Retour médiatique de Nicolas Hulot : au fait, que pensait-il des taxes sur le carburant ?

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La colère des Gilets jaunes

GILETS JAUNES - Nicolas Hulot effectue son retour médiatique jeudi soir dans l'"Emission politique" sur France 2, en plein mouvement des Gilets jaunes contre la hausse des taxes sur les carburants. L'ex-ministre est précisément le défenseur et l'artisan de la fiscalité écologique.

L'exécutif a de quoi s'agacer. Alors que le président de la République et son Premier ministre plongent dans l'opinion, sur fond de mouvement des Gilets jaunes, Nicolas Hulot, le premier défenseur de la hausse des taxes, s'affiche comme... la personnalité politique préférée des Français. 

L'ancien ministre de la Transition écologique et solidaire, qui avait démissionné de façon fracassante fin août, estimant ne pas avoir les leviers pour agir contre le réchauffement climatique, aura l'occasion de s'exprimer pleinement sur ces tensions fiscales qui agitent la société française, à l'occasion de son grand retour médiatique, jeudi soir dans "L'Emission politique" (France 2).

Pressé de parler

L'écologiste, qui "brûle de s'exprimer" sur le sujet, selon la journaliste Léa Salamé, est attendu au tournant, en particulier par ses anciens collègues du gouvernement. Car, comme le rappelle un ministre à LCI, "pendant 15 mois, il a tiré la sonnette d'alarme sur l'urgence climatique à mettre un coup sur la taxe carbone". D'autres membres du gouvernement n'ont pas caché qu'ils auraient apprécié un soutien de l'ex-ministre sur cette hausse de la taxe sur le carburant, prévue au 1er janvier prochain, qui a déclenché les foudres des Gilets jaunes ces dernières semaines. 

De fait, Nicolas Hulot est plutôt bien placé pour en parler. Ce défenseur de longue date de la fiscalité écologique ne s'est pas contenté d'en faire la promotion au cours des dernières années. C'est lui qui a, comme ministre, gravé dans le marbre - à travers le plan Climat présenté à l'été 2017 - la convergence des fiscalités sur l'essence et le gazole à l'horizon 2021 et la hausse progressive de la taxe carbone de 30.5 euros à 100 euros la tonne à l'horizon 2030. Le ministre annonçait du même coup "la fin de la commercialisation des véhicules essence et diesel en 2040".  

Précision importante : le Plan climat, dès l'origine, prévoyait que cette hausse de la fiscalité ne serait pas exclusivement fléchée vers les politiques environnementales. 

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Quelles contreparties ?

Lors de la présentation du Plan climat, Nicolas Hulot avait fortement insisté sur les compensations proposées aux automobilistes, dont la prime de conversion pour acheter un véhicule propre, que le gouvernement vient d'élargir pour faire face à la grogne, assortie du bonus-malus. Toutefois, le plan alors présenté par Nicolas Hulot, salué sur cet aspect précis par les ONG environnementales, faisait déjà l'objet de critiques, comme celles de l'Association nationale des consommateurs et des usagers (CLCV) qui regrettait que les aides compensatoires se focalisent sur les ménages les plus modestes et concernent moins les classes moyennes - qui alimentent aujourd'hui une partie du mouvement des Gilets jaunes. 

L'ancien ministre pourra-t-il désavouer, jeudi soir, un gouvernement qui met en oeuvre une mesure qu'il a lui-même défendue et programmée ? "Nicolas Hulot porte le basculement de la fiscalité écologique", explique à LCI le député LaREM Matthieu Orphelin, l'un de ses proches. "Mais il porte également l'idée de mesures compensatoires." Le militant médiatique pourrait donc insister pour que le gouvernement élargisse encore les aides à la transition écologique mais, selon ses proches, son état d'esprit n'est pas de critiquer frontalement l'exécutif. 

Des déclarations anti-taxe seraient de toute façon improbables venant de lui. On se rappelle que Nicolas Hulot avait, à travers sa fondation, qualifié "d'irresponsable" et "d'inacceptable" l'abandon de l'écotaxe poids-lourds en 2014 par l'ancienne ministre de l'Ecologie Ségolène Royal. Et dès 2006, dans son ouvrage Pour un pacte écologique, il se positionnait en faveur d'une hausse "pérenne" de la taxe sur les carburants au nom d'un "enjeu d'intérêt général exceptionnel". Nicolas Hulot a toujours eu conscience que la pilule ne serait pas facile à avaler. Un dilemme qu'il formulait ainsi, en guise d'avertissement, il y a un an : "De nombreux choix ne seront pas immédiatement compréhensibles si on ne les inscrit pas dans le long terme". 

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