"Je n’étais qu’un exécutant, submergé" : amer, Nicolas Hulot revient sur son expérience au gouvernement

"Je n’étais qu’un exécutant, submergé" : amer, Nicolas Hulot revient sur son expérience au gouvernement
Politique

BILAN - Dans une interview à "Paris Match", l'ancien ministre de la Transition écologique d'Emmanuel Macron revient avec amertume sur son bref passage au pouvoir. "Je n’étais qu’un exécutant, submergé", "tout se joue à Matignon", déclare Nicolas Hulot.

Il ne veut pas être trop dur avec Emmanuel Macron. Pourtant, dans une interview à Paris Match publiée ce jeudi 3 septembre, l'ancien ministre de la Transition écologique, qui a démissionné à l'été 2018, dresse un bilan amer de son passage express au gouvernement. "Tout se joue à Matignon. Par contre, je suis responsable des non-décisions ou des mauvaises. Je n’étais qu’un exécutant, submergé", déclare l'écologiste, qui s'apprête à publier D’un monde à l’autre. Le temps des consciences (Fayard).

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"A Matignon, les énarques autour (du Premier ministre, Edouard Philippe) me regardaient comme l’écolo de service. Pour eux, les éoliennes, c’étaient des moulins à vent pour les bobos", explique Nicolas Hulot. "Je me souviens d’une discussion avec le directeur de cabinet, il n’avait tiré aucun enseignement de Tchernobyl, de la dérive économique et financière de l’EPR de Flamanville…. Il est temps qu’il y ait des cours à l’ENA sur le développement durable et la biodiversité. Tous ces gens étaient bien plus jeunes que moi, mais leurs logiciels étaient parfois obsolètes."

"J’ai vu des conseillers à l’Agriculture plus rigides que la patronne de la FNSEA"

A propos des lobbyistes, très présents dans ce milieu, l'ancien ministre déclare : "Ils sont puissants, organisés, souvent formés dans les mêmes grandes écoles que les hauts fonctionnaires. C’est un petit monde. J’ai vu des conseillers à l’Agriculture plus rigides que la patronne de la FNSEA." 

Pour illustrer son rôle d'"exécutant", Nicolas Hulot donne à Paris Match l'exemple suivant : "J’ai été tenu à l’écart de réunions cruciales sur l’exportation des centrales atomiques à l’étranger (…) Tous se faisait dans mon dos. On m’a aussi écarté des états généraux de l’alimentation, que j’avais pourtant initiés." Il conclut ainsi : "Quand je parlais d’une mutation sociétale, eux pensaient adaptation, moi transformation du système. C’est là l’immense malentendu : ils voulaient soigner une bronchite, moi un cancer généralisé."

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