Nicolas Sarkozy mis en examen : l'affaire de trop ?

Nicolas Sarkozy mis en examen : l'affaire de trop ?

DECRYPTAGE - La mise en examen de Nicolas Sarkozy, mercredi, dans le cadre d'une enquête pour corruption et trafic d'influence représente un séisme dans la vie politique hexagonale. Et pourrait bien compromettre définitivement le retour sur la scène publique de l'ancien Président.

Vers 8 heures mardi matin, Nicolas Sarkozy est arrivé dans les bureaux de l'office anti-corruption au siège de la police judiciaire à Nanterre (Hauts-de-Seine). Mais alors que les médias annonçaient une simple audition dans l'affaire des écoutes, l'ancien chef de l'Etat a finalement été placé en garde à vue,  puis mis en examen pour "corruption active" et trafic d'influence. Plus sérieux que les précédents, ce nouvel épisode juridique empêchera-t-il Nicolas Sarkozy de revenir sur la scène politique ?

> RECIT : Affaire des écoutes : Nicolas Sarkozy mis en examen

> Un ancien président en garde à vue, une première
C'est du jamais vu sous la Ve République. La décision de l'office anti-corruption de Nanterre est en effet inédite parce que jamais aucun ancien Président n'a connu de séjour en garde à vue. Pas même Jacques Chirac, qui avait pourtant été condamné dans les affaires des emplois fictifs de la ville de Paris. "Cette garde à vue est évidemment un symbole extrêmement fort, qui marque la fin de la stratégie de cartes postales de l'ancien président", analyse auprès de metronews Frédéric Dabi, le directeur du département Opinion de l’Ifop.

> Mauvais timing
Ces nouveaux tourments judiciaires ne pouvaient pas plus mal tomber pour Nicolas Sarkozy qui, selon ses proches, devait annoncer son retour en politique à la rentrée. Après la démission de Jean-François Copé suite à l'affaire Bygmalion et à l'approche de l'élection du prochain président du parti, l'hypothèse d'un retour précipité de l'ancien Président avait en effet pris corps. Les fidèles sarkozystes l'implorant même de revenir . Mais si le candidat malheureux à la présidentielle de 2012 compte véritablement le faire, son retour est maintenant conditionné par le calendrier induit par sa mise en examen..

> D'autres dossiers judiciaires gênants
Nicolas Sarkozy a beau s'être retiré de la politique depuis son échec face à François Hollande en 2012, son nom ne cesse de faire la Une de la presse... judiciaire. En effet, pas moins de six dossiers menacent l'ancien chef de l'Etat. En plus de cette affaire des écoutes téléphoniques, les dossiers Tapie, Karachi, celui concernant un éventuel financement libyen de sa campagne de 2007, le scandale Bettencourt et celui des sondages à l'Elysée intéressent toujours la justice. Et pourraient bien barrer la route de Nicolas Sarkozy.

> L'UMP au bord de l'implosion
L'UMP n'avait pas vraiment besoin de cette nouvelle affaire. D'autres scandales visant le parti de droite pleuvent en effet depuis quelques mois. Après le feuilleton Bygmalion qui a contraint le patron de l'UMP Jean-François Copé à démissionner, c'est le détournement de la dotation de l'Assemblée vers le parti décidé par Christian Jacob qui a jeté la semaine dernière un peu plus de discrédit sur la formation politique. Les militants, appelés à voter pour un nouveau président le 29 octobre prochain, pourraient être encore un peu plus échaudés par cette garde à vue. Une désaffection qui s'exprime déjà dans les sondages. Selon notre enquête metronews réalisée par OpinionWay le 6 juin dernier, 50% de sympathisants de droite se disaient en effet favorables à la dissolution de l'UMP.

> L'effet ricochet dans les sondages ?
En mars dernier, 44% des Français estimaient (selon un sondage Ifop pour le JDD) que les dernières affaires avaient un impact négatif sur l'image de l'ancien président. Va-t-il s'enfoncer ? "La mise en examen de Nicolas Sarkozy va davantage impacter la classe politique en général, pas nécessairement son image auprès des Français. Régulièrement sondés, ils sont toujours majoritaires à ne pas souhaiter son retour. Ce chiffre devrait donc peu fluctuer", nuance toutefois Frédéric Daby. Auprès des sympathisants UMP, en revanche, "il est largement soutenu et c'est l'idée d'un acharnement judiciaire contre lui qui devrait prendre le dessus". Un argument repris en chœur par tous ses soutiens.

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