Nicolas Dupont-Aignan a-t-il raison de dire que 100.000 lits ont été fermés en 20 ans dans les hôpitaux ?

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À LA LOUPE – Invité de LCI ce jeudi, Nicolas Dupont-Aignan a regretté la fermeture de 100.000 lits d'hôpitaux en l'espace de 20 ans. Ce chiffre est-il confirmé par les statistiques officielles ?

Le président de Debout la France était l'invité d'Elizabeth Martichoux ce jeudi matin sur LCI. Un entretien au cours duquel le député de l'Essonne a indiqué qu'il souhaitait une réouverture de l'hôpital parisien du Val-de-Grâce, fermé en 2016. Il en a profité pour dénoncer les politiques mises en place depuis de longues années dans le secteur de la santé : "En 20 ans, on a supprimé 100.000 lits en France", a-t-il lancé. 

Un chiffre fiable assumé par les autorités

Nicolas Dupont-Aignan n'est pas le seul à brandir ce chiffre, qui est repris régulièrement par des syndicats de personnels hospitaliers. Ces fermetures font d'ailleurs partie des points soulevés par les grévistes des services d'urgences, inquiets de l'évolution de leurs conditions de travail et de l'accueil réservé aux patients.

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Une source officielle évoque-t-elle ces 100.000 lits fermés ? Oui, et pas des moindres, puisqu'il s'agit de la Direction de la recherche, des études, de l'évaluation et des statistiques (Drees), qui reprend des données du ministère de la Santé. Les derniers chiffres, publié l'été dernier, indiquait qu'en 2017, la France est passée sous la barre des 400.000 lits à l'échelle du territoire (399.865 exactement). 20 ans auparavant, en 1997, les documents de la Drees faisaient état de 498.929 lits, soit une différence de presque 100.000.

Ce n'est pas la première fois que LCI s'intéresse à ces chiffres : en novembre dernier, une publication Facebook largement relayée pointait déjà du doigt des suppressions, on parlait alors de 69.000 places en 15 ans. Interrogée à l'époque, la Drees avait indiqué que les baisses devaient être nuancées, puisqu'elles concernaient essentiellement les "courts" et "long séjours". Les lits en "moyens séjours", eux, ont connu une légère augmentation. 

Le virage de l'ambulatoire

Une série de raisons permettent d'expliquer ces baisses. Tout d'abord, il faut souligner que l'approche des autorités a changé en matière de prise en charge des patients. Le développement de la chirurgie ambulatoire en est l'incarnation, avec des personnes prises en charge à l'hôpital mais que l'on accompagne pour leur permettre un retour chez elles le soir-même. Le ministère de la Santé rappelle d'ailleurs souvent que si des lits "de nuit" sont fermés massivement, il ouvre en parallèle des "lits de jour" par milliers. 

"Les hôpitaux doivent se recentrer sur leur mission première – les soins et non l’hébergement", estimait en novembre le ministère, interrogé par LCI, privilégiant "des hospitalisations plus adéquates, des durées de séjours plus conformes aux besoins des patients et une offre de soins plus graduée". 

Jérémie Sécher, président du Syndicat des managers publics de santé (SMPS), jugeait cette évolution logique : "Aujourd'hui, on observe un quasi consensus pour dire qu'il faut développer l'ambulatoire dans nos établissements, c'est l'avenir du système de santé", estimait-t-il. Pour autant, la fermeture de lits "de nuit" n'est pas toujours sans conséquences et peut se répercuter sur le personnel hospitalier. Des soignants à qui l'on demande "d'enchaîner des actes techniques de soin sans avoir le temps d'accompagner les personnes, de donner du sens à la maladie, de savoir comment va se dérouler concrètement le traitement jusqu'à la guérison", regrettait le porte-parole du Syndicat national des professionnels infirmiers (SNPI), Thierry Amouroux.

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