacem, l'actuelle ministre de l'Education, est accusée à tort. Les rectifications orthographiques en question, facultatives jusque-là, ont été votées par l'Académie nationale en… 1990.

AOÛT 2016 - Elle aurait eu un passé de... bergère

Cette information trouve sa source sur le site India Times (toujours en ligne), qui avait publié un article illustré d’une prétendue photo de la ministre enfant et ainsi légendée : "D’abord bergère au Maroc, Najat Vallaud-Belkacem est maintenant ministre de l’Education de la France". Le cliché, effectivement pris au Maroc, était en réalité tiré d’une série de l’Unicef sur le travail des enfants.

SEPTEMBRE 2016 - Elle aurait voulu imposer les cours d’arabe à l’école

Tout était parti d’un courrier diffusé par des parents d’élèves du Var, et relayé par des centaines d’internautes indignés sur les réseaux sociaux. Utilisant la signature scannée de la ministre et prétendument adressé aux maires, il suggérait d’introduire des cours d'initiation à l'arabe pendant le temps périscolaire. Le ministère avait décidé de porter plainte pour usurpation dans cette affaire.

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