Nicolas Hulot se dit victime "d'inquisition" depuis plusieurs mois : de quoi parle-t-il ?

CONTRE-ATTAQUE - Visé par un article du magazine Ebdo à paraître vendredi concernant des rumeurs d'agressions sexuelles, Nicolas Hulot a riposté ce jeudi en apportant un démenti et en dénonçant une "traque par une meute invisible" depuis plusieurs mois. Le ministre a notamment été ciblé pour son patrimoine et sa fortune.

"J'ai été attaqué sur mon patrimoine, sur mes déclarations. Tant qu'on est dans ce registre, c'est insupportable mais on avance. Là on sort l'arme secrète, infaillible, qui crée le doute : le sexe, la vie privée..." Jeudi matin, sur le plateau de Jean-Jacques Bourdin, Nicolas Hulot, visiblement touché, s'est en pris à "la meute invisible" qui "le traque" depuis sa nomination par Emmanuel Macron au ministère de la Transition Écologique. 


"Depuis des mois, je subis toutes sortes de rumeurs, insinuations, suspicions, inquisitions auprès d'hommes et de femmes que j'ai connus", a dénoncé l'ancien animateur de télévision, en démentant les rumeurs de harcèlement sexuel dont le magazine Ebdo relate la teneur dans son numéro à paraître vendredi. 


Jusqu'ici, Nicolas Hulot n'avait fait l'objet d'aucune attaque relative à du harcèlement. En revanche, il a été visé pour des informations liées à son patrimoine et à sa fortune, sans pour autant qu'il n'y ait de plainte à son encontre. 

Les six voitures

Sur un mode beaucoup plus léger, Nicolas Hulot a été pris pour cible en décembre lorsqu'ont été rendues publiques les déclarations de patrimoine des ministres du gouvernement. L'ancien animateur a ainsi signalé pas moins de 9 véhicules, dont 6 voitures, réparties dans les quatres maisons qu'il possède. Rien d'illégal bien sûr, mais ses détracteurs n'ont pas manqué de relever le contraste entre cet imposant parc roulant et le fait qu'il était chargé, en tant que ministre, de préparer le plan de sortie du pétrole d'ici 2040. "Je roule en électrique 95% de mon temps", a-t-il été obligé de justifier par la suite, particulièrement agacé par l'utilisation "voyeuriste" qui a été faite de ces informations.


Dans la même veine, la déclaration de transparence a fait apparaître un patrimoine global de près de 6 millions d'euros, plaçant Nicolas Hulot en deuxième position des membres les plus fortunés du gouvernement, derrière la ministre du Travail Muriel Pénicaud.

La maison en Corse

Début février, le ministre a cette fois été mis en cause sur un aspect de sa déclaration de patrimoine. Le magazine Le Point s'est intéressé à sa maison située en Corse, que Nicolas Hulot avait estimée dans sa déclaration à 1.05 million d'euros, pour une superficie de 334 mètres carrés et sur un terrain de 3 hectares. Or l'hebdomadaire a indiqué qu'il avait envisagé de vendre cette propriété à l'été 2016 pour un montant évalué entre 2 et 5 millions d'euros, pour une surface de 350 mètres carrés, de 150 mètres carrés de dépendances, et sur un terrain de 3.5 hectares. 


Là encore, le ministre a dû répondre. Il a expliqué au magazine avoir mandaté un expert après l'évaluation faite par l'agence Sotheby's. "Le prix conseillé par l'agence était stratosphérique", a-t-il indiqué. "J'ai fait procéder à une expertise qui a conclu à une valeur inférieure." L'expert aurait notamment exclu de sa comptabilité "un champ" attenant, qui ne lui appartenait pas. 

Les profits de sa société

La fortune accumulée par Nicolas Hulot au cours de sa précédente carrière a également attiré l'attention dès les premières semaines de sa nomination. En juillet 2017, un article du Canard enchaîné avait notamment pointé le chiffre d'affaires de la société de Nicolas Hulot, Eole Conseil, dont il est l'unique salarié, soit 480.000 à 715.000 euros par an depuis le début des années 2000, hors salaire, grâce à la vente des produits Ushuaïa et aux droits d'auteur sur ses livres, selon l'intéressé. L'hebdomadaire indiquait alors que les comptes de la société pour les années 2014 et 2015 avaient été placés sous le régime de la confidentialité. 


Le journal satirique mettait en outre en lumière le long partenariat entre EDF et sa fondation, pour un montant de 460.000 euros par an jusqu'en 2012, faisant valoir que ce lien pourrait poser à l'avenir des questions de conflit d'intérêt, au même titre que le partenariat noué avec le groupe Veolia. 


Dans sa déclaration de patrimoine, en décembre, Nicolas Hulot a publié le montant des parts détenues dans la société Eole Conseil, ainsi que sa rémunération entre 2012 et 2016. 

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Nicolas Hulot, un ministre dans la tempête

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